CÉLINE MONSARRAT

JÉRÉMY COQUEMENT : Bonjour et bienvenue dans cette seconde édition de « TU CONNAIS CETTE VOIX » pour Crush Magazine. Aujourd’hui, nous recevons une comédienne et une voix extrêmement familière : la voix française de Julia Roberts ! Mais aussi celle de Dory dans Le Monde de Nemo et de Melina Kanakaredes dans Les Experts : Manhattan. Côté publicité, c’est la voix de Lidl depuis de nombreuses années. Merci d’avoir accepté notre invitation, Céline Monsarrat ! À quel âge avez-vous commencé votre carrière de comédienne ?

CÉLINE MONSARRAT : Je suis arrivée à Paris à l’âge de 17 ans. Je me suis inscrite dans un cours d’art dramatique. Par la suite, je suis entrée dans le monde du doublage par le plus grand des hasards. Ce n’était pas spécialement une ambition. Aujourd’hui, l’envie de faire du doublage est plus présente parce qu’on en parle davantage, mais il y a 40 ans, c’était simplement une branche supplémentaire lorsqu’on était comédien, rien de plus.

JÉRÉMY COQUEMENT : Quelle a été la première actrice que vous avez doublée ?

CÉLINE MONSARRAT : La première série que j’ai doublée était La Petite Maison dans la Prairie, dans laquelle j’interprétais Mary Ingalls. J’ai remplacé la comédienne Sylviane Margollé, qui est partie vivre aux États-Unis. Par conséquent, j’ai également récupéré Drôles de Dames, car nos voix étaient très similaires.

JÉRÉMY COQUEMENT : En deux mots, comment s’est passée l’audition pour doubler Julia Roberts pour la première fois ?

CÉLINE MONSARRAT : J’étais dans une salle d’attente pour un entretien, dans un lieu où il y avait plusieurs studios. Un directeur de plateau est arrivé et m’a dit : « Comme tu ne fais rien, viens faire un essai, on cherche une voix féminine. » J’y suis allée et j’ai passé l’essai avec un extrait de Pretty Woman, où Julia Roberts est dans la chambre d’hôtel avec Richard Gere et lui dit que manger des fraises en buvant du champagne, c’est formidable. Ils m’ont rappelée quelques jours plus tard pour me dire que c’était moi qu’ils avaient choisie.

JÉRÉMY COQUEMENT : À ce moment-là, qu’avez-vous ressenti ?

CÉLINE MONSARRAT : Je n’ai pas vraiment réalisé, car à cette époque, Julia Roberts n’était pas encore très connue, contrairement à Richard Gere, qui avait déjà une grande notoriété.

JÉRÉMY COQUEMENT : Depuis, vous ne l’avez plus quittée ? Aucun autre film n’a été doublé par une autre comédienne française ?

CÉLINE MONSARRAT : Si, il y a 4 films que je n’ai pas doublés : Les Nuits avec mon ennemi et L’Affaire Pélican, mais je ne me souviens pas des deux autres.

JÉRÉMY COQUEMENT : Comment cela a-t-il été possible ?

CÉLINE MONSARRAT : J’étais en tournée à ces moments-là, et à l’époque, ce n’était pas considéré comme très grave. Je pense qu’aujourd’hui, on attendrait mon retour pour un film avec Julia Roberts afin que je puisse la doubler.

JÉRÉMY COQUEMENT : Avez-vous un contrat spécifique avec Julia Roberts ?

CÉLINE MONSARRAT : Oui, je négocie un tarif particulier pour la doubler. Cependant, cela reste compliqué, surtout en tant que femme. Il est curieux de constater que ce secteur n’échappe pas aux disparités salariales. Pour les hommes, c’est beaucoup plus simple.

JÉRÉMY COQUEMENT : Combien gagnez-vous pour doubler Julia Roberts dans un film ?

CÉLINE MONSARRAT : La fourchette haute se situe entre 8 000 € et 10 000 €, mais c’est assez rare.

JÉRÉMY COQUEMENT : Pourtant, vous êtes la voix officielle de Julia Roberts !

CÉLINE MONSARRAT : Il n’y a pas vraiment de voix officielle. Par exemple, pour un film d’animation où Julia Roberts double un personnage, ils ont choisi Alexandra Lamy pour la version française, car elle est plus médiatique. Il faut savoir prendre du recul sur ce genre de choses.

JÉRÉMY COQUEMENT : Vous faites toujours les voix pour M6 et Rire & Chansons ?

CÉLINE MONSARRAT : Oui, absolument. Sur Rire & Chansons, nous sommes deux, avec Christophe Lemoine. Sur M6, nous sommes quatre : Alexis Victor, Adrien Antoine, Sandrine Fougère et moi.

JÉRÉMY COQUEMENT : Existe-t-il des formations pour devenir expert dans le doublage ?

CÉLINE MONSARRAT : Oui, tout à fait. J’interviens deux à trois fois par an en tant que formatrice, mais je n’ai pas l’intention de m’investir davantage dans cette discipline.

JÉRÉMY COQUEMENT : Un énorme merci, Céline, d’avoir accepté notre invitation !

CÉLINE MONSARRAT : Merci à vous, c’était très agréable !

Hôtel Prince de Conti

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Niché dans le 6ᵉ arrondissement, à quelques pas de la Seine, l’hôtel Prince de Conti s’inscrit naturellement dans l’âme de Saint-Germain-des-Prés. L’adresse, discrète et élégante, donne sur une rue calme tout en restant au cœur d’un quartier animé, où se croisent librairies historiques, cafés mythiques et galeries d’art. Ici, Paris se découvre à pied, au fil des quais, des ponts et des ruelles chargées de mémoire. 

Interview de Lambert Wilson

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Lambert Wilson : De mon père d’abord. Jeune, il jouait du saxophone dans les bals. Quand mon frère et moi avons eu sept et huit ans, il nous a offert des instruments et nous a appris à lire la musique. L’été, on jouait tous ensemble, avec un ami clarinettiste. C’était simple, joyeux, presque naturel. Plus tard, la maison a été envahie par le jazz : un big band répétait tous les lundis chez nous. Puis je suis parti à Londres à 17 ans. Là-bas, j’ai découvert une autre manière d’aborder la musique, plus libre, mêlée à la danse, au théâtre. En revenant en France, vers vingt ans, j’ai pris des cours de chant classique, par prudence d’abord : je voulais être prêt si l’on me proposait une comédie musicale. Et ce travail m’a entraîné plus loin que prévu, vers des concerts, des enregistrements, une vie parallèle de chanteur. Ce qui m’amuse, c’est qu’après quarante ans de scène, on me demande encore : « Ah bon, vous chantez ? »

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