Julia Flabat

Merci Julia d’avoir accepté notre invitation pour notre rubrique Influenceur !

Je ne me présente pas à toi, nous  nous connaissons depuis 15 ans. Je vais endosser mon rôle de journaliste pour que nos lecteurs puissent mieux te connaître.

Peux-tu te présenter. Nom, prénom, profession ?

Je m’appelle Julia Flabat, et je suis blogueuse et influenceuse/créatrice de contenu.

Jérémy Coquement : Quel a été ton premier métier ?

Julia Flabat : À 10 ans, j’étais enfant de chœur à la messe du dimanche. Oui, ce n’est pas une blague. Bon ce n’est pas vraiment un métier mais le curé me donnait toujours une pièce pour me remercier, donc c’était un peu  comme mon premier petit job pour moi. Et ça a été le 1er d’une très longue liste : j’ai ensuite ramassé des framboises dans une ferme, j’ai fait du baby-sitting , j’ai assisté un rédacteur de magazine, j’ai été cheffe hôtesse, barmaid, participante de télé-réalité , comédienne, chroniqueuse radio et TV, rédactrice magazine, blogueuse …

JC : Comment es-tu arrivée à devenir Influenceuse ?

JF : En 2012, je tenais un blog lifestyle où je partageais mon quotidien, mes expériences sentimentales, bien souvent foireuses, mes looks, mes conseils beauté … et en parallèle j’ai ouvert un compte Instagram, qui était un tout nouveau réseau social à l’époque, où je relayais mes articles et mes looks. Je pense que dès ce moment, j’étais déjà « influenceuse » puisque j’avais une communauté qui me suivait et je lui partageais déjà « mes influences » . Sauf qu’à l’époque, ce n’était pas encore reconnu comme un métier, je ne gagnais pas ma vie avec ça. C’est en 2015/2016 que les marques ont commencé à voir le potentiel de la communication sur Instagram. Et c’est à ce moment-là que j’ai reçu mon tout 1er partenariat rémunéré, qui était un casque audio de la marque Bose.

JC : Comment as-tu fait pour définir ta grille tarifaire ;  Cela se joue-t-il uniquement sur le nombre de followers que tu as, ou est-ce un peu plus complexe ?

JF : C’est un peu plus complexe. Avant, il n’y avait que le nombre de followers qui comptait, mais à présent, c’est devenu plus précis. Les marques se basent aussi sur l’interaction, le taux d’engagement, le nombre de vues … elles ont également des logiciels qui leur permettent de vérifier la fiabilité des influenceurs . Donc en fonction de tout ça, elles proposent un budget, et en fonction des propositions, j’ai pu définir une grille tarifaire de base, qui évolue sans cesse avec le temps ! 

JC : Est-ce qu’on peut dire que tu gagnes bien ta vie ?

JF : En comparaison avec tous les métiers que j’ai exercé, oui je peux dire qu’on gagne bien sa vie en tant qu’influenceur. Mais il  ne faut pas croire qu’on se tourne les pouces.  Certains pensent qu’il suffit juste de partager une photo sur les réseaux, mais ils ne se rendent pas compte de tout le boulot qu’il y a à fournir derrière. Aujourd’hui, avec la concurrence, on doit développer notre créativité tous les jours, pour améliorer nos statistiques.  C’est un peu comme bosser dans la publicité. Sauf que contrairement à une agence de pub qui possède toute une équipe pour la création d’un seul spot publicitaire, nous, nous sommes seul à endosser tous les rôles :

1/ CHEF D’ENTREPRISE, on crée sa propre société et il faut savoir la gérer.

2/ ADMINISTRATION ET NÉGOCIATION : on  lit, tri, répond aux mails. On négocie les contenus à réaliser. On relit les contrats. Il nous faut d’ailleurs certaines connaissances juridiques pour éviter les arnaques. On établit des devis, des factures…

3/ DIRECTEUR ARTISTIQUE:  on recherche les idées de création, les mises en scène, les tendances.

4/ ORGANISATION  : On planifie les shooting, on recherche des lieux ( hôtel, salle de bain, rue…). On recherche et embauche des vidéastes, photographes, maquilleurs, coiffeurs…  On démarche les bureaux de presse pour dénicher des tenues tendances …

5/ RÉALISATION/ MODÈLE : on dirige la création, et on se met en scène.

6/  MONTEUR : on récupère toutes les images , les vidéos, et on procède aux montages et aux retouches.

7/ CONCEPTEUR RÉDACTEUR : on rédige le message fort de la légende qui accompagnera le post, en suivant les directives de la campagne.

8/  MÉDIA PLANNEUR : on envoie le tout aux marques en attente de validation. On détermine avec elles la date et l’heure de publication. Il faut connaître les heures de plus grande audience de notre communauté.

9/ POSTER ! C’est là partie de l’iceberg que voit notre communauté . On répond aux commentaires. Et On est  « noté » par des likes et des vues.

10/ PERSONNAGE PUBLIC : ce qui implique que notre présence sur les réseaux ne s’arrête pas qu’à la collaboration avec des marques. Avant tout, nous sommes suivi pour notre quotidien. Alors il faut rester actif, pour satisfaire notre communauté et ne pas perdre en visibilité .  Il faut également être présents aux événements pour se montrer, rencontrer les marques, et les gens du milieu.

Bref, c’est un travail à temps plein, même en vacances ! On peut prendre des « congés » mais c’est au risque de baisser nos statistiques !

JC : Quelles sont les influenceuses très connues que tu connais ?

JF : CaroDaur, que j’ai justement rencontré lors de mon 1er contrat à un événement pour la Marque Bose, à cannes . On était quelques influenceurs internationaux , elle était venue avec sa maman, on a passé la soirée à papoter sur une banquette. À l’époque elle n’avait que 400k followers. Son évolution est impressionnante puisqu’elle en compte presque 4 millions aujourd’hui 😉 

Pionnière dans l’univers de l’influence,  j’ai aussi fait la connaissance de Chiara Ferragni lors du festival de Cannes il y’a un an où on était ambassadrice pour Nespresso. Ensuite forcément, j’ai rencontré énormément d’influenceuses françaises lors d’événement ,  comme Noholita que