Les raisins de la colère 
Rencontre avec Xavier Simonin. Acteur et metteur en scène de l’adaptation du roman « Les raisins de la colère » de Steinbeck.

 

Tristan Baille : Mr Xavier Simonin, ravi de voir cette adaptation du roman de Steinbeck, « les raisins de la colère » et de vous rencontrer pour Crush magazine. Une belle surprise. Je me souvenais du film mais je me suis demandé comment est venue l’idée de ce spectacle ?

 

Xavier Simonin : Jean Jacques Milteau, qui a assuré la direction musicale, qui est un grand musicien, avait collaboré avec moi sur un spectacle précédent. L’or de Blaise Cendrars. C’était déjà une histoire qui se passe en Amérique, avec la conquête de la Californie, la ruée vers l’or. Mais on ne voulait pas refaire la même chose. Le texte de Steinbeck nous a emballé. On a donc décidé de l’adapter et d’en faire un spectacle.

 

-Tristan Baille : Combien de temps de travail cela nécessitait ?

 

-Xavier Simonin : Difficile de quantifier exactement. Il faut beaucoup lire. Et je voulais des chansons en anglais. Certaines sont traditionnelles et sont des chapitres de Steinbeck mis en musique. Disons…deux ans avant de donner à Jean Jacques Milteau des repères, des styles musicaux, plus mes références personnelles, populaires. Marc Knopfler. Johnny Cash. Et comme on a travaillé ensemble pendant 10 ans, il me comprend bien. Après j’ai lu le texte à plat et lui, il met des chansons qui y ressemblent. Puis on regarde la couleur que ça prend. Une fois l’équipe trouvée, Glenn Arzel et Claire Nivard ont composé les chansons. Je leur ai dit « voilà les phrases que je veux garder, qu’on doit entendre dans la chanson ».
-Tristan Baille : Donc beaucoup de liberté aussi.

 

-Xavier Simonin : Il fallait cependant que Jean Jacques Milteau garde une certaine cohérence dans le spectacle. Et ensuite on pouvait répéter dans un théâtre.

 

-Tristan Baille : J’ai beaucoup apprécié la musique dans ce spectacle. Old school. Des variations de blues. Un côté nostalgique. Mais… Est ce également un engagement personnel ? Car ça parle de migrations, de violences policières…

 

-Xavier Simonin : J’ai effectivement dans ma vie des engagements en Afrique. Mais là, je voulais parler de Steinbeck, du réchauffement climatique, avec la tempête de sable au début, ou le déluge de pluie, la crise économique…

 

-Tristan Baille : 1929.

 

-Xavier Simonin : Oui. L’essoufflement du monde capitaliste. Les migrants qui rappellent la société d’aujourd’hui. Mais ce qui sauve ces personnes, et c’est magnifique, c’est leur dignité. La famille. Ils cherchent à tenir, à rester debout. A croire. À rêver. D’ailleurs…qu’est ce qui nous fait tenir quand ça ne va pas ?

 

-Tristan Baille : Ce spectacle fait poser de bonnes questions.

 

-Xavier Simonin : Oui mais il ne donne pas de réponses. Il aide à s’interroger.

 

-Tristan Baille : Ce qui m’a bluffé, c’est votre jeu. L’aspect physique. Vous vous transformez sans cesse pour incarner plusieurs personnages.

 

-Xavier Simonin : Il y a une 40ne de personnages. En tant que metteur en scène, je travaille avec des animaux qui se déplacent comme des pions sur un plateau. Ils bougent et ça me permet de composer, un peu comme un enfant. Tout en respectant l’esprit de l’œuvre. En tant qu’acteur, il faut alors provoquer la surprise, le décalage, la sensibilité.

 

-Tristan Baille : Vous avez dit « un peu comme un enfant » et, justement, cela ressemblait vraiment à un conte.

 

-Xavier Simonin : Utiliser la forme du conte permet effectivement d’entendre la langue de Steinbeck. Cela fonctionne car les spectateurs se font des images. J’offre un tremplin mais ils jouent aussi un rôle, une action, ils créent aussi d’une certaine manière.

 

-Tristan Baille : Est ce que la principale difficulté n’était pas que les musiciens deviennent des personnages ? Les témoins d’une situation précise ?

 

-Xavier Simonin : C’était le pari. Ils jouent partout. Ils sont connus dans leur domaine. Mais peu à peu, et ils ont beaucoup travaillé, malgré la contrebasse et le reste, ils participent à des tableaux vivants, grâce à leur habileté. Ils jouent dans les silences. Ils adoptent des positions. Des attitudes. Ils racontent aussi quelque chose. Ils sont habités par un rôle supplémentaire.

 

-Tristan Baille : C’est un très bel hommage à Steinbeck, je trouve, prix Pulitzer et prix Nobel de littérature. Est ce qu’il y a un projet en cours ?

 

-Xavier Simonin : Peut être un polar musical sur l’Amérique d’aujourd’hui. On verra.

 

-Tristan Baille : Bravo pour cette collaboration et cette pièce. C’était un plaisir de vous rencontrer pour Crush magazine !

 

-Xavier Simonin : Merci à vous !

Je suis sorti de cette interview en étant vraiment impressionné. 

L’adaptation théâtrale était loin d’être évidente. Et c’est une réussite. Sur la route 66, dans l’Amerique des années 30 qui, sur bien des points, connaît des problématiques similaires à la nôtre. Comme par exemple les problèmes d’eau. Les problèmes économiques et sociaux. Les migrations. La police sur les dents. Les voyageurs qui sont stigmatisés. Comme beaucoup de Okies (habitants de l’Oklahoma) qui voulaient un futur, un sol à semer.
Et bien d’autres thématiques s’enchaînent alors dans cette fresque d’une époque difficile. Don de soi, pauvreté et rêves se côtoient chez les personnages de cette scène du Théâtre Michel. C’est émouvant et poignant. Je dois dire qu’il s’agit davantage d’un conte musical que d’une pièce traditionnelle.
C’est nostalgique. Old school ! Avec des rythmes de blues du meilleur effet, que vous pouvez vraiment apprécier en famille !
La musique, les chants et les textes apportent un souffle touchant et harmonieux à ce spectacle que John Ford avait fastueusement réalisé dans son film jadis, à sa manière.
Les voix accompagnent alors les spectateurs dans ce voyage incroyable et intense.
Les raisins de la colère, de Steinbeck.
Au Théâtre Michel

Avec XAVIER SIMONIN et, en alternance :

MANU BERTRAND ou GLENN ARZEL, STEPHEN HARRISON ou SYLVAIN DUBREZ, CLAIRE NIVARD ou ROXANE ARNAL.

ADAPTATION ET MISE EN SCENE :

XAVIER SIMONIN

Direction musicale :

JEAN-JACQUES MILTEAU

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À Genève, le 9Hotel Collection Pâquis, au rythme d’un quartier qui bouge et parle plusieurs langues, Genève oblige, est un hôtel 3 étoiles proche de tout. Et surtout proche de ce que tu viens souvent chercher ici : une ville qui se marche, un lac qui apaise, et un point d’ancrage fiable quand les journées se remplissent vite.

Interview Olivier Soliveres

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Beaucoup de mes spectacles pour enfants, à la base, je les ai faits pour mes propres enfants. Je suis papa de quatre enfants et ils ont grandi avec mes spectacles. Par exemple, mes premiers spectacles sur le Père Noël, les chevaliers, tout ça, c’était pour mes grands garçons. Plus tard, j’ai fait « Space Wars » parce qu’ils étaient fans de Star Wars… et moi aussi. « Chevaliers », c’est venu parce que je leur lisais des livres de chevalerie le soir, dans leur lit superposé en forme de château fort. À un moment, je me suis dit : mais il n’y a pas de spectacle de chevalerie pour enfants. Alors je l’ai fait.

Le restaurant Horiz

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Au croisement de la rue Volta et de la rue au Maire, le restaurant « Horiz » s’inscrit dans une histoire qui dépasse celle d’un simple restaurant. Avant de porter ce nom, l’adresse était déjà un lieu de cuisine familiale, tenu par les parents des deux frères Lin. En reprenant le restaurant, ils n’ont pas cherché à rompre avec le passé, mais à le faire évoluer. Le lieu a changé de visage, mais l’essentiel est resté : une cuisine enracinée dans une mémoire familiale, désormais portée par une nouvelle génération.

Yael Naim

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Yael Naim a toujours avancé à pas feutrés dans le paysage musical, comme si elle préférait la résonance intérieure à l’écho médiatique. Née à Paris, partagée très tôt entre plusieurs cultures et plusieurs langues, elle a construit son univers dans les interstices, là où les identités se croisent et se répondent. La musique est venue à elle comme un refuge autant que comme un langage : le piano d’abord, puis la voix, si belle dans ce qu’elle transmet.

Interview d’Izzy Escobar

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Elle est née très tôt, presque sans que je m’en rende compte. Mon père était DJ, donc la musique faisait partie du quotidien, avec beaucoup de styles différents et une vraie culture du rythme. En parallèle, j’ai commencé le violon très jeune, ce qui m’a donné une autre approche, plus classique et plus intérieure. Aujourd’hui encore, je construis mes chansons entre ces deux pôles : le mouvement, l’énergie, et la recherche d’un équilibre entre les mots et la musique, pour que l’un ne prenne jamais le dessus sur l’autre.

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Les chaussettes occupent une place discrète dans la garde robe, souvent perçues comme un simple accessoire utilitaire. Pourtant, certaines marques démontrent qu’elles peuvent devenir un véritable élément de confort et d’élégance au quotidien. C’est le cas de « Bleuforêt », une maison française qui a fait de la chaussette un produit pensé avec la même exigence que les pièces les plus visibles d’un vestiaire soigné.

Uni Restaurant

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Situé rue de la Trémoille, au cœur du Triangle d’Or, UNI Paris propose une approche singulière de la gastronomie japonaise, où l’excellence des produits rencontre une vision contemporaine et raffinée de l’expérience culinaire. L’adresse cultive une élégance discrète, loin des effets de mode, et s’adresse à une clientèle en quête de précision, de calme et d’émotion gustative.

La maison Lindt & Sprüngli 

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La maison Lindt & Sprüngli naît au XIXᵉ siècle dans un contexte où le chocolat reste encore un produit rare et peu raffiné. À Zurich, David Sprüngli et son fils Rudolf commencent par transformer le cacao dans leur confiserie, avec l’ambition de proposer un chocolat de meilleure qualité que celui disponible à l’époque. Leur activité prend rapidement de l’ampleur et pose les bases d’une véritable entreprise chocolatière. Quelques décennies plus tard, une avancée décisive vient bouleverser l’histoire de la marque : en 1899, la famille Sprüngli acquiert l’atelier du chocolatier Rodolphe Lindt, installé à Berne. Cette union marque un tournant, en associant une entreprise en plein essor à une innovation technique majeure. À partir de là, Lindt & Sprüngli se développe progressivement en Suisse puis à l’international, en construisant sa réputation sur la qualité, la finesse et la constance de ses chocolats, jusqu’à devenir une référence mondiale du segment premium.