Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

Rencontrer Barbara Schulz, c’est approcher une artiste dont la trajectoire inspire autant que son humanité. C’est mesurer, en quelques échanges, ce qui fait d’elle une figure essentielle du paysage théâtral et audiovisuel contemporain : une présence généreuse, précise, lumineuse.

Et c’est avec ce même éclat qu’elle se dévoile aujourd’hui dans « Le Secret de Khéops », son nouveau film, pour lequel j’ai la chance de l’interviewer, une occasion précieuse d’explorer encore un peu plus la richesse de son regard et de son art.

Tristan Baille : « Le secret de Kheops ». Vous avez évoqué le long chemin qui a mené à ce film. Quel a été le moment décisif où l’histoire s’est imposée à vous ?

Barbara Schulz : Ce n’est pas arrivé d’un coup. Le film a germé par petites touches, pendant des années. Et c’est très important qu’un premier film soit personnel. J’avais déjà fait un court métrage et c’était un vrai éblouissement. Mais pour un long métrage où on tournait dans divers lieux, avec des personnages liés à mon passé…je devais réfléchir, approfondir, essayer de me dépasser. Donc…tu rentres en toi même et tu te demandes « qu’est ce qui m’est arrivée ? ». Un jour, j’ai retrouvé une vieille photo prise lors d’un voyage en Égypte : une porte de pierre, ouverte sur une obscurité totale. Elle m’a frappée. J’ai senti qu’elle symbolisait quelque chose de très intime, une entrée vers un passé qu’on n’ose pas regarder. À partir de cette image, l’histoire a pris forme. J’ai écrit le scénario avec Jérôme Tonnerre. Je voulais un film d’aventure et dire des choses qui me tiennent à cœur. L’Egypte. Les souterrains. Les effondrements. Des inondations. Un crocodile. Je suis obsédée par la mémoire des lieux par exemple. Et…J’ai compris que je voulais raconter une aventure qui soit aussi un retour vers soi. Je devais faire le film que j’avais envie de voir.

Tristan Baille : Comment avez vous fait pour que le film échappe à la reconstitution trop scolaire ?

Barbara Schulz : J’ai refusé de filmer l’Histoire comme un décor figé. Je voulais qu’on sente l’odeur du sable, la chaleur des étoffes, les plaisanteries pour se rassurer. Pour moi, l’Histoire n’est pas un tableau statique : c’est une matière vivante. C’est pourquoi j’ai demandé aux équipes artistiques de travailler en termes d’émotions plutôt qu’en termes d’exactitude muséale.

Tristan Baille : Avez vous dû renoncer à une stricte fidélité historique pour préserver la liberté du récit ?

Barbara Schulz : Oui. À un moment, j’ai compris que rester trop fidèle à la vérité historique aurait étouffé la poésie. J’ai donc accepté quelques écarts. Je reste respectueuse de la période, mais je revendique la fiction. Le public n’attend pas une leçon : il attend une expérience. Et parfois, la fiction touche juste là où le factuel ne suffit plus.

Tristan Baille : Vos producteurs ont manifestement joué un rôle important. Comment vous ont ils accompagnée ?

Barbara Schulz : Ils ont compris immédiatement que ce film devait trouver un équilibre délicat entre l’aventure et l’intime. Ils ne m’ont jamais demandé d’aller vers quelque chose de plus standardisé. Au contraire, ils m’ont donné la liberté de suivre mon instinct. Ils ont protégé la singularité du projet, tout en m’aidant à garder un regard clair sur ce que le public peut désirer. C’est une forme de soutien qui n’a pas de prix.

Tristan Baille : Pourquoi avoir fait appel à Fabrice Luchini pour l’un des rôles principaux ?

Barbara Schulz : Parce qu’il possède une qualité très rare : il pense réellement chaque phrase. Pour un film d’énigmes et d’héritage, c’était idéal. J’avais besoin d’un acteur capable d’exprimer la curiosité, la fantaisie, mais aussi la fragilité. Fabrice a apporté au personnage une profondeur extraordinaire. Il a fait vibrer certaines scènes d’une manière unique.

Tristan Baille : Vous avez choisi Julia Piaton pour jouer aux côtés de Fabrice Luchini. Leur énergie à l’écran est très singulière. Qu’est ce qui vous a convaincue que c’était elle, et comment leur duo s’est il construit ?

Barbara Schulz : Ce qui m’a frappée chez Julia Piaton, c’est son intelligence de jeu, très organique, presque instinctive. Elle ne force rien, elle laisse venir. Face à Fabrice, qui a une présence extraordinaire, il fallait quelqu’un capable de tenir le regard. Julia possède cette force calme, cette manière d’installer une émotion sans la souligner. Ils n’ont pas cherché à créer une alchimie, elle s’est imposée d’elle même. Cela a donné au film un souffle que je n’aurais pas pu anticiper, un dialogue entre deux sensibilités très différentes mais profondément complémentaires.

Tristan Baille : Qu’avez vous découvert sur vous même en devenant réalisatrice ?

Barbara Schulz : Une légitimité. Que réaliser, c’est accepter d’être vulnérable. Jouer, c’est déjà se mettre à nu, mais réaliser, c’est exposer sa vision du monde. Cela demande un autre type de courage. J’ai aussi appris le plaisir de tenir une trajectoire artistique sur la durée. Et j’ai compris qu’il ne fallait pas craindre le doute : le doute, parfois, indique la direction à suivre.

Tristan Baille : Quel sentiment aimeriez vous voir naître chez les spectateurs en sortant de la salle ?

Barbara Schulz : J’aimerais qu’ils aient le sentiment que l’aventure n’est pas seulement dans les lieux lointains, mais aussi dans ce qu’ils portent d’histoires familiales. Les héritages intimes sont parfois les plus mystérieux. Il ne faut pas les fuir mais les comprendre. Si le film peut éveiller en eux l’envie de se reconnecter à cela, alors j’aurai réussi quelque chose. Mon père était le genre d’homme qui chantait même quand c’était la catastrophe. 

Tristan Baille : Merci Barbara.

Barbara Schulz : Merci à vous.

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