Guillaume Gallienne 

Tristan Baille : Bonjour Mr Guillaume Gallienne. Merci de nous recevoir au théâtre des champs Elysées pour cette pièce de Molière, le malade imaginaire.

Vous avez déjà un parcours conséquent et je me demandais si le théâtre est une passion ou une envie plus naturelle, plus simple, de profiter de la vie.

Guillaume Gallienne : En fait c’est les deux. Mais c’est vrai que le théâtre me permet de découvrir des situations différentes plus intensément, plus rapidement. De creuser. De chercher des émotions parfois sublimes ou monstrueuses. De toucher du doigt des réactions possibles. Les auteurs me permettent aussi d’imaginer des choses impossibles à imaginer en faisant un autre métier. 

Tristan Baille : Vous rappelez vous d’un spectacle qui vous a marqué quand vous étiez un enfant ?

Guillaume Gallienne : J’en ai vu beaucoup. Mais je crois que ce qui m’a marqué, c’est la danse. C’est Sylvie Guillem. J’étais bouche bée. Je me souviens aussi d’un vaudeville joué par mon professeur de physique, en Angleterre, où j’étais, avec des élèves de 1ere et terminale. Je me disais « ils ont l’air de tellement s’amuser ». Ils étaient libres.

Tristan Baille : Dans cette pièce de Molière, on a un personnage malade avec des remèdes donnés par des docteurs vaniteux, qui veulent plus plaire que soigner. On a aussi un mariage forcé. Qu’est ce qui est le plus important ?

Guillaume Gallienne : Molière s’est toujours attaqué à l’hypocrisie. Aux médecins. Bien avant le malade imaginaire. Une pièce il est vrai très testamentaire. Le personnage principal passe son temps à dire « dans 4 jours » et Molière meurt en jouant la 4eme !

À ma connaissance il n’était pas hypocondriaque, il avait même un médecin qu’il aimait beaucoup, et qui est mort peu de temps avant lui, d’ailleurs.

C’était un prétexte comique mais Molière va chercher dans son théâtre des archétypes inspirés des comédies latines et de la commedia dell ´arte. Évidemment. Archétypes que l’on peut moquer, chez les autres ou en nous.

L’hypocondrie relève de l’angoisse de la mort. On peut tous la vivre. Molière s’appuie là dessus. Il pense à tout quand il écrit. Le mariage de force. La scène, exceptionnellement, avec un enfant. Ce qui n’existe nul par ailleurs dans son théâtre. Il voulait faire jouer sa petite fille, mais la gamine était tétanisée. Il n’a pas réussi mais il a conservé la scène. 

Tristan Baille : Mais Argan est un « cas » si je peux dire.

Guillaume Gallienne : Argan, malade imaginaire de l’hypocondrie, est un personnage poussé à l’extrême. Il devient tyrannique. Paranoïaque. A juste titre, finalement. Car si vous passez votre temps à dire « je suis malade, je sais que je le suis », et que les autres vous répondent « non, vous ne l’êtes pas », au bout d’un moment, vous pensez qu’ils veulent votre mort. Ça le rend dingue. Même si le cadre chez Molière est très domestique. Très familial.

Tristan Baille : Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

Guillaume Gallienne :Les autres.

Tristan Baille : Aimeriez-vous retrouver l’ambiance de la radio ?

Guillaume Gallienne : Vous savez…j’aime surtout le studio. Qu’il soit de radio ou de théâtre. Le studio de répétition. Un plateau de cinéma. J’aime l’espace où le prisme est le même pour tout le monde. Quand tout le monde a une concentration qui cible la même chose. Ce lieu où on a le droit à l’erreur. Le droit de se tromper. On essaye. On tente. On réessaye. On se plante. On refait. On cherche. On tâtonne. On ne sait pas s’il fait jour ou nuit. On ne sait plus rien. On ne pense plus à sa facture de gaz. On pense à autre chose. À ce qu’on est en train de faire ici et maintenant. Dans le présent. Cet endroit-là, oui je l’aime. Mais la radio ne me manque pas. Je viens de tourner une série en Angleterre pendant 6 mois. J’ai la chance de continuer mon métier comme je l’aime. Que ce soit en répétition ou à la Comédie Française. 

Tristan Baille : Avez-vous une anecdote originale concernant cette pièce ?

Guillaume Gallienne :Des surprises j’en ai tout le temps. La plus marquante, c’est qu’on devait faire une captation pour la télé, c’était prévu, mais comme il y avait le Covid, on a joué devant une salle…vide ! C’était particulier. Vraiment étrange. 

Tristan Baille : Un personnage de Molière vous a t’il marqué plus qu’un autre ?

Guillaume Gallienne : J’ai beaucoup joué Oronte. J’ai pas mal travaillé le Misanthrope pour des concours. Puis je l’ai joué à la Comédie Française. Mais Argan reste le plus important à mes yeux. Je le joue depuis 2019. Et on va le reprendre la saison prochaine de septembre à janvier. C’est un parcours qui s’inscrit dans le temps. On a fait une tournée. Des salles différentes. Des ambiances différentes. Des acoustiques différentes. 

Tristan Baille : Y a-t-il une phrase que vous préférez dans la pièce ? Et si oui, pourquoi ?

Guillaume Gallienne : Oui. Il dit «Voyez-vous, j’ai sur le cœur toutes ces maladies que je ne connais pas ». Il parle de son cœur. C’est tellement juste.

Tristan Baille : Un conseil à donner à une personne qui voudrait exercer le métier de comédien aujourd’hui ?

Guillaume Gallienne :J’en ai deux. Qui viennent de la même personne. Arletty. Un jour, François Perier emmène son fils dans la loge d’Arletty à l’issue d’un spectacle, elle lui demande « et toi, petit, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »

Jean Marie Perier, très fier, lui répond « je voudrais être artiste ».

Arletty enchaîne avec « Alors il faut que tu prennes tes défauts, tu les mets en avant, et ça deviendra des qualités que les autres voudront imiter ».

Voilà pour le 1er.

Le 2eme, c’est à la première cérémonie des Césars. Brialy remettait le César du meilleur jeune espoir féminin, et à la question « quel conseil donneriez-vous à cette demoiselle ? », Arletty répond « De la tenue en toutes circonstances ! »

Äkta à Genève, le bistrot qui façonne aussi ses assiettes

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À Plainpalais, Lisa Otterström et Grégoire Lieutet ont ouvert une adresse à leur image, libre, chaleureuse et profondément attachée au “fait maison”. Du pain au levain à la céramique, leur goût pour l’artisanat donne une personnalité singulière à cette table où l’on vient autant pour manger que pour se retrouver.

SACRÉE – MARGAUX

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Margaux est messagère de l’invisible. Elle canalise les messages de vos guides, vos proches disparus, vos animaux, ou simplement ce qui cherche à se présenter à vous à ce moment précis de votre vie. Elle est le pont, entre ce que vous vivez et ce que vous ne savez pas encore entendre.

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

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At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

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I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

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Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

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C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

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Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

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Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.