Interview de Gilles de Maistre, réalisateur du « dernier jaguar »

Tristan Baille : Bonjour Gilles de Maistre. Merci pour cette rencontre. Vous avez réalisé le film à succès « le dernier jaguar ». Je connaissais « Mia et le lion blanc » et vous êtes revenu à une amitié entre une petite fille et un félin. Ce lien entre l’innocence d’un enfant et notre environnement semble une vraie thématique à explorer pour vous.

Gilles de Maistre : Ça commence par le fait que j’en ai 6 des enfants (rires) ! On leur raconte des histoires avec ma femme qui a écrit le scénario donc quoi de mieux que de prendre des personnages qui leur ressemblent pour animer ces aventures. Après, les enfants permettent de faire passer beaucoup de choses humaines. Et d’une manière beaucoup plus ludique.

Tristan Baille : Est ce que travailler avec un enfant est différent ? Et est ce que vous agissez comme si c’était une actrice à part entière, malgré sa jeune expérience ?

Gilles de Maistre : Sur le plateau comme n’importe quelle actrice. Mais c’est vrai que ce que je leur demande dans des films c’est de construire un personnage, or c’est tout un travail. Surtout qu’on demande de jouer avec un prédateur. Mia c’était un lion. Hope est un jaguar. Ce n’était pas évident de créer une interaction. De contrôler quelque peu l’animal, l’apprivoiser à la caméra, l’habituer, le mettre en confiance. Suivre l’actrice. Jouer avec elle. Et ça reste un animal sauvage.

Tristan Baille : Je sais que vous êtes très soucieux du bien être des animaux. J’imagine que les protocoles étaient drastiques, complexes, pour protéger le jaguar ?

Gilles de Maistre. Effectivement. Il n’a pas été enlevé dans la nature. Mais dans un lieu où il avait été recueilli, protégé. Puis il fallait le réhabiliter dans un refuge. Pour qu’il ne soit pas victime d’exploitation. Après sur le plateau, c’était toute une organisation. Des barrières. Des grillages. De quoi éloigner les curieux et faire en sorte que le jaguar ne parte pas en vadrouille. Les mesures de sécurité étaient très importantes. J’étais entouré d’une belle équipe où chacun apporte son expertise. Mais sur un film comme celui ci je passe au second plan car notre star c’est l’animal. Quand il ne voulait pas tourner, jouer ou dormir et bien on attendait. Il avait son rythme de vie.

Tristan Baille : Traffic des animaux, déforestation de l’Amazonie. Vous avez un cinéma qui alerte. Qui dénonce. Et finalement les enfants ne sont ils pas le meilleur moyen de faire passer des messages ?

Gilles de Maistre : C’est très important pour moi. C’est par les enfants que les messages peuvent passer. Il ne peut pas y avoir de changement brutal. Pour évoluer, il faut tout un travail d’éveil. L’enseignante est d’ailleurs essentielle car elle symbolise le savoir qui accompagne la petite fille. Elle doit repousser ses limites. Et l’essentiel réside alors dans les explications qu’elle donne, transmet. Dans l’éducation.

Tristan Baille : Le contraste entre New York et la jungle est saisissant. Comment est née cette idée ?

Gilles de Maistre : C’est un projet global. L’idée du jaguar et de l’enfant qui veut sauver l’animal. Ça rappelle Le livre de la jungle. Le monde sauvage n’a pas été oublié.

Tristan Baille : Ce film est étonnant car il est entre la fiction et le réel. Je sais que vous avez fait beaucoup de documentaires.

Gilles de Maistre : C’est vrai. C’est une vraie aventure. La beauté du monde est si fragile. Le monde merveilleux de la nature. Des animaux. Le monde d’aujourd’hui est mangé par la technologie. Les guerres. Une vision pessimiste. Mais dans le film Autumn veut se battre pour son idéal, trouver une solution, sauver le jaguar, et pour ça, il faut agir. Agir pour préserver notre planète et ses différentes cultures.

Tristan Baille : Merci Gilles de Maistre.

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.