Interview Adrien Chabal

Tristan Baille : Bonjour Monsieur Chabal.

Adrien Chabal : Bonjour !

Tristan Baille : Y a-t-il un moment précis qui vous a fait comprendre que vous vouliez consacrer votre travail au monde des médias, de l’image, du cinéma ?

Adrien Chabal : C’est forcément une somme de petits moments, un peu à l’image de la vie. Je n’ai pas été frappé par une révélation soudaine. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été intéressé par les contenus, les offres culturelles, les gens qui les faisaient, l’évolution de l’information et les médias au sens large.

J’ai démarré dans le digital. Comme le disaient certains musiciens des années 60, « mon principal atout est d’être né au bon moment ». J’ai grandi à une période où les médias s’ouvraient au numérique. J’ai commencé aux Échos et au journal Le Monde à la fin des années 2000, à un moment où l’on se demandait comment évoluer dans ce nouvel eldorado appelé Internet.

Tristan Baille : Et il fallait faire des choix. Qu’est-ce qui suscitait le plus votre curiosité ?

Adrien Chabal : Je penchais davantage vers la culture et Télérama que vers la finance, donc le choix s’est fait assez naturellement. J’exerçais aussi quelques activités artistiques : j’ai été musicien, ce qui n’était pas étranger à mes centres d’intérêt.

Mes parents m’y ont beaucoup exposé également. Mon père m’emmenait au cinéma quand j’avais une dizaine d’années, avec des choix souvent très éclectiques, et ma mère m’a transmis une culture classique. D’ailleurs, pendant le Festival Lumière à Lyon, quelqu’un a demandé quels films nos parents nous emmenaient voir quand on était enfants. Les réponses étaient assez classiques.

Tristan Baille : Et vous, qu’avez-vous répondu ?

Adrien Chabal : J’ai répondu Easy Rider. Tout le monde a ri, et je n’avais pas réalisé à quel point cette réponse pouvait paraître iconoclaste.

Tristan Baille : Un atout, finalement.

Adrien Chabal : Oui. Je n’oublierai jamais ce moment. Peter Fonda, Dennis Hopper, la moto et cette musique incroyable… Longue vie au cinéma !

Tristan Baille : Le titre de l’interview, on l’a !

Adrien Chabal : Justement ! On a annoncé la mort du cinéma à chaque décennie. On l’a enterré avec l’arrivée du parlant, de la couleur, du magnétoscope, d’Internet, des plateformes, de l’IA… et pourtant, il est toujours là.

Tristan Baille : Allociné a transformé la façon dont les Français découvrent et choisissent leurs films. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Adrien Chabal : Je n’ai pas créé Allociné, qui existe depuis 32 ans. À l’origine, c’était une idée de service formidable : un serveur téléphonique donnant les horaires des séances. Progressivement, c’est devenu un média capable de s’adapter aux usages.

Internet à la fin des années 90, le digital, les applications mobiles, une parenthèse avec une chaîne de télévision dans les années 2000… et depuis plus de dix ans, nous allons chercher les nouvelles audiences sur les plateformes sociales : Instagram, TikTok, YouTube. C’est là que nous fédérons aujourd’hui le public, toujours avec cette mission de guide culturel : donner les clés pour choisir un film, une série, un divertissement.

Tristan Baille : En somme : que regarde-t-on ce soir ?

Adrien Chabal : Exactement. Une question éternelle, face à un océan de possibilités. Allociné agit comme une forme de conduite accompagnée. On prend la main du spectateur pour l’aider à choisir.

Tristan Baille : Le public jeune reste-t-il difficile à atteindre dans ce paysage saturé de plateformes ?

Adrien Chabal : Nous ne sommes pas les seuls concernés. Le rôle des producteurs et des distributeurs est d’attirer le public avec des propositions adaptées. En tant que média, nous allons là où se trouvent les audiences, sur l’ensemble des plateformes.

Nous avons la chance de porter un message positif : l’amour du cinéma. Nous avons lancé en septembre dernier un nouveau label, Ciné Classique. Ce n’est pas du tout poussiéreux, au contraire. Beaucoup de jeunes ont une culture classique impressionnante. J’ai rencontré récemment un adolescent de 14 ans qui me disait que Le Cercle des poètes disparus avait changé sa vie, et me demandait quoi regarder ensuite.

Ce label est une porte d’entrée pour guider ces nouveaux cinéphiles. Il s’appuie notamment sur une liste de films incontournables, non exhaustive, qui continuent de dialoguer avec le présent.

Tristan Baille : Easy Rider figure-t-il dans cette liste ?

Adrien Chabal : Mystère ! Avec la rédaction, nous avons constitué une liste de 2000 films, en croisant plusieurs critères : notes spectateurs, notes presse, fréquentation des fiches, classements de référence comme celui du New York Times, et bien sûr une part de subjectivité.

