La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob

Avec « La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob », présenté au Petit Montparnasse, Jean-Philippe Daguerre confirme une nouvelle fois son talent rare pour transformer un fait réel en véritable matière théâtrale. Là où d’autres chercheraient l’anecdote ou la provocation, il choisit la profondeur, l’écoute et la complexité humaine. La pièce prend appui sur un événement presque effacé de la mémoire collective. En 1973, à la veille de la sortie du film « Les Aventures de Rabbi Jacob », une femme détourne un avion Paris–Nice pour tenter d’empêcher la diffusion de cette comédie appelée à devenir culte. Cette femme, Danielle Cravenne, épouse du producteur Georges Cravenne, pose un geste désespéré qui se conclura tragiquement. Jean-Philippe Daguerre ne raconte pas seulement ce fait divers : il lui redonne une chair, une voix et une dignité.

Auteur et metteur en scène, Jean Philippe Daguerre impose ici une écriture précise, fluide, profondément incarnée. Son théâtre se distingue par un sens aigu du récit, une attention constante portée aux personnages et un refus de toute facilité émotionnelle. Il ne cherche ni à expliquer ni à excuser, mais à comprendre, à laisser le spectateur cheminer librement à travers les contradictions d’une époque et d’un destin. La construction dramaturgique est maîtrisée, alternant le quotidien d’un film dans son époque, les scènes intimes et les confrontations, sans jamais perdre en lisibilité. La mise en scène, volontairement épurée, sert pleinement le texte. Les transitions sont nettes, le rythme soutenu, et chaque scène semble pensée pour faire émerger l’essentiel. La lumière joue un rôle déterminant : précise, discrète, elle accompagne les changements de temps et de point de vue, souligne les états intérieurs sans jamais les surligner. Elle participe à cette atmosphère tendue, presque suspendue, qui traverse tout le spectacle.

La distribution est l’un des grands atouts de la pièce. Charlotte Matzneff incarne Danielle Cravenne avec une intensité remarquable. Elle évite toute caricature et compose un personnage fragile, lucide, traversé par une colère sourde et une profonde solitude. Bernard Malaka est tout aussi juste dans le rôle de Georges Cravenne, homme pris entre l’amour, l’incompréhension et les exigences d’un milieu qui ne laisse aucune place à la faille. Autour d’eux, Julien Cigana, Bruno Paviot, Elisa Habibi et Balthazar Gouzou forment un ensemble solide et précis, donnant corps aux différentes figures qui gravitent autour de cette histoire.

Ce qui frappe dans le travail de Jean-Philippe Daguerre, c’est sa capacité à relier l’intime au collectif. La pièce dépasse largement le cadre du fait divers pour interroger la place des femmes, la violence du silence, la façon dont une société peut écraser les voix dissonantes. Le contraste entre l’immense succès populaire de Rabbi Jacob et l’isolement absolu de cette femme devient le cœur battant du spectacle.

« La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob » s’inscrit pleinement dans le théâtre de Daguerre : un théâtre de récit, exigeant et accessible, profondément humain, qui fait confiance à l’intelligence du spectateur. Au Petit Montparnasse, la pièce trouve un écrin idéal et confirme que Jean-Philippe Daguerre est l’un de ceux qui savent raconter le réel sans jamais le trahir, et faire du théâtre un espace de mémoire, de réflexion et d’émotion durable.

Par Tristan Baille

Hotel Paquis / 9 Collection

Hotel Paquis / 9 Collection

À Genève, le 9Hotel Collection Pâquis, au rythme d’un quartier qui bouge et parle plusieurs langues, Genève oblige, est un hôtel 3 étoiles proche de tout. Et surtout proche de ce que tu viens souvent chercher ici : une ville qui se marche, un lac qui apaise, et un point d’ancrage fiable quand les journées se remplissent vite.

