Interview d’Eva Rami. « Va aimer » à la Pépinière Théâtre.

Tristan Baille : Eva Rami, bonjour ! J’ai eu la chance de vous découvrir à la Pépinière Théâtre. Pour « VA AIMER ! ». Ça commence fort avec une lampe torche qui explore…

Eva Rami : Le vagin ! Disons le clairement ! J’ai eu cette idée puis Luc Khiari, qui gère les lumières, m’a suggéré de le mettre au début du spectacle. 

Tristan Baille : Ça réveille !

Eva Rami : Ça montre surtout que je ne suis pas seule dans ce seule en scène. Pas vraiment.

Tristan Baille : Le 2eme chose incroyable, c’est cette énergie. Vous venez d’une autre planète ?

Eva Rami : J’ai fait du tennis en compétition jusqu’à mes 14 ans. Et du coup j’ai en moi cette discipline. J’en ai besoin pour me lâcher. Tous les jours, je fais du cardio, de la gym, du yoga…et avant de rentrer sur scène, j’ai deux heures de préparation. Ça maintient, c’est certain !

Tristan Baille : La diction est la 3eme chose bluffante. 

Eva Rami : J’ai fait 9 ans d’études théâtrales dans des écoles supérieures d’art dramatique. En commençant au Conservatoire de Nice. 

Tristan Baille : Ouf !

Eva Rami : De toute manière, il faut toujours travailler. Je fais 20 minutes de voix avant de rentrer sur scène. 

Tristan Baille : D’où vient une telle exigence ?

Eva Rami : C’est un long chemin. Je viens d’une famille d’ouvriers. Personne ne faisait vraiment ce métier là…c’était un rêve. Je pense toutefois que c’est Elie Kakou qui a allumé la flamme. Ma mère me filmait quand j’avais 5 ans, et il y avait ce désir et ce plaisir de l’imitation depuis toute petite. Je voulais faire rire. Changer de corps et de voix. Mais habitant dans l’arrière pays niçois, il n’y avait pas de théâtre. J’ai  attendu le déménagement dans le centre ville de Nice. Or il y avait quand même le Bac. J’ai fait du café théâtre. J’y croyais sans y croire. Puis des cours d’art dramatique. L’ESAD. Le Conservatoire. En réalité ça fait 15 ans que je travaille. Sans relâche. C’est toute ma vie.

Tristan Baille : L’idée de ce one woman show…c’est…

Eva Rami : J’ai écrit le texte pendant le confinement. Au départ, ça se rapprochait du conte. C’était plus onirique. Il y avait toujours le personnage principal d’Elsa. Comme dans les 2 premiers volets. Avec un oiseau. Un hôpital. C’était un peu apocalyptique. On le vivait un peu, d’ailleurs. Puis ça a évolué. Mais sinon, oui, c’est un spectacle post Metoo, en plus d’être comme mes précédents spectacles sur la transmission, libération, l’émancipation, que des trucs en  »sion »…

Sur le courage de dire. De donner de la force. Tant de femmes ont contribué à m’en donner. À être dans une démarche sincère. À être dans cette transmission qui m’obsède. 

Tristan Baille : À part l’anagramme, pourquoi ce titre : « VA AIMER » ?

Eva Rami : C’est mon père qui a eu l’idée. Mais les gens font des liens, des interprétations qui leur appartiennent. Le 1er spectacle s’appelait « VOLE ! ». Le 2eme « T’ES TOI !». Je pense que grandir, c’est violent. On a le corps qui change. On sort d’une naïveté. D’une innocence. Je pensais au départ que j’allais parler d’amour. « VA AIMER !» reste cependant une injonction à faire la paix avec soi. il est aussi question d’estime de soi. Si on ne s’aime pas, que l’on ne se respecte pas, on ne peut pas aimer. 

Tristan Baille : Ce n’était pas complexe de proposer tant de personnages ? Tant de changements d’attitudes ? 

Eva Rami : Je pars du texte. J’ai fait du masque et du clown. J’ai besoin d’avoir mon cadre. Et à l’intérieur d’un texte très écrit, je travaille l’ensemble comme une chorégraphie. Audrey Vallarino m’a beaucoup aidé. Elle appelle ça « l’esthétique du mouvement ». Je dessine des choses, intuitivement, et Audrey peaufine. Ça existait déjà dans « T’ES TOI ! » 

Et puis la voix me transforme. Influence ma position.

Tristan Baille : Quelle voix d’ailleurs ! 

Eva Rami : Merci. À la base, il y avait beaucoup plus de chansons, et cela se dirigeait vers un spectacle musical. 

Il faudrait que je les garde pour un album. 

Tristan Baille : Vous envisagez de chanter ?

Eva Rami : J’ai toujours chanté. J’ai fait du piano très tôt. Mon père faisait de la trompette. Les écoles m’ont permis de développer des techniques de chant. Mais même si au début c’était un spectacle musical, je devais aussi servir un propos. Donc je devais placer les chants à des endroits stratégiques. 

Tristan Baille : « VA AIMER ! » s’inscrit dans la lignée du « consentement » avec Ludivine Sagnier et « Prima Facie » avec Élodie Navarre. Oser dire. 

Eva Rami : Je crois que je suis là pour ça. Décortiquer l’âme humaine et aider les autres à se sentir un peu moins seuls. Ce métier permet en quelque sorte de prendre les gens par la main, de transcender le meilleur de nous mêmes, surtout le pire, en suggérant, en trouvant la bonne façon de mettre en scène une idée avec du rire et de la poésie. 

Tristan Baille : En dehors de la pépinière, que fait une telle graine de talent ?

Eva Rami : Il y a la tournée de « VA AIMER ! », bien entendu…j’ai tourné cet été dans un moyen métrage et une série. 2eme saison d’Aspergirl sur OCS. Un autre tournage en novembre. « Le remplaçant » sur TF1. Un peu de cinéma bientôt. L’audiovisuel se développe. Avec plein de gens. Car un collectif c’est vital pour moi. D’autres projets. Des chansons. Réaliser un film. Et mon livre sur les trois pièces en vente actuellement dans les librairies. 

Tristan Baille : Eva Rami, c’était un plaisir !

Eva Rami : Merci à vous ! 

Photographe : Gaelle Simon

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

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Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

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C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

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Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

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Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

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À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

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Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...