La saison 2026-2027 de la Comédie-Française s’annonce comme une grande traversée du théâtre : un voyage entre les siècles, les langues, les héritages et les voix d’aujourd’hui. Elle affirme avec éclat l’idée d’un répertoire vivant, non comme un musée immobile, mais comme une matière ardente, toujours capable de nous parler, de nous troubler, de nous rassembler.
À la Salle Richelieu, cœur historique de la Maison, la saison fera résonner les grands textes avec trois créations majeures : Ruy Blas de Victor Hugo, mis en scène par Julie Duclos, La vie est un songe de Calderón de la Barca, par Benjamin Lazar, et Les Fausses Confidences de Marivaux, par Christophe Honoré.
Huit reprises viendront enrichir cette programmation : quatre pièces de Molière (Les Fourberies de Scapin, par Denis Podalydès, L’Avare, par Lilo Baur, Le Bourgeois gentilhomme, par Valérie Lesort et Christian Hecq, et Les Femmes savantes, par Emma Dante), mais aussi L’École de danse de Carlo Goldoni, par Clément Hervieu-Léger, Le Suicidé de Nicolaï Erdman, par Stéphane Varupenne, Le Cid de Corneille, par Denis Podalydès, et Hécube, pas Hécube de Tiago Rodrigues, dans une mise en scène de l’auteur.
Au Théâtre du Vieux-Colombier, quatre créations ouvriront d’autres paysages : La Musica deuxième de Marguerite Duras, par Arnaud Desplechin, Après-guerre, d’après Simone de Beauvoir, par Constance Meyer, Résurrection. Un cas de conscience de Leïla Slimani, par Simon Delétang, et Berlin mon garçon de Marie NDiaye, par Mariame Clément, qui entre au Répertoire.
Deux reprises complèteront cet ensemble : L’Événement d’Annie Ernaux, seule en scène de Françoise Gillard, et La Souricière d’Agatha Christie, par Lilo Baur.
Au Studio-Théâtre, quatre créations poursuivront cette exploration des formes et des écritures : Le Legs de Marivaux, par Aurélien Hamard-Padis, C’est beau de Nathalie Sarraute, par Clément Hervieu-Léger, autre entrée au Répertoire, La Rose, la Bête et l’Enfant de Simon Falguières, dans une mise en scène de l’auteur, et La Fournaise d’Ananda Devi, par Lolita Tergémina. Deux reprises y trouveront également leur place : L’Envers du music-hall de Colette, seule en scène de Danièle Lebrun, et Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier, seul en scène de Denis Podalydès.
Hors les murs, la saison accueillera aussi Les Bonnes de Jean Genet, par Carme Portaceli, à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas, par Thomas Jolly, au jardin des Tuileries, et Déshonorée de Saverio La Ruina, seule en scène d’Anna Cervinka, mise en scène par Françoise Gillard, au Théâtre 14.
La Troupe se produira également en France et à l’international, avec six spectacles en tournée, prolongeant ainsi le rayonnement de la Maison au-delà de ses salles parisiennes. On la retrouvera aussi sur les écrans de cinéma et sur les ondes, afin que le théâtre circule encore autrement, touche d’autres publics et continue de faire entendre les voix du Répertoire partout où elles peuvent résonner.
Trois œuvres marquent particulièrement l’élargissement du Répertoire : Berlin mon garçon de Marie NDiaye, C’est beau de Nathalie Sarraute et La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas.
Trois siècles, trois salles, trois gestes forts : faire entrer de nouvelles voix dans la mémoire collective de la Maison, et rappeler que le Répertoire n’est pas seulement ce qui a été consacré, mais ce qui continue de brûler.
La saison met aussi les autrices au premier plan. Onze noms composent une constellation puissante : Simone de Beauvoir, Agatha Christie, Colette, Ananda Devi, Fatou Diome, Marguerite Duras, Annie Ernaux, Marie NDiaye, Nathalie Sarraute, Leïla Slimani et Marguerite Yourcenar. À travers spectacles, lectures, commandes et entrées au Répertoire, la Comédie-Française rend visible une histoire longtemps écrite dans l’ombre, mais dont la lumière n’a jamais cessé d’exister. Deux autrices, Marie NDiaye et Nathalie Sarraute, font ainsi leur entrée au Répertoire cette saison, deux autres, Leïla Slimani et Ananda Devi, signent des commandes d’écriture, aux côtés de Simon Falguières pour le jeune public.
Ainsi se dessine une saison comme une promesse : celle d’un théâtre qui regarde derrière lui sans se figer, qui accueille les morts pour mieux parler aux vivants, qui fait dialoguer Hugo, Molière, Duras, Slimani, Marivaux, Ernaux, Dumas, Sarraute, Christie, Corneille ou NDiaye dans une même respiration.
Car le théâtre, ici, n’est pas seulement une succession de titres. Il est une maison ouverte. Une chambre d’échos. Un lieu où les siècles se répondent, où les voix oubliées reviennent, où les mots anciens retrouvent leur jeunesse, où les écritures nouvelles prennent place dans une lignée. La Comédie-Française rappelle alors ce que le théâtre a de plus précieux : il rassemble des corps, des langues, des mémoires, des colères, des rires et des silences pour faire surgir, chaque soir, cette chose fragile et immense que l’on appelle le présent.
Plus d’informations sur le site officiel de la Comédie-Française : https://www.comedie-francaise.fr/



















