ALEXIS VICTOR

JÉRÉMY COQUEMENT : Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle rubrique « Tu connais cette voix » qui a pour but de mettre en avant les comédiens et doubleurs. Pour cette première nous ouvrons le bal avec l’une des voix les plus entendues et connues, que cela soit sur des doublages de film avec Bradley Cooper ou encore Jude Law pour ne citer qu’eux, mais aussi de nombreuses publicités comme Nescafé, Mini Cooper, Orange, Smart, Nissan, Norauto, Lacoste, Lysopaïne, Boursorama, et c’est aussi la voix officielle de Oui FM en radio et celle d’M6 en télé, tout cela c’est Alexis Victor  comédien depuis 25 ans ! Bienvenue Alexis ! On peut se tutoyer ?

ALEXIS VICTOR : Oui avec plaisir !

JÉRÉMY COQUEMENT : A quel âge as-tu commencé ta carrière de comédien ?

ALEXIS VICTOR : A 10 ans j’ai demandé à ma mère de m’inscrire au théâtre. J’ai commencé à en vivre à 22 ans.

JÉRÉMY COQUEMENT : A quel moment as-tu commencé le doublage ?

ALEXIS VICTOR : C’est par le théâtre, car tous les doubleurs viennent du théâtre. Je jouais dans le même théâtre que Michel Papineschi qui double Robin Williams. J’ai rencontré un de ses amis Gabriel Le Doze qui est la voix de Kevin Spacey qui m’a proposé d’aller le voir en studio. Je décide donc d’y aller, je rentre dans un studio et une personne me dit « bonjour, vous venez pour les essais ? » Et moi spontanément je réponds « oui » ! C’était des essais pour entendre des nouvelles voix. Je fais les essais et je me rends compte que je chope le truc, car en réalité, soit tu l’as, soit pas. Le soir même ils m’ont appelé pour me demander si j’étais libre le lendemain matin ! J’ai commencé à faire des voix, des toutes petites phrases au début comme par exemple « passe moi le jus d’orange » ce qu’on appelle les ambiances qui sont les sons derrière les acteurs principaux. Puis très vite j’ai eu la chance d’être repéré par Jenny Gérard qui n’est plus là aujourd’hui, mais qui a repéré Richard Darbois et Patrick Poivey. Elle m’a fait confiance très vite et je lui dois beaucoup.

JÉRÉMY COQUEMENT : Quel a été le 1er comédien que tu as doublé ?

ALEXIS VICTOR : Le 1er grand acteur que j’ai doublé, je ne savais pas qu’il allait devenir un très grand acteur ! C’était le film « Yes Man » avec Jim Carrey et dans ce film je double un jeune comédien qui s’appelle Bradley Cooper. C’était une production Warner… 2 ans plus tard la Warner produit « Very Bad Trip » et me rappelle pour doubler Bradley. Et le succès a été au rendez-vous !

JÉRÉMY COQUEMENT : Combien de comédien doubles-tu aujourd’hui ?

ALEXIS VICTOR : Un peu plus d’une vingtaine, mais en récurrent une dizaine.

JÉRÉMY COQUEMENT : Qui as-tu rencontré comme acteur que tu doubles ?

ALEXIS VICTOR : Bradley Cooper, 2 fois ! C’est un mec super humble, il avait envie de parler de tout sauf de lui. Il voulait savoir si je faisais du théâtre, si je jouais, parce que c’était important pour lui. Car comme je le dis souvent, si un film fait 5 millions d’entrées en France, c’est 4 millions de VF (version française). Si je ne suis pas bon, il n’est pas bon ! Mon job c’est de l’abîmer le moins possible !

JÉRÉMY COQUEMENT : Changes-tu ton timbre vocal sur chaque personnage que tu doubles ?

ALEXIS VICTOR : Il y a des comédiens qui sont beaucoup plus doués que moi pour changer leur tessiture vocale, comme par exemple Boris Rehlinger la voix de Colin Farrell, Jason Statham, Ben Affleck, Joaquin Phoenix ou encore Emmanuel Curtil qui double Jim Carrey ou Chandler dans Friends et beaucoup d’autres !

