Quand l’amour fait peur – Par Julia Flabat

Paris, ville de l’Amour.

C’est ce qu’on nous vend depuis toujours. L’amour qui flotte sur les terrasses entre un café crème et un verre de blanc. Les coups de foudre qui arrivent en allant acheter une baguette de pain en pyjama. L’amour est même sur les ponts, cadenassés par des amoureux qui, statistiquement, ne sont probablement plus ensemble aujourd’hui.

Mais, en 2026 , est ce que Paris est toujours la ville de l’Amour ? Pour son décor et son romantisme, je dirais sûrement oui. Mais est-ce que les célibataires trentenaires diraient la même chose ?

Parce que dernièrement j’ai plus rencontré d’hommes qui disent : « Je ne cherche rien de sérieux en ce moment.» Et qui écrivent à 23h48 des : « Tu dors ? »

Et des femmes qui achètent leurs propres fleurs et congèlent leurs ovules pour faire des bébé toute seule.

Aujourd’hui, les Parisiennes savent ce qu’elles veulent. Ou plutôt ce qu’elles ne veulent plus : Un homme incapable. Incapable d’aimer, de rassurer, sans disparaître. Incapable de choisir, sans garder une porte entrouverte « au cas où ». Et incapable de rester fidèle, surtout.

Sauf qu’à Paris, il semblerait que ces hommes soient devenus une espèce rare …

Mais est- ce que les hommes incapables sont vraiment nés ainsi… ou le sont-ils devenus?

J’ai été à la rencontre de certains d’entre eux, et vous savez quoi, ils m’ont tous avoué avoir aimé un jour. Vraiment, sincèrement, éperdument même. Ils ont construit, projeté, et imaginé une vie entière avec une femme… mais un jour, stop, cette femme est partie. Par choix ou parfois par la vie. Et avec elle, quelque chose en eux s’est complètement refermé !

Ces hommes, on les croise à présent accoudés à un bar, riant un peu trop fort. Le téléphone posé face contre la table, comme s’ils savaient qu’un certain message ne viendrait plus jamais. On les voit embrasser une femme à la sortie d’un restaurant, sans vraiment fermer les yeux. Rentrer avec elle et au petit matin, s’en aller avant qu’elle se réveille… laissant derrière eux l’empreinte encore tiède de leur corps sur des draps froissés. Pas par manque de respect, disent-ils. Mais par réflexe. Comme s’ils avaient appris à ne plus laisser quelqu’un s’approcher de l’endroit exact où tout s’est déjà effondré une première fois.

On dit souvent que les hommes d’aujourd’hui ont peur de s’engager. Mais ce qu’on dit moins, c’est qu’ils ont peut-être déjà tout donné une fois. Peut-être que les hommes ne sont pas devenus incapables d’aimer. Peut-être qu’ils sont simplement devenus incapables d’aimer comme avant.

Pendant ce temps, les femmes, elles, ont évolué aussi.

Elles dînent en terrasse avec leurs amies, le téléphone au fond de leur sac, sans vérifier s’il vibre.

Elles rentrent chez elles, se démaquillent, et réalisent que le silence est précieux. Elles sont indépendantes, fortes et libres, disent elles . Certaines réservent même des billets d’avion sur un coup de tête. Et pour la première fois, elles ont découvert quelque chose d’inattendu : La paix.

Cette paix qui ne dépend plus d’un message à 23h48. Ni d’une disparition soudaine au petit matin. Elles ne courent plus après l’amour. Et surtout, SURTOUT , elles ne négocient plus leur paix contre une présence incertaine.

Et peut-être que la vérité, c’est ça :

Les hommes ont appris à vivre sans l’amour.

Et Les femmes ont appris à vivre sans les hommes.

Mais qui peut prétendre aujourd’hui ne plus vouloir revivre cette ivresse ? Cet instant où tout devient plus intense. Où l’âme reconnaît l’autre. Ou le coeur s’accélère en voyant un prénom s’afficher sur un écran.

Cet état qui donne des frissons sans qu’on se touche. Qui fait sourire seul dans la rue. Qui donne envie de rester éveillé plus longtemps, juste pour prolonger l’instant.

Cet état qui nous rappelle tout simplement qu’on est vivant !!!

Alors ils se rencontrent, encore et encore. Ces femmes qui ont appris à ne plus se perdre. Et ces hommes qui ont peur de redevenir ceux qu’ils étaient.

Ils peuvent apprendre à vivre seuls. À être heureux seuls. À être en paix seuls. Mais il suffit d’une seule personne… Pour leur rappeler pourquoi ils ont ouvert leur cœur la première fois.

« L’amour est comme la fièvre, il naît et s’éteint sans que la volonté y ait la moindre part. »

— Stendhal, De l’amour

Et ce soir-là, en marchant dans Paris, je l’ai compris. Paris est et restera toujours la ville de l’Amour.

Parce que malgré les cicatrices, malgré les déceptions, malgré les murs que l’on construit pour se protéger… Il existera toujours, quelque part, deux êtres blessés, qui, sans l’avoir cherché, se reconnaîtront.

Et à cet instant précis, ils comprendront qu’ils n’ont jamais vraiment eu le choix.

Témoignages

Loic 29 ans « J’ai déjà tout donné une fois. Pendant 5 ans, c’était elle. Et je l’ai découvert au lit avec un autre. Aujourd’hui, Je ne suis plus capable de m’engager, je ne suis plus capable d’aimer comme ça. »

Pierre 44 ans « J’ai aimé follement, passionnément. Mais la maladie m’a retiré la femme de ma vie.

À présent , j’enchaîne les histoires mais aucune ne me fait vraiment vibrer comme celle-ci. Alors je pars avant que l’autre ne s’attache trop. Je me suis fait à l’idée que plus jamais je ne revivrai ça . L’amour, le vrai , c’est déjà difficile de le rencontrer. Alors 2 fois, c’est presque impossible. »

Jessica 35 ans « En fait Je suis très bien célibataire. J’ai cherché l’amour , partout, sur les applis, en soirée… mais j’ai toujours été déçue. Les hommes semblent incapables de se poser aujourd’hui. »

Caroline 43 ans « Je suis enceinte ! J’ai arrêté d’attendre de rencontrer quelqu’un . J’ai entamé les procédures pour faire un bébé toute seule.»

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...