Chicago, la géniale insolence du jazz

Il y a des spectacles qui divertissent, et d’autres qui électrisent. Chicago, au Casino de Paris, appartient à cette seconde catégorie : la catégorie des œuvres qui ne se contentent pas d’éblouir, mais qui embarquent, secouent, et laissent un parfum de scandale chic dans l’air.

Même avant que les lumières ne s’éteignent, on devine que la soirée sera différente. L’équipe d’accueil, impeccablement orchestrée, glisse les spectateurs dans la salle avec une fluidité presque chorégraphique. On se sent attendu, considéré, prêt à vivre quelque chose d’important.

Lorsque Shy’m apparaît en Velma Kelly, la scène semble immédiatement rétrécir : tout converge vers elle. Sa présence est à la fois carnassière et aérienne, comme si elle pouvait briser le silence d’un simple claquement de doigts. Elle sculpte chaque geste avec l’assurance de celles qui savent que le public n’a d’yeux que pour elles.

Face à elle, Vanessa Cailhol compose une Roxie Hart mi ange mi arme de séduction massive. Sa comédie est ciselée, ses ruptures de ton millimétrées, son humour presque insolent. Elle passe d’une fragilité touchante à une ambition dévorante en l’espace d’un battement de cil. Entre Roxie et Velma, ce n’est plus un duo : c’est un duel brillant, nerveux, jouissif.

Autour d’elles, Jacques Preiss, dans le rôle de Billy Flynn, n’a pas besoin de lever la voix pour imposer son pouvoir. Son sourire est une plaidoirie, son costume un verdict. Il hypnotise, manipule, caresse les failles des autres personnages avec un charme si parfaitement huilé qu’on se surprend à lui pardonner l’impardonnable.

En Mama Morton, Waku Malanda apporte une noblesse et un sens de l’autorité qui ferait rougir un directeur de prison. Sa voix roule comme un tambour grave, et chaque entrée en scène ouvre un nouveau chapitre.

Pierre Samuel, lui, imprime à Amos Hart une humanité renversante. Sa discrétion n’est pas un effacement, mais un acte artistique. Il habite « Mr. Cellophane » avec une sincérité bouleversante, et tout le Casino de Paris semble soudain suspendu à sa solitude.

La troupe de danseurs et danseuses, superbement dirigée, forme une mécanique vivante. Dans « Cell Block Tango », ils font vibrer le plateau d’une tension presque animale. Dans « All That Jazz », ils n’interprètent pas une chorégraphie : ils la dévorent. Le style Fosse, reconnaissable à ses angles cassants, ses déhanchés félins et son humour gestuel, se transmet ici avec une précision brûlante.

L’orchestre, installé sur scène, ne se contente pas d’accompagner : il règne. Le chef donne le tempo comme on ouvre la route d’un film noir, les cuivres crépitent, les percussions sculptent le rythme, le jazz s’y fait tantôt velours, tantôt éclair métallique. C’est le cœur du spectacle, battant, exigeant, indomptable.

Les costumes, noirs comme une confidence dangereuse ou étincelants comme un scandale annoncé, aiguisent chaque silhouette. Un éclat d’épaule devient une arme, une jarretelle un piège, un smoking un manifeste.

Les lumières, elles, sculptent la scène comme un peintre travaille la matière : un halo suffit pour transformer Velma en mirage, Roxie en apparition, Billy en dieu des mensonges. Les rouges rappellent les bars clandestins, les blancs tranchants exposent les vérités qu’on aurait voulu taire.

Le décor, volontairement épuré, joue la carte de la métamorphose permanente. En quelques secondes, la scène devient cage, tribunal, cabaret, couloir de gloire ou de chute. Tout respire, tout se modifie au rythme des personnages.

Et puis il y a ceux qu’on voit peu : les régisseurs, les ingénieurs son, les éclairagistes, les habilleuses, les maquilleuses, chaque main qui ajuste, qui vérifie, qui déclenche au millimètre près. Dans Chicago, la précision n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Et ici, toute l’équipe technique la transforme en art.

À la sortie, les spectateurs redescendent les marches du Casino de Paris avec cette expression rare, un mélange de satisfaction et de sidération. On repense à Shy’m qui fend la scène comme une lame, à Vanessa Cailhol qui ensorcelle, à Jacques Preiss qui manipule le destin comme un dompteur de vérités, à Waku Malanda qui impose sa loi invisible, à Pierre Samuel qui brise le cœur sans lever la voix.

Chicago n’est pas seulement une comédie musicale : c’est une collision de talents, une fête du vice chic, un hommage au music hall et à la soif de lumière. Paris, en sortant de la salle, semble un peu plus brillant, et un peu plus dangereux.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...

IBIZA FOOD STUDIO

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Pour rejoindre Taller Sa Penya, le restaurant d’Ibiza Food Studio, il faut s’aventurer dans le dédale des petites rues pavées de Sa Penya, l’ancien quartier des pêcheurs de la Marina, voisin de Dalt Vila. On grimpe, on tourne, on cherche notre chemin et surtout… on cherche une porte. Pas de grande enseigne lumineuse, pas de voiturier, aucune mise en scène spectaculaire annonçant l’une de ces adresses dont Ibiza a le secret.

Lydie & Taloki Wellness

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Parisienne d’origine, sicilienne dans l’âme, ibizenca depuis plus de quinze ans, elle porte en elle quelque chose de rare : cette capacité à sentir, à percevoir, à comprendre ce que le corps dit sans un mot. Allongé sur sa table, on ne passe pas simplement un bon moment. On est pris en charge, vraiment. Écouté, par des mains qui savent.

Interview Ellie Kingdon / Mamma Mia! (Londres)

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Tristan Baille : You had already played Sophie Sheridan on the international tour before joining the West End production. How has your understanding of the character evolved since you first stepped into the role ?

Ellie Kingdon : My interpretation of the role has definitely evolved since March 2024. I think the more life lessons you learn, the more you’re able to understand Sophie’s complex journey as the years pass. Her desperate need to discover what’s important to her is such a gorgeous and generous journey to explore as an actress, and the more I play her, the more I learn from her personally too.