JÉRÉMY COQUEMENT : La voix Française de Mel Gibson et de Robert De Niro, Jacques Frantz nous a malheureusement quitté en 2021. Idem pour la voix française de Bruce Willis, Patrick Poivey, qui est parti en 2020. Tu les connaissais ?

ALEXIS VICTOR : Je connaissais bien Jacques Frantz, une voix, un être et un comédien incroyable ! Il avait une culture extraordinaire. J’ai passé de bons moments avec lui.

JÉRÉMY COQUEMENT : C’est quand même extrêmement difficile de passer après ces voix qui ont accompagné pendant tant d’années ces acteurs. La chance pour moi c’est que Bruce Willis a arrêté sa carrière quasiment au même moment où Patrick est décédé. Du coup personne n’a repris le flambeau de son doublage. Aujourd’hui c’est très compliqué pour moi de regarder un film en VF avec Mel Gibson. Ça ne sera plus jamais lui !

ALEXIS VICTOR : Je sais et je comprends très bien ! Ils pourront être doublés par des acteurs formidables par la suite, mais quand on a entendu pendant 35 ans une voix, si celle-ci change, ça perturbe énormément. Je vais dire quelque chose que je n’ai jamais dit, mais concernant Bruce Willis je trouve la version française beaucoup mieux que la VO. Patrick Poivey lui donnait en plus cette petite étincelle dans l’oeil. Je trouve qu’il l’accompagnait divinement bien !

JÉRÉMY COQUEMENT : Dans « le 5eme éléments » de Luc Besson, je ne sais pas pourquoi ils ont décidé de ne pas prendre Patrick Poivey pour doubler Bruce Willis. Selon toi, c’est une erreur ?

ALEXIS VICTOR : J’ai cru comprendre que Luc Besson ne voulait pas de Patrick Poivey, mais il faut certainement prendre cela avec des pincettes, c’est en tout cas ce qui circule dans le métier. Peut être que Luc voulait un comédien qui était plus dans sa tessiture vocale et qu’il trouvait que Patrick ne lui ressemblait pas assez. Je sais qui a doublé Bruce Willis dans « Le 5eme éléments » c’est un sublime comédien, mais doubler Willis à la place de Poivey c’est difficile.

JÉRÉMY COQUEMENT : On m’a dit que tu adores doubler les séries un peu bas de gamme de noël, est ce que c’est vrai ?

ALEXIS VICTOR : Hahahaha, oui c’est vrai que j’en fais de temps en temps, ce qu’on appelle les téléfilms de Noël, alors oui c’est très mauvais mais j’adore le faire car ça demande beaucoup d’efforts et que c’est un vrai challenge. Mais je respecte toujours les comédiens que je double.

JÉRÉMY COQUEMENT : Est-ce qu’on peut parler argent ? Combien es-tu payé pour doubler Bradley Cooper dans 1 film de 1h45 ?

ALEXIS VICTOR : La réalité du métier c’est que nous sommes payé à la ligne, et la ligne c’est 6€ il me semble. Pour Bradley Cooper je touche 10 000€ car j’ai un gré à gré, c’est-à-dire que j’ai un tarif spécial car je suis la voix officiel de cet acteur. C’est 1 film par an. Ceci n’est pas représentatif du marché du métier. Je considère qu’on me paye pour prendre mon pied, je me sens extrêmement privilégié. Pour une pub qui sera diffusée en TV, radio et ciné c’est 2 000€. C’est la première fois que je parle argent !

JÉRÉMY COQUEMENT : Est-ce qu’il y a des formations pour devenir doubleur ?

ALEXIS VICTOR : Tout à fait cela existe, moi même je fais des journées de formation dans des écoles. En général c’est sur 6 jours, et c’est vraiment sympa. Il y plusieurs écoles qui proposent cela, notamment 4 qui sont très bonnes : Le Magasin, O’Bahamas, Titra et Tytan. Mais attention il y a aussi pas mal d’escrocs, donc il faut faire attention !

JÉRÉMY COQUEMENT : Dubbing Brother, les meilleurs selon toi ?

ALEXIS VICTOR : Je vais me faire des ennemis si je dis oui (rires) C’est en tout cas les plus gros, ça c’est certain ! Et ils sont super sympa.

JÉRÉMY COQUEMENT : Quelle est la pire pub, que tu n’assumes pas ?