Interview Olivier Soliveres

Interview Olivier Soliveres

Beaucoup de mes spectacles pour enfants, à la base, je les ai faits pour mes propres enfants. Je suis papa de quatre enfants et ils ont grandi avec mes spectacles. Par exemple, mes premiers spectacles sur le Père Noël, les chevaliers, tout ça, c’était pour mes grands garçons. Plus tard, j’ai fait « Space Wars » parce qu’ils étaient fans de Star Wars… et moi aussi. « Chevaliers », c’est venu parce que je leur lisais des livres de chevalerie le soir, dans leur lit superposé en forme de château fort. À un moment, je me suis dit : mais il n’y a pas de spectacle de chevalerie pour enfants. Alors je l’ai fait.

Le restaurant Horiz

Le restaurant Horiz

Au croisement de la rue Volta et de la rue au Maire, le restaurant « Horiz » s’inscrit dans une histoire qui dépasse celle d’un simple restaurant. Avant de porter ce nom, l’adresse était déjà un lieu de cuisine familiale, tenu par les parents des deux frères Lin. En reprenant le restaurant, ils n’ont pas cherché à rompre avec le passé, mais à le faire évoluer. Le lieu a changé de visage, mais l’essentiel est resté : une cuisine enracinée dans une mémoire familiale, désormais portée par une nouvelle génération.

Yael Naim

Yael Naim

Yael Naim a toujours avancé à pas feutrés dans le paysage musical, comme si elle préférait la résonance intérieure à l’écho médiatique. Née à Paris, partagée très tôt entre plusieurs cultures et plusieurs langues, elle a construit son univers dans les interstices, là où les identités se croisent et se répondent. La musique est venue à elle comme un refuge autant que comme un langage : le piano d’abord, puis la voix, si belle dans ce qu’elle transmet.

Interview d’Izzy Escobar

Interview d’Izzy Escobar

Elle est née très tôt, presque sans que je m’en rende compte. Mon père était DJ, donc la musique faisait partie du quotidien, avec beaucoup de styles différents et une vraie culture du rythme. En parallèle, j’ai commencé le violon très jeune, ce qui m’a donné une autre approche, plus classique et plus intérieure. Aujourd’hui encore, je construis mes chansons entre ces deux pôles : le mouvement, l’énergie, et la recherche d’un équilibre entre les mots et la musique, pour que l’un ne prenne jamais le dessus sur l’autre.

Les chaussettes Bleu Forêt

Les chaussettes Bleu Forêt

Les chaussettes occupent une place discrète dans la garde robe, souvent perçues comme un simple accessoire utilitaire. Pourtant, certaines marques démontrent qu’elles peuvent devenir un véritable élément de confort et d’élégance au quotidien. C’est le cas de « Bleuforêt », une maison française qui a fait de la chaussette un produit pensé avec la même exigence que les pièces les plus visibles d’un vestiaire soigné.

Uni Restaurant

Uni Restaurant

Situé rue de la Trémoille, au cœur du Triangle d’Or, UNI Paris propose une approche singulière de la gastronomie japonaise, où l’excellence des produits rencontre une vision contemporaine et raffinée de l’expérience culinaire. L’adresse cultive une élégance discrète, loin des effets de mode, et s’adresse à une clientèle en quête de précision, de calme et d’émotion gustative.

La maison Lindt & Sprüngli 

La maison Lindt & Sprüngli 

La maison Lindt & Sprüngli naît au XIXᵉ siècle dans un contexte où le chocolat reste encore un produit rare et peu raffiné. À Zurich, David Sprüngli et son fils Rudolf commencent par transformer le cacao dans leur confiserie, avec l’ambition de proposer un chocolat de meilleure qualité que celui disponible à l’époque. Leur activité prend rapidement de l’ampleur et pose les bases d’une véritable entreprise chocolatière. Quelques décennies plus tard, une avancée décisive vient bouleverser l’histoire de la marque : en 1899, la famille Sprüngli acquiert l’atelier du chocolatier Rodolphe Lindt, installé à Berne. Cette union marque un tournant, en associant une entreprise en plein essor à une innovation technique majeure. À partir de là, Lindt & Sprüngli se développe progressivement en Suisse puis à l’international, en construisant sa réputation sur la qualité, la finesse et la constance de ses chocolats, jusqu’à devenir une référence mondiale du segment premium.