Interview de Maud Baecker, « Dans les yeux de Monet » au théâtre de la Madeleine

Tristan Baille : Maud Baecker, bonjour, merci de me recevoir ici, dans la loge Sacha Guitry, au Théâtre de La Madeleine, où j’ai pu assister à « Dans les yeux de Monet ».
D’où vient cette passion pour le théâtre ?

Maud Baecker : Depuis toute petite, j’ai toujours adoré le théâtre, j’avais le goût des textes, le goût de réciter de la poésie, je connaissais des fables de La Fontaine par cœur alors que je ne savais ni lire ni écrire !
Après c’est un parcours classique. Du théâtre pour enfants. Et j’ai eu la chance de pouvoir jouer dans des pièces de théâtre.

Tristan Baille : Du théâtre. Des séries. Du cinéma. Vous êtes toujours en quête de nouveaux défis.

Maud Baecker : C’est une chance de pouvoir passer de l’un à l’autre. D’avoir fait beaucoup de tournages ces derniers temps. Mais je voulais absolument revenir au théâtre. Et là c’est une pièce magnifique avec de formidables partenaires et un sacré metteur en scène. Au théâtre de La Madeleine. Je ne pouvais pas rêver mieux comme retour.

Tristan Baille : Je sais que c’est très différent, mais avez vous une préférence ?

Maud Baecker : Le théâtre. C’est là d’où je viens. C’est là que tout a commencé. J’ai l’impression de revenir à quelque chose d’essentiel, de viscéral. J’aime beaucoup recréer ce rituel de se retrouver tous les jours, les partenaires de ce spectacle, ce jeu.

Tristan Baille : Ce personnage « rêvé » est il difficile à interpréter ?

Maud Baecker : Quand le metteur en scène Tristan Petitgirard m’a envoyé cette superbe pièce de Cyril Gely, je me suis tout de suite vue dans ce personnage, ce rôle. On lit et on imagine en même temps, on le rêve en même temps, et après c’est le travail des répétitions, je suis dirigée par le metteur en scène, donc est ce difficile ? Non, c’est un plaisir de s’attaquer à des émotions comme ça, on aime les nouveaux défis.

Tristan Baille : Est ce que vous avez dû faire des recherches dans la vie de Monet pour vous en inspirer ?

Maud Baecker : Et comment ! Nous sommes allés à Giverny tous ensemble, visiter la maison de Monet. Pour se plonger dans ses tableaux et sa vie. Mais ce spectacle n’est pas un cours d’histoire sur la vie de Monet. C’est certes une période de vie mais ça parle de l’être humain, de la création, de la recherche, de l’amour, du rêve. De garder l’espoir, de comment garder l’inspiration. Chaque sujet permet d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses.

Tristan Baille : Ce doit être jubilatoire d’incarner un personnage à la fois casse pied et muse.

Maud Baecker : C’est écrit ainsi. Au début, elle l’insupporte, et petit à petit ils s’apprivoisent et cela devient une relation d’amour, d’admiration, d’inspiration. Et c’est très beau de voir leur évolution, de celle de Claude Monet, ce personnage incarné par Clovis qui est ce peintre pendant plus d’une heure, avec toutes ces émotions, depuis cette période où il n’est pas très bien, perdu, et qui pourtant, étape par étape, va progresser, jusqu’à ce que les choses autour de lui soient perçues différemment, et qu’il retrouve l’envie de vivre, l’envie de créer.

Tristan Baille : Votre personnage est étonnant. Il y a…cette légèreté au départ et finalement elle lui permet de ranimer l’inspiration.

Maud Baecker : Oui elle lui redonne le goût et l’envie. Il y a ce personnage de Camille et celui du marchand d’art, un personnage qui a vraiment existé, interprété par Éric Prat. On voit à quel point il a porté les impressionnistes. Il a aidé et stimulé Claude Monet. Il lui trouve cet atelier. Pour qu’il peigne pendant deux ans. En lui répétant « Il faut peindre. Remettez vous à la peinture. C’est important ».

Tristan Baille : Je sais que le côté immersif est très à la mode. Dans cette pièce, c’est un véritable atout.

Maud Baecker : Ça permet un vrai temps de jeu. C’est vrai. On est dedans. On vit vraiment les choses comme les enfants peuvent jouer.

Tristan Baille : Combien de temps de préparation pour cette pièce ?

Mais Baecker : C’est un travail régulier mais…Disons environ un mois et demi avant l’été puis avec des répétitions qui, avec un tel sujet, sont passionnantes, car on discute les uns avec les autres, on construit ensemble. C’était un bonheur de voir la cathédrale pour se plonger dans toute cette ambiance merveilleuse.

Tristan Baille : Maud Baecker, merci de m’avoir reçu. Bravo pour cette pièce !

Maud Baecker : Merci à vous.

crédits photo : Matthieu Dortomb

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