Interview Anne Roumanoff

Tristan Baille : Bonjour ! Votre spectacle s’intitule « l’expérience de la vie ». Que voulez vous dire exactement ? 

Anne Roumanoff : Bonjour ! Je trouve que l’existence est passionnante justement grâce à toutes les expériences qu’on peut faire, certaines agréables, d’autres beaucoup moins, forcément. On est sur terre pour apprendre, c’est ce qu’on appelle « L’expérience de la vie ».  Dans ce spectacle, je parle beaucoup de la société actuelle. Il y a des personnages qui ont chacun un point de vue différent sur la vie selon leur expérience, justement. Il y en une femme qui lit tous les livres de développement personnel et qui expérimente toutes les méthodes. Une bouchère qui a une fille woke et un mari pas déconstruit, une coach en développement de couple qui donne des conseils au public. Je parle également des réseaux sociaux, des relation amoureuses, des caisses automatiques du supermarché, de la déshumanisation de la société…

Tristan Baille : Vous parlez souvent de couple. De divorce. De solitude. D’addiction au téléphone. Toujours des thèmes graves abordés avec légèreté. Comment faites vous concrètement pour transformer ces vraies galères en rire ?

Anne Roumanoff : Je pars toujours de quelque chose qui m’énerve. On ne fait pas rire avec le bonheur. Ils vécurent heureux et ils eurent des enfants…ça ne fait rire personne. C’est la première chose. Après, quand je creuse un thème, sur des choses qui m’énervent par exemple, j’essaie d’être dans le constat, pas dans le jugement. Le but, c’est de me mettre à la place des gens, d’essayer de les comprendre de l’intérieur.  

Ce qui est dur, ce n’est pas de trouver un thème, mais un angle. Parfois il y a des thèmes que j’aimerais aborder mais si je ne trouve pas l’angle qui va rendre ça drôle, je laisse tomber. 

Je teste beaucoup mes spectacles dans des petites salles. Malgré l’expérience, quand je fais un nouveau sketch, je ne sais toujours pas où vont être les rires. C’est toujours en  présentant un texte devant le public la première fois qu’on découvre si ça marche ou pas. Ensuite, je retravaille beaucoup mes textes. J’enregistre le spectacle, je réécoute à froid, je coupe, je taille, je teste, c’est très précis comme travail. Ça fait deux ans que je joue ce spectacle et je suis toujours en train de peaufiner les choses. Il y a trois mois, j’ai changé l’ordre des sketchs. Voilà. Je change aussi des détails dans le texte. J’inverse. Je teste, j’invente. C’est aussi ça, le « spectacle vivant », chaque spectacle est différent. 

Tristan Baille : Oui. J’étais à côté de personnes qui ont vu le spectacle dans deux salles différentes, et qui affirmaient que « c’était différent ».

Anne Roumanoff : J’ai des amis qui ont vu le spectacle à un an d’intervalle et qui m’ont carrément dit « ce n’est pas le même spectacle ! ». C’est vrai que je change beaucoup de trucs ! Dans le jeu, dans la manière d’interpréter. C’est ça qui me passionne dans ce métier. C’est comme un peintre qui va essayer en permanence d’améliorer un tableau et c’est ce qui fait que j’ai toujours du plaisir à être sur scène. Je polis. Je cherche. Je me cale sur les réactions du public. S’il y a un passage qui fait moins rire, je ne le garde pas.

Tristan Baille : J’ai trouvé ce spectacle plus personnel. Plus intime. C’est volontaire ?

Anne Roumanoff :  Sûrement, le public est sensible à la sincérité du propos. J’alterne les sketchs et le stand up. J’adore m’adresser directement au public même quand j’incarne un personnage. Dans le stand up, je fais apparaitre plusieurs personnages même quelques secondes. Le sketch qui m’éclate le plus en ce moment, c’est celui de la bouchère parce que par ce biais, j’arrive à traiter plein de problématiques. Je parle des sans gluten, sans laitage, sans gras, sans sucre. Maintenant tout le monde est allergique à quelque chose. 

Tristan Baille : C’est un spectacle assez critique. Les applis de rencontres. Les textos. Vous devez beaucoup observer les gens.



Anne Roumanoff : Depuis que je suis petite. À huit ans, au restaurant, j’écoutais déjà les conversations de la table d’à côté. Je posais beaucoup de questions et des inconnus me déballaient leur existence avec de nombreux détails. J’ai toujours été curieuse des gens et de la nature humaine. Ça me sert aussi pour mon métier bien sûr. L’époque m’intéresse. Les gens m’intéressent. Les changements de comportement. Le langage. La manière d’être. Tout me passionne.

