Entretien avec Maud Muller Vitu, fondatrice de What else Agency

Tristan Baille : Comment est née What Else Agency ? Quelle idée, quel besoin ou quel constat vous ont poussée à la créer ?

Maud Muller Vitu : J’ai toujours eu un naturel pour l’organisation, la gestion humaine et la création d’opportunités. Après des années à collaborer avec des compagnies comme le Lido, j’ai compris à quel point la scène et la mode partagent une même exigence : celle de transformer une énergie en image. What Else Agency, un nom comme une évidence, soigneusement choisi ! L’agence est née en 2015 de ce constat, celui d’un besoin d’accompagnement plus humain, plus intuitif. J’avais envie d’une agence qui ne soit pas seulement un carnet de visages, mais un lieu où chaque talent puisse se sentir écouté, sécurisé et valorisé.

Tristan Baille : En quoi votre agence se distingue t elle des agences traditionnelles de mannequins ?

Maud Muller Vitu : Je crois que tout commence par la confiance. Nos modèles arrivent sur un shooting apaisés, parce qu’ils savent que tout est géré : le timing, la communication, la logistique. Nous plaçons la qualité humaine au même niveau que la performance professionnelle. Ce souci du détail, hérité de mon expérience de danseuse au Lido et de metteuse en scène, fait toute la différence. Nous travaillons avec des marques de mode, mais aussi beaucoup avec des groupes de coiffure, des créatifs, des artistes… Il y a toujours cette idée d’ensemble, presque chorégraphique.

Tristan Baille : Les standards de beauté évoluent. Comment What Else s’inscrit elle dans cette transformation ?

Maud Muller Vitu : La beauté n’a plus un seul visage. Elle est multiple, culturelle, parfois inattendue. Ce mélange de profils, de parcours et d’influences nous inspire profondément. Notre rôle, c’est d’identifier les visages qui racontent quelque chose de nouveau, des visages dans lesquels toute la population peut se reconnaître. Les réseaux sociaux ont amplifié ce mouvement : ils donnent une voix à des beautés singulières. À nous de les accompagner avec bienveillance, de les mettre à l’aise, et de leur apprendre à exister dans un univers très exposé.

Tristan Baille : Comment accompagnez vous vos modèles face à la pression des réseaux sociaux et aux diktats numériques ?

Maud Muller Vitu : Les réseaux peuvent être un tremplin… ou une source d’angoisse. Nous aidons les mannequins à redéfinir leur image, à se réapproprier leur présence en ligne avec légèreté et subtilité. Il ne s’agit pas d’effacer les codes, mais de les remodeler. Chaque profil doit trouver sa manière d’exister : certains à travers une esthétique épurée, d’autres dans une énergie plus spontanée. L’important, c’est de ne jamais perdre le plaisir.

Mannequins : Melinda, April, Anastasia

Tristan Baille : Qu’attendez vous d’un mannequin aujourd’hui, au delà du physique ?

Maud Muller Vitu : La puissance de travail. Un bon mannequin, c’est avant tout une attitude. Quelqu’un qui comprend la dimension collective d’un shooting, la reconnaissance que cela implique. Dans un showroom, sur un podium ou face à l’objectif, il s’agit de transmettre quelque chose de positif. Le charisme naît souvent de la conscience du moment. 

Tristan Baille : Quel rôle jouent l’écoute, la bienveillance et même la psychologie dans votre métier ?

Maud Muller Vitu : C’est essentiel. Je ne suis pas qu’une directrice derrière un ordinateur. J’aime être présente, comprendre les besoins de chacun, anticiper les doutes, écouter les histoires. Il faut savoir repérer les fragilités, soutenir sans infantiliser. C’est un métier profondément humain.

Tristan Baille : Les marques recherchent aujourd’hui des personnalités, parfois plus que des silhouettes. Cela change t il votre manière de travailler ?

Maud Muller Vitu : Oui, complètement. Avant, tout passait par le book. Aujourd’hui, Instagram est presque une extension du casting. Les personnalités s’affirment à travers leurs centres d’intérêt, leur ton, leur humour, leur engagement. Cela demande une autre forme de lecture, plus subtile, mais aussi plus passionnante.

Tristan Baille : Entre Paris, Londres et New York, sentez vous une différence culturelle dans la façon dont on valorise les mannequins ?

Maud Muller Vitu : Oui, et même juridique. Les contrats, les droits à l’image, la facturation diffèrent selon les pays. En France, les modèles sont plus protégés qu’ailleurs, ce qui est une vraie force. Mais au delà de l’administratif, il existe surtout une différence de regard : à New York, on valorise l’énergie, à Londres la créativité, à Paris l’allure. C’est fascinant de naviguer entre ces cultures.

Tristan Baille : Quels conseils donneriez vous à une jeune femme qui rêve de créer son agence ou de diriger un projet dans la mode ?

Maud Muller Vitu : D’avoir une forte envie. Il faut être prête à affronter les péripéties, à s’adapter, à se remettre en question. La mode est un domaine en mouvement permanent : c’est ce qui la rend exigeante et magique à la fois. Il faut oser concrétiser ses rêves, même quand le chemin semble flou. L’élan, c’est ça qui compte.

Tristan Baille : Et enfin, si vous deviez résumer votre vision de la mode en une phrase ?

Maud Muller Vitu : La mode oscille entre deux mondes : celui du beau et celui qui ose bouleverser les codes. C’est dans cet entre deux que je veux que What Else continue d’exister.

Propos recueillis par Tristan Baille

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.