Interview Helena Noguerra

Helena Noguerra est Frida Khalo.

Tristan Baille : Bonjour Helena Noguerra, je suis ravi de vous retrouver pour parler de cette lecture, à la Scala, des correspondances de Frida Kahlo, quelques semaines seulement après « tango y tango » à Marigny. Deux personnages qui finalement ont un point commun, l’Amérique latine !

Helena Noguerra : C’est vrai mais c’est un pur hasard.

Tristan Baille : Les livres sont pour vous essentiels dans la vie.

Helena Noguerra : Oui. En apprenant à lire, j’ai compris que ça allait m’ouvrir le monde. J’étais émerveillée par ces découvertes, je lisais même les enseignes publicitaires, genre boulangerie ou les directions etc…ça donnait du sens à ce qu’il se passait dans le monde. Et puis j’ai commencé à lire. Je pense que ça nous renseigne sur nous mêmes. Déjà. Car parfois on a des émotions. Des sensations. Et on n’arrive pas à les formuler. Et soudain on est heureux de les voir s’éclairer devant nos yeux et de pouvoir mieux se comprendre. Ça renseigne sur le monde. Les mots sont des portes ouvertes qui donnent accès à tout. On peut lire des livres scientifiques, sur le temps, sur le cerveau, l’espace, le big bang, des romans d’amour, des cultures différentes, et plus on lit plus on devient humain, plus on sait qu’on fait partie d’un grand tout. Ça tient à distance l’égo, c’est déjà pas mal.

Tristan Baille : Le spectacle est né à Biarritz.

Helena Noguerra : Oui c’est ça. C’est un festival de lectures. Catherine Swaub avait fait appel à moi. Et a signé la mise en scène. Le texte était adapté par Françoise Hamel.
D’autant plus que j’avais déjà fait des lectures à Nice. Dans un festival (ciné roman) où on voit des films adaptés à l’écran. Et je me rendais compte que les gens étaient attentifs, j’avais le goût de ça, mais je ne l’avais jamais fait publiquement et donc c’est comme ça qu’est né ce projet. Et on a pu l’accueillir à la Scala, les dimanches et lundis, et maintenant on va en Avignon.

Tristan Baille : Bravo.

Helena Noguerra : Oui je suis contente, ça fonctionne bien. Les gens ont l’air heureux.

Tristan Baille : Pourquoi Frida ?

Helena Noguerra : Je suis dans mon époque. Je ne sais pas. Il y a de plus en plus de lectures. Et il y avait cette opportunité de lire un texte. Il est vrai que j’ai des points communs avec elle. Comme le rapport à la solitude. Elle dit d’ailleurs « je me peins parce que je suis seule ». Voilà. On est à côté du monde et on le remplit avec plein de choses. J’écris. Je chante. Je joue. Je lis. Ce qui me plaît aussi chez elle, c’est qu’elle ne se complaît pas dans le malheur. Elle se laisse comme… « traverser ». Elle a l’accident, l’abandon d’Alex parce qu’elle est malade et hospitalisée, et donc elle trouve, transcende et transforme ça en joie de vivre, elle vit son histoire avec Diego, et quand il y a adultère, elle sera amoureuse, avec des amants et des maîtresses. C’est ça qui m’intéresse. Elle est consciente que la vie est courte. Elle affronte la douleur. Elle l’accepte et la dépasse.

Tristan Baille : Est elle une féministe avant l’heure ?

Helena Noguerra : Elle ne s’est pas décrétée féministe. C’est l’histoire qui l’a fait. Certes elle dit que c’est difficile d’être une femme, de peindre, d’être en handicap, de se faire une place de femme, et Diego qui prend toute la place…mais elle va s’imposer à travers le temps, son temps, malgré ses sourcils, ses poils, sa pilosité, elle est belle et, malgré son handicap elle était une séductrice, sans avoir ce drapeau de féministe.

Tristan Baille : Une sorte de Georges Sand.

Helena Noguerra : Disons qu’elle s’est imposée par sa force, sa créativité, son caractère affirmé que l’on retrouve parfois dans des lettres dures, voire grossières.

Tristan Baille : Elle ne mâchait pas ses mots.

Helena Noguerra : Oui elle n’aimait pas les surréalistes par exemple.

Tristan Baille : D’autres projets de lectures ?

Helena Noguerra : Frida est en Avignon, à la Scala Provence tous les jours sauf les lundis à 15 h 30.

Tristan Baille : Un livre que vous recommandez ?

Helena Noguerra : Je lis « les règles du Mikado. D’Erri de Luca. C’est simple à lire. C’est beau. Il y a une petite philosophie avec les règles du jeu. Les gestes. La concentration. Tirer son épingle du jeu.

Tristan Baille : Merci beaucoup. Dans tango tango, j’ai apprécié la nostalgie qui émanait de votre personnage et cette lecture des correspondances de Frida Kahlo est un beau moment.

Helena Noguerra : Merci à vous.

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...