Parfums Henry Jacques, Haute Parfumerie Vivante

Un souffle rare dans le quartier des vitrines éclatantes

L’avenue Montaigne est saturée de façades impeccables, de vitrines éclatantes où le luxe se répète parfois comme un refrain. Pourtant, au détour du numéro 2, une atmosphère singulière s’installe. La maison Henry Jacques n’expose pas seulement des flacons : elle propose une rencontre, presque une conversation intime, entre celui qui entre et les parfums qui l’attendent.

Rien d’ostentatoire ici. La boutique se tient comme un salon discret, une pièce feutrée où l’on baisse instinctivement la voix. On ne vient pas « consommer » un parfum : on s’y rend comme à un rendez vous secret, avec soi même.

Le parfum comme manuscrit invisible

Chez Henry Jacques, chaque création ressemble à une page manuscrite. Pas de signature criarde, pas de slogan : seulement des phrases olfactives, tracées avec patience, qui s’impriment dans la mémoire comme une encre invisible.

Les essences s’assemblent à la manière de souvenirs qui se croisent. Un parfum peut commencer par une clarté vive, une note d’agrumes, une feuille froissée, puis s’assombrir doucement, comme la lumière d’un après midi qui décline. D’autres s’élèvent immédiatement, d’un seul jet, et vous enveloppent comme un tissu ancien retrouvé au fond d’une armoire.

Le travail de la maison ressemble à une écriture qui se poursuit depuis des décennies : des chapitres ajoutés les uns aux autres, sans jamais effacer la cohérence du tout.

L’expérience d’un lieu pensé comme un écrin

Pousser la porte de la boutique, c’est entrer dans une scénographie minutieuse. Les matériaux jouent avec la lumière, les surfaces reflètent ou absorbent selon les heures du jour. On pourrait croire que l’endroit a été conçu comme un théâtre miniature, dont les parfums sont les acteurs silencieux.

Chaque flacon repose dans son alcôve comme une pierre précieuse. Mais ici, le cristal n’est pas figé : il semble prêt à s’animer dès qu’on le saisit. Les lignes des bouteilles, nettes ou arrondies, dialoguent avec le mobilier. L’ensemble évoque moins un magasin qu’une galerie privée, où l’art se respire.

Le temps ralentit. On se surprend à oublier l’agitation de l’avenue, comme si les murs filtraient non seulement le bruit, mais aussi la hâte du monde extérieur.

La rencontre avec soi par l’odeur

Chaque client est invité à chercher son propre parfum comme on cherche une vérité intime. Les conseillers ne parlent pas en termes de tendances ni de saisons, mais d’instants, de sensations. « Qu’aimeriez vous garder en vous ? » pourrait être la première question.

Alors commence une exploration presque psychologique. Certains découvrent qu’ils aiment l’élan vert d’un jardin mouillé. D’autres se sentent attirés par une chaleur ambrée, rassurante comme un feu de cheminée. Il n’y a pas de réponse universelle : chaque flacon agit comme un miroir, révélant une facette de celui qui le choisit.

L’artisanat comme résistance

Dans un univers où les nouveautés se succèdent à la vitesse d’un fil d’actualité, Henry Jacques se place à contre courant. Chaque parfum est le fruit d’un geste artisanal, lent, minutieux, qui refuse le compromis. Les matières premières sont traitées comme des reliques vivantes, précieuses par leur rareté autant que par leur fragilité.

C’est une forme de résistance : préserver l’authenticité dans un monde saturé de compositions standardisées. Ici, l’on croit encore au pouvoir d’un parfum unique, porté non pour séduire les autres mais pour se reconnaître soi même.

Une maison plus qu’une marque

Ce qui frappe, en quittant la boutique, c’est le sentiment d’avoir franchi la porte d’une maison plutôt que celle d’un commerce. On repart avec un parfum, peut être, mais surtout avec une impression durable : celle d’avoir respiré une part d’histoire, d’avoir effleuré une tradition transmise sans rupture.

Henry Jacques ne se contente pas de vendre : il rappelle que le luxe véritable n’est pas dans l’accumulation mais dans la justesse. Porter l’un de ses parfums, c’est accepter de marcher avec une trace invisible, un poème secret que l’on dépose dans l’air à chaque pas.

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

NŪN IBIZA – Le feu, la mer et l’âme d’Ibiza

À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

MAJORELLE – Ibiza

Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...