L’idée est de faire cohabiter le patrimoine, les grands auteurs, les classiques reconnus avec le temps, et les grandes comédies populaires. Les répliques cultes appartiennent au public. On connaît celles de Louis de Funès ou des Visiteurs, mais l’une des premières remonte à Drôle de drame de Marcel Carné, en 1937 : « Bizarre, j’ai dit bizarre ? ». Le public devient propriétaire de ces œuvres.

Tristan Baille : Comment expliquer la vocation d’Allociné à un enfant ?

Adrien Chabal : Un journaliste de la rédaction dit souvent qu’Allociné est un site de rencontres entre le public et les œuvres. Pour les plus jeunes, nous avons la rubrique Allociné Kids, avec des filtres adaptés, notamment sur la question de l’âge.

Chaque étape — 4, 6, 8, 10 ans — correspond à un éveil différent. Il ne faut pas voir certains films trop tôt, ni trop tard. La curiosité est essentielle, mais il faut aussi laisser le temps de comprendre les œuvres. Pixar réussit à parler à tous les âges, mais ce n’est pas le cas de tous les films.

Tristan Baille : J’ai vu un court métrage réalisé par une IA : c’était à la fois bluffant et inquiétant.

Adrien Chabal : L’accélération est impressionnante. Mais l’humain doit rester au centre. L’IA peut aider à vérifier des données ou à gagner du temps sur certaines tâches, mais ce n’est pas en appuyant sur un bouton qu’on remplacera Hollywood.

Les artistes doivent garder le contrôle de la création. Les spectateurs ne sont pas dupes.

Tristan Baille : Une anecdote ou un souvenir marquant pour conclure ?

Adrien Chabal : Nous organisons les Clubs Allociné, des avant-premières en présence des équipes de films. Recevoir Alain Chabat, Pierre Niney, Eva Green, c’est toujours un moment fort.

Nous avons aussi lancé le programme d’interviews Grand Écran, tourné au Grand Rex, avec Jean-Paul Rouve, Omar Sy, Mélanie Laurent. Cette année, nous nous sommes ouverts à l’international : Jodie Foster, Jeff Goldblum…

Nous avons offert à Jeff Goldblum un Labubu, et il a dit avec sa voix inimitable : « This is the best day of my life ». C’était magique.

Longue vie au cinéma !

Tristan Baille : Longue vie au cinéma !

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...

IBIZA FOOD STUDIO

IBIZA FOOD STUDIO

Pour rejoindre Taller Sa Penya, le restaurant d’Ibiza Food Studio, il faut s’aventurer dans le dédale des petites rues pavées de Sa Penya, l’ancien quartier des pêcheurs de la Marina, voisin de Dalt Vila. On grimpe, on tourne, on cherche notre chemin et surtout… on cherche une porte. Pas de grande enseigne lumineuse, pas de voiturier, aucune mise en scène spectaculaire annonçant l’une de ces adresses dont Ibiza a le secret.

Lydie & Taloki Wellness

Lydie & Taloki Wellness

Parisienne d’origine, sicilienne dans l’âme, ibizenca depuis plus de quinze ans, elle porte en elle quelque chose de rare : cette capacité à sentir, à percevoir, à comprendre ce que le corps dit sans un mot. Allongé sur sa table, on ne passe pas simplement un bon moment. On est pris en charge, vraiment. Écouté, par des mains qui savent.

Interview Ellie Kingdon / Mamma Mia! (Londres)

Interview Ellie Kingdon / Mamma Mia! (Londres)

Tristan Baille : You had already played Sophie Sheridan on the international tour before joining the West End production. How has your understanding of the character evolved since you first stepped into the role ?

Ellie Kingdon : My interpretation of the role has definitely evolved since March 2024. I think the more life lessons you learn, the more you’re able to understand Sophie’s complex journey as the years pass. Her desperate need to discover what’s important to her is such a gorgeous and generous journey to explore as an actress, and the more I play her, the more I learn from her personally too.

Wengen, prendre de la hauteur dans les Alpes suisses

Wengen, prendre de la hauteur dans les Alpes suisses

Il faut d’abord laisser sa voiture derrière soi, puis monter dans le train, regarder la vallée s’éloigner et accepter pour quelques jours, de changer de rythme. À Wengen, c’est presque une règle du jeu. Le village est sans voitures, accroché à la montagne au-dessus de Lauterbrunnen, et cette légère coupure avec le reste du monde fait beaucoup dans son charme.

Typology, quand la beauté revient à l’essentiel

Typology, quand la beauté revient à l’essentiel

Des lèvres Rouge Tomate aux soins qui accompagnent les premiers signes de l’âge, Typology poursuit sa vision d’une beauté plus simple, plus lisible et terriblement désirable. Voici une sélection de ses nouveautés et de ses essentiels, l’occasion de revenir sur cette marque parisienne qui a fait du minimalisme bien plus qu’une signature esthétique.