Tristan Baille : Testez vous des sketchs sur des proches ?

Anne Roumanoff : Non, j’évite. J’ai un metteur en scène, Gil Galliot, on travaille beaucoup ensemble en amont mais je n’aime pas tester sur mes proches parce qu’ils sont soient trop complaisants, soient trop critiques. Je change des choses au fur et à mesure. L’écriture, la mise au point, c’est un travail progressif tout en nuances.

Tristan Baille : Ce qui est fascinant, c’est que le public est varié et toujours aussi nombreux. Des jeunes. Des moins jeunes. Toutes les classes sociales…

Anne Roumanoff : J’ai de plus en plus de femmes et de gays. Et des personnes âgées ! Et tant d’autres ! Je suis si contente quand des jeunes de 15-16 ans me disent qu’ils adorent aussi. Ça me fait plaisir. Mon premier spectacle était aux Blancs Manteaux. J’avais tellement peur que les gens s’en aillent que je n’avais pas touché une virgule. J’étais tétanisée. Maintenant, j’essaie ceci ou cela, ou je change la fin. Il y a une évolution et, j’espère, une amélioration !

Tristan Baille : Je vais revoir le spectacle aux Mathurins bientôt ! La scène, c’est votre moteur.

Anne Roumanoff : J’ai plus de plaisir qu’avant. J’ai moins peur. Comme un boulanger qui maitrise mieux sa baguette. Mais aller sur scène reste un enjeu. On n’y va jamais les mains dans les poches. C’est important. Quand je suis sur scène, il y a des choses qui me dépassent. Je peux, comme beaucoup de comédiens, avoir des soucis, être au bout de ma vie, être en colère contre un tel ou un tel, et une fois devant le public, dès que j’ai cette chance incroyable d’entendre les gens rire, je me sens aussitôt bien, comme à ma place. Il y a donc un truc qui se passe et qui m’échappe et c’est tant mieux.

Tristan Roumanoff : Le public est un bon professeur.

Anne Roumanoff : Un écho. Un allié. Quand on est seul sur scène, on est en lien avec le public, c’est notre partenaire. Une connexion se fait. Nous, les humouristes, si on n’est pas en forme, la réponse est une sanction immédiate, il y a moins de rires. 

Tristan Baille : Merci pour ce spectacle qui, justement, fait tant rire. A quoi sert le rire ?

Anne Roumanoff : Le rire aide à supporter la vie.

L’EXPÉRIENCE DE LA VIE

Le Parisien
Une plume alerte et un lâcher prise réjouissant.

Femme actuelle

Elle a le rythme, l’abattage, les trouvailles d’écriture. Tout semble couler de source, ce qui prouve bien sa maitrise.

Marie France

L’humoriste ne mâche pas ses mots, Anne Roumanoff n’épargne personne dans son nouveau spectacle.

France Inter
Après plus de 35 ans de carrière, Anne Roumanoff se classe toujours parmi les personnalités préférées des Français. Toujours à l’affût de l’actualité, elle trouve toujours dans la société une matière vive pour écrire de nouveaux spectacles.

Télé 7 jours

De retour sur scène, avec l’Expérience de la vie, l’humoriste se régale à pointer du doigt les excès de notre société.

20 minutes IDF

L’une des plus grandes humoristes et comédiennes françaises depuis 35 ans.

Nice Matin

L’humoriste prend toujours autant de plaisir à disséquer les maux de notre société sur scène.

Toute la culture

C’est le parcours de vie d’une femme expérimentée mais toujours surprise et amusée par les transformations de la société. Peu importe le personnage, le public se marre à tout bout de champ

Sortir à Paris

Avec une justesse remarquable, elle capte les nuances de nos vies contemporaines, tout en préservant un ton léger et jubilatoire.

La Provence

Anne Roumanoff explore non pas sans humour et sensibilité les phénomènes qui nous entourent.

Clique

“Anne Roumanoff fait partie de nos vies, elle rassemble toutes les générations”

AFP

“un regard affûté sur les transformations  de notre société”

Quotidien

“Un humour qui ne veut pas juger, un humour qui veut réunir”

Prima

“Coup de coeur,la reine de l’humour”

Le Figaro

“Caméléon, généreuse et fine”

Le Monde

Humain, joyeux et dédramatisant

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.