ALEXIS VICTOR : Ah oui, il y en a une que je n’assume pas du tout, c’était pour Durex. J’ai fait une prise pour rire et ils ont gardé cette séquence alors que c’était une blague à la base !

JÉRÉMY COQUEMENT : Le théâtre dans tout ça, peut tu nous parler de tes projets ?

ALEXIS VICTOR : Je serai à Avignon dans une mise en scène de Virginie Lemoine, une pièce que nous avons jouée l’an dernier qui s’appelle « La vie est une fête ». C’est un spectacle magnifique ! C’est sur l’homosexualité, c’est jamais militant, c’est drôle, émouvant, beau et nécessaire. Je pense qu’on jouera à Paris bientôt. J’ai la chance aussi de jouer de septembre à décembre dans la pièce qui s’intitule « Le repas des fauves » j’espère que vous viendrez me voir !

JÉRÉMY COQUEMENT : As-tu une petite exclu à nous offrir ?

ALEXIS VICTOR : « Les Gardiens de la galaxie 3 » qui va sortir fin mars, je vais retrouver mon raton laveur favori Rocket ! Et bientôt il va y avoir un nouveau film réalisé et interprété par Bradley Cooper …

JÉRÉMY COQUEMENT : Merci beaucoup Alexis.

ALEXIS VICTOR : Merci à toi, j’ai pu parler de mon métier comme j’avais envie d’en parler !

Le cercle des poètes disparus au Théâtre Antoine 

Le cercle des poètes disparus au Théâtre Antoine 

Le cercle des poètes disparus au Théâtre Antoine. Un grand moment.

J’avais vu le film. Comme beaucoup de personnes. J’étais intrigué par l’adaptation théâtrale.
Mais quand je suis entré dans le théâtre, j’ai aussitôt basculé dans l’histoire. L’ambiance musicale. Les acteurs qui cherchent une classe en s’adressant aux spectateurs dans la salle, jusque dans les étages. Un petit concert semble s’improviser. Les spectateurs montent sur scène et dansent. Spectacle avant l’heure.

Les raisins de la colère 

Les raisins de la colère 

Je suis sorti de cette interview en étant vraiment impressionné.
L’adaptation théâtrale était loin d’être évidente. Et c’est une réussite. Sur la route 66, dans l’Amerique des années 30 qui, sur bien des points, connaît des problématiques similaires à la nôtre. Comme par exemple les problèmes d’eau. Les problèmes économiques et sociaux. Les migrations. La police sur les dents. Les voyageurs qui sont stigmatisés. Comme beaucoup de Okies (habitants de l’Oklahoma) qui voulaient un futur, un sol à semer.

Les diaboliques

Les diaboliques

C’est Nicolas BRIANÇON qui met en scène cette pièce. D’après Jules Barbey d’Aurevilly. Le texte est de Christophe Barbier. Avec Gabriel Le Doze. Magali Lange. Krystoff Fluder. Reynold de Guenyveau.

Christophe Barbier s’intéresse à cette œuvre symbolique. La question de la morale se pose alors. Tromper l’autre. La dépravation. Meurtre. Bassesses. Désirs dévorants. Vice.
4 acteurs diaboliquement énergiques nous poussent à réfléchir. Faut il interdire le recueil « les diaboliques » ?

Mademoiselle Bio. Le partage d’un savoir-faire !

Mademoiselle Bio. Le partage d’un savoir-faire !

Enseigne numéro 1 de cosmétique bio en ligne. Mademoiselle Bio, depuis 2006, est le symbole de la beauté engagée. Rendez vous compte ! 4000 produits de beauté bio ! Avec 150 marques de cosmétiques !
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Interview Garance Authié

Interview Garance Authié

J’ai fait mes premiers pas dans
le monde du mannequinat à l’âge de 9 ans. À cette époque, j’étais très timide, et mes parents ont vu dans le mannequinat un moyen de me permettre de gagner en confiance en
moi. Mon premier défilé pour Gustavolins reste un moment inoubliable, surtout le privilège
de clôturer le show à ses côtés. Ce fut une véritable immersion dans un univers que je ne connaissais pas, surtout à travers les yeux d’une
petite fille timide comme j’étais à l’époque.