Alessandra Carillo

Alessandra Carrillo fait partie de ces actrices qui ne cherchent pas à occuper l’écran par l’excès, mais par la précision. Sa présence s’impose moins par l’effet que par la justesse. Au fil de ses rôles, elle a construit un parcours discret mais solide, fondé sur une réelle capacité d’adaptation. Son cheminement renvoie l’image d’une artiste qui avance avec constance, passant d’un univers à l’autre sans jamais perdre sa propre identité.

Ce qui frappe chez elle, d’abord, c’est l’ampleur de son registre. Elle ne s’est enfermée ni dans un seul type de personnage, ni dans une seule tonalité. On la retrouve aussi bien dans des projets dramatiques que dans des œuvres plus légères, dans des productions italiennes comme dans des films ouverts à un public plus international. Cette souplesse lui permet de donner vie à des personnages très différents, tout en conservant une vraie cohérence dans sa manière de jouer.

Deux films permettent en particulier de comprendre cette variété : « Francesca & Giovanni », réalisé par Simona Izzo et Ricky Tognazzi, et « Avec ou sans enfants ? », réalisé par Elsa Blayau et sorti en 2025. Ces deux œuvres, très éloignées par le ton, montrent à quel point Alessandra Carrillo sait évoluer entre des mondes opposés. D’un côté, un récit marqué par la mémoire, la gravité et l’histoire italienne. De l’autre, une comédie plus vive, plus chorale, plus liée aux frictions de la vie quotidienne. C’est précisément dans cet écart que son profil d’actrice devient le plus intéressant.

Dans « Francesca & Giovanni », elle prend part à un film traversé par une matière sensible et profondément italienne. Le récit, centré sur Francesca Morvillo et Giovanni Falcone, ne se limite pas à la reconstitution d’un contexte historique. Il cherche aussi à restituer une densité intime à deux figures liées à une période douloureuse de l’histoire contemporaine. Un projet de cette nature demande aux interprètes de trouver un équilibre délicat : ne jamais forcer artificiellement l’émotion, mais soutenir le poids du sujet avec mesure.

La participation d’Alessandra Carrillo à un tel film compte, car elle l’inscrit dans un cinéma où mémoire collective et incarnation personnelle se rejoignent. Elle y interprète la journaliste française Marcelle Padovani, avec qui Giovanni Falcone avait écrit le livre « Cose di Cosa Nostra », publié en français sous le titre « Cosa Nostra, le juge et les “hommes d’honneur” ». Il ne s’agit donc pas seulement d’un rôle dans un drame biographique, mais d’une présence plus légère au sein d’une œuvre qui touche à une blessure encore vive. En étant associée à un récit d’une telle portée, Alessandra Carrillo montre qu’elle peut prendre part à un cinéma qui regarde le réel avec sérieux. Cela renforce l’image d’une actrice capable d’évoluer dans des projets qui exigent tenue, sobriété et sens de la nuance.

« Avec ou sans enfants ? » révèle une autre facette de son talent. Ici, le contexte change complètement. Le film se déploie dans un univers plus léger, fondé sur les décalages, les malentendus et la dynamique du groupe. À partir de son point de départ, il joue avec les tensions modernes autour du couple, de la fête, de l’amitié et de la présence envahissante des enfants dans des espaces théoriquement réservés aux adultes. Cette matière comique demande une autre énergie. Il s’agit de trouver le bon rythme, la bonne relance, la juste intensité dans un ensemble en mouvement.

C’est précisément dans ce type de comédie que se mesure souvent la véritable souplesse d’une actrice. Il faut savoir exister sans écraser les autres, participer au collectif sans s’y dissoudre, créer une présence nette dans des scènes rapides et souvent chorales. Alessandra Carrillo y apparaît dans un registre plus mobile, plus spontané, où le jeu passe beaucoup par l’écoute, la circulation entre les personnages et le sens de la situation. Cette aisance naturelle dans un film de groupe confirme qu’elle n’est pas seulement à l’aise dans les récits les plus graves, mais aussi dans des partitions plus légères, plus contemporaines et plus immédiatement relationnelles.

Ce qui rend son parcours intéressant, c’est justement cette capacité à ne pas se figer. Entre « Francesca & Giovanni » et « Avec ou sans enfants ? », ce n’est pas seulement le décor qui change : c’est la respiration même. Peu d’actrices réussissent ce passage sans donner l’impression de se disperser. Chez Alessandra Carrillo, au contraire, cette diversité renforce la cohérence de l’ensemble.

Cette diversité se retrouve aussi dans d’autres projets où elle ne joue pas seulement en français ou en italien avec un accent français, mais également en anglais, en espagnol, ainsi qu’en italien avec plusieurs accents. Elle traverse différents décors, différentes langues et différentes périodes historiques, ce qui souligne encore davantage sa capacité d’adaptation. Cette dimension internationale est l’un des aspects les plus intéressants de son parcours récent : Alessandra Carrillo semble pouvoir passer d’un imaginaire à l’autre sans que son jeu perde en précision.

Son actualité confirme cette ouverture. En mai, la série « In Utero » doit sortir sur HBO Max. Située à Barcelone, en Espagne, dans l’univers d’une clinique de reproduction assistée, la série permettra de la découvrir dans le rôle d’une docteure espagnole, aux côtés de l’acteur italien Sergio Castellitto. Ce projet ajoute encore une nouvelle tonalité à son parcours : un décor espagnol, un contexte médical et contemporain, et un personnage qui semble s’inscrire dans un registre plus intime et plus sensible.

À l’inverse, dans le dernier film de Gabriele Muccino, « Le Cose Non Dette », ainsi que dans la série Netflix « Mrs. Playmen », Alessandra Carrillo apparaît plutôt dans des rôles liés au monde juridique. Ces personnages prolongent une autre facette de son jeu : celle d’une présence plus structurée, plus maîtrisée, capable d’incarner des figures d’autorité, de parole ou de décision. Là encore, elle semble trouver une manière d’exister sans forcer, en s’appuyant sur la précision du regard, de la posture et du ton.

Son parcours ne se limite pourtant pas aux drames historiques ou aux rôles institutionnels. Dans la comédie romantique américaine Hallmark « The Wedding Veil: Unveiled », elle révèle une facette plus douce, plus lumineuse et plus romantique. Ce rôle montre une autre couleur de son jeu, plus tendre, plus accessible, tout en restant fidèle à cette élégance discrète qui caractérise sa présence à l’écran.

Tous ces projets, réunis, dessinent le portrait d’une interprète souple, rigoureuse et de plus en plus affirmée. « Francesca & Giovanni », de Simona Izzo et Ricky Tognazzi, lui confère une dimension plus grave, plus ancrée dans la mémoire italienne. « Avec ou sans enfants ? », d’Elsa Blayau, met en lumière une présence plus vive, plus immédiate, tournée vers la comédie de mœurs. « In Utero », sur HBO Max, ouvre son jeu vers un univers espagnol et contemporain. « Le Cose Non Dette », de Gabriele Muccino, et « Mrs. Playmen », sur Netflix, prolongent son rapport à des personnages plus institutionnels ou juridiques. Enfin, « The Wedding Veil: Unveiled », produit dans l’univers Hallmark, rappelle qu’elle peut aussi s’inscrire dans une veine plus romantique et internationale.

L’intérêt d’Alessandra Carrillo ne réside donc pas dans une image spectaculaire, mais dans une qualité plus rare : celle de traverser les registres, les langues, les genres et les époques sans perdre sa singularité. Elle avance avec discrétion, mais aussi avec une cohérence de plus en plus visible. Et c’est peut-être là que se trouve sa force : dans cette manière d’habiter chaque rôle avec précision, sans jamais chercher à imposer sa présence, mais en laissant peu à peu son empreinte.

Photographies by Charles Chessler

Article by Tristan Baille.

Interview Ester Pantano

Interview Ester Pantano

J’aime profondément ces trois formes d’expression, justement parce qu’elles ne demandent pas la même chose. Le théâtre, c’est la présence immédiate, le souffle, le risque partagé avec le public. La télévision entre dans le quotidien des gens, avec quelque chose de plus familier, de plus direct. Et le cinéma, lui, permet peut-être d’aller chercher une vérité plus intérieure, plus silencieuse parfois. Je n’ai pas vraiment de préférence, parce que chacune de ces expériences m’apprend une manière différente d’habiter un personnage. Ce qui compte pour moi, au fond, c’est la possibilité de raconter des êtres qui portent une humanité, une vision, une émotion vraie.

Hendrick’s dévoile une nouvelle facette de son iconique gin avec Another Hendrick’s

Hendrick’s dévoile une nouvelle facette de son iconique gin avec Another Hendrick’s

Dans l’univers très codifié du gin premium, certaines maisons parviennent encore à surprendre. C’est le cas de Hendrick’s Gin, qui signe aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire avec le lancement de Another Hendrick’s, sa première création permanente depuis près de dix ans.

Le 9Hotel Cesari

Le 9Hotel Cesari

Le 9Hotel Cesari, membre du groupe 9Hotel Collection est de ces adresses qui s’imposent d’abord par leur atmosphère. Avant même de penser à Rome, à ses places, à ses fontaines, à ses merveilles, on entre ici dans un univers à part, un lieu qui possède son identité propre, sa respiration, sa manière singulière d’accueillir. Tout, dès les premiers instants, donne le sentiment d’un hôtel qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui sait très exactement ce qu’il est : une adresse élégante, chaleureuse, profondément agréable, où l’on comprend immédiatement que le séjour sera placé sous le signe du goût et du confort.

Quinzerie Hôtel : l’adresse parisienne qui cultive l’art de vivre du 15ᵉ

Quinzerie Hôtel : l’adresse parisienne qui cultive l’art de vivre du 15ᵉ

À Paris, les hôtels qui racontent une véritable histoire deviennent rares. Niché dans le très vivant quartier Saint-Charles, dans le 15ᵉ arrondissement, le Quinzerie Hôtel incarne justement cette nouvelle génération d’adresses qui préfèrent l’authenticité à l’apparat, et l’art de vivre parisien à l’agitation touristique. Ouvert en 2022, cet hôtel de quartier revendique une élégance contemporaine et une atmosphère presque confidentielle, pensée pour celles et ceux qui aiment découvrir la capitale autrement.

Au Théâtre Lepic, « Dessiner encore ».

Au Théâtre Lepic, « Dessiner encore ».

Le spectacle avance avec une pudeur rare, dans cet endroit fragile où la parole cherche moins à raconter qu’à survivre à ce qu’elle raconte. Il y a, dès les premiers instants, quelque chose de retenu, de presque tremblé, qui donne à cette proposition sa vibration particulière. Rien n’est forcé. Rien n’est appuyé. Tout semble naître d’une nécessité intime.