Interview de Franck Buirod

Tristan Baille : Franck Buirod, bonjour. Je suis ravi de te rencontrer.

Franck Buirod : Plaisir partagé.

Tristan Baille : J’ai vu ton nom apparaître en faisant des recherches sur les futures pièces comiques. La comédie est le genre qui te correspond ?

Franck Buirod : Pas complètement.  Dans certaines pièces, j’aime quand il y a une certaine réflexion. Par exemple, dans « Marinella », bientôt au théâtre de la Madeleine, c’est le rapport à l’argent qui m’intéresse. Alors évidemment j’essaie d’apporter ça de manière très drôle et, pour le coup, je me suis essayé à la comédie de boulevard.

Tristan Baille : L’humour comme arme de plaisir massif.

Franck Buirod : Je t’ai rencontré il y a 5 minutes et on a déjà dit des trucs qui nous ont fait rire. C’est la clé.

Tristan Baille : Alors « Marinella », mesdames et messieurs, n’est pas un prénom mais une société qui vend…des sardines ! D’où vient cette idée saugrenue qui j’espère ne finira pas en queue de poisson ?

Franck Buirod : Joli ! Mon ex petite amie m’avait présenté une de ses amies qui se disait très « artiste peintre », très puriste, elle en devenait caricaturale. Et un soir, chez elle, je me rends compte qu’elle peint des sardines.
Donc je lui demande « pourquoi cette peinture avec des sardines ? ». Et elle me répond qu’il y a un concours avec 300 euros à se faire pour ça. Ça enregistre toujours ?

Tristan Baille : (Rires) Oui !

Franck Buirod : Je lui dis « comment…toi la puriste tu fais une peinture avec des sardines pour 300 euros ? ». Ça m’a fait rire. Cette anecdote remonte à 7-8 ans. Et puis j’ai appris que Victoria Abril recherchait une pièce.

Tristan Baille : Incroyable ! Merci à l’ex petite amie ! Nous la remercions !

Franck Buirod : Bon j’avoue, j’avais l’idée mais pas la pièce. J’ai bossé ! Claudia, le personnage principal est entretenue par son mari…

Tristan Baille : C’est une thématique importante pour toi ? Hier soir, j’ai vu l’excellente Zoé Adjani dans « les caprices des Marianne », et au 19eme siècle, déjà, Marianne dit « ne plaigniez vous pas le sort des femmes ? »

Franck Buirod : C’était juste une idée. En réalité, elle a du talent cette Claudia, mais comme tant d’artistes, elle n’arrive pas à en vivre. C’est touchant. Et c’est aussi du vécu ! C’est touchant de voir son mari remplir le frigo car il croit en sa femme. Et puis un jour il y a cette offre énorme, elle ne peut pas refuser ça ! C’est du Faust. C’est vendre son âme au diable. Parce que forcément, c’est beaucoup d’argent. Mais il faut peindre des sardines.

Tristan Baille : En vivre ou survivre, telle est la question…

Franck Buirod : Et oui. Le personnage interprété par Victoria Abril a tendance à refuser au départ mais elle est rattrapée par la vie, par l’Urssaf, par les impôts.

Tristan Baille : 5 personnages en tout donc…mais l’aident ils ? Ou ils l’enfoncent ?

Franck Buirod : Sa sœur a un rôle prépondérant. Elle veut un Suv. Elle veut aller à la plage l’été. Au ski l’hiver.

Tristan Baille : Elle veut profiter de la sardine !

Franck Buirod : Elle est arrivée à cet âge où on ne peut pas toujours se contenter de la passion, de l’amour de l’art. Ce n’est plus possible pour elle. Elle estime qu’il faut se bouger le c…le mari permet de subvenir aux besoins mais elle trouve lamentable que sa sœur ne soit pas indépendante financièrement à son âge.

Tristan Baille : Tu essaies de dire au public « la sécurité c’est bien mais ne vous oubliez pas » ?

Franck Buirod : Tu sais, une chanteuse de la Star Ac chantait dans son garage et là elle vit un rêve. Elle est dans la lumière. Alors oui ça peut redescendre. Mais elle est joyeuse. Épanouie. Tellement heureuse. Quand on a une chance d’avoir une passion, il faut la vivre à fond. C’est une quête parfois utopique mais c’est une chance, ça vaut la peine ! J’ai même la photo de la fameuse sardine qui a gagné le concours. Tu veux la voir ?

Tristan Baille (rires) : Mais sérieusement…l’appât du gain dénature t il l’artiste ?

Franck Buirod : Non. Ce qui m’a amusé, c’est le conflit qu’elle vit. Avec cette sœur et son Suv…souviens toi…le confinement nous a ramené à passer du bon temps simplement, entre proches. À vivre moins superficiellement.

Tristan Baille : Tu as écrit un roman. « Mine de rien ». Tu aimes la proximité. Le contact.

Franck Buirod : Mes parents tenaient un bistrot. Tout le monde venait. Je baignais dans ce mélange. Ou des RH prenaient l’apéro avec des plombiers, des ouvriers. Guillaume Depardieu venait. Les clients philosophaient sur la vie.

Tristan Baille : Un plaisir de l’échange que l’on retrouve dans le festival de courts métrages de Bougival. Que tu as créé.

Franck Buirod : C’est mon chez moi, c’est un vrai divertissement.

Tristan Baille : Mise en scène de Julien Alluguette. Est ce difficile d’être auteur et de voir un metteur en scène avec sa vision forcément différente par moments ?

Franck Buirod : C’est interessant. Julien est à l’écoute. J’ai donné des indications mais il faut savoir lâcher prise. Être capable de déléguer. Il a déjà prouvé beaucoup de choses. Il est dans des séries. Il aime le théâtre.

Tristan Baille : Tu es au théâtre Galabru aussi !

Franck Buirod : Ça s’appelle « Et si c’était elle ? ». C’est une histoire que j’ai vécu avec une fille handicapée. Ce garçon est le cliché du gros dragueur. La fille ne lui a pas dit qu’elle est sur un fauteuil car sinon les garçons ne viennent pas. Et lui il est bête et croit que c’est une ex qui veut se venger. Un traquenard. Il va jusqu’à lui demander de se lever ! Puis il comprend que c’est une réalité. Sauf que…elle a du talent. Elle chante. Danse. Avec le fauteuil ! Il tombe amoureux. Et la morale de l’histoire c’est que finalement c’est lui l’handicapé ! Elle, elle est pleine de vie, d’ambition, de projets…elle pétille ! Cette fille, rencontrée à 16 ans, elle me fascinait. Elle avait beaucoup d’auto dérision. Et quand elle a joué un morceau de piano chez elle, j’ai oublié son handicap. Avec le monde moderne et les applications, on ne connaît pas la personne. On juge sur des photos.

Tristan Baille : Merci beaucoup. C’était un bonheur.

Franck Buirod : Merci pour ton intérêt !

Marinella. À partir du 8 février au théâtre de la Madeleine.
Mise en scène de Julien Alluguette. Avec Victoria Abril. Didier Brice. Christophe Canard. Nathalie Cerda. Philippe Touzel. Lois Vial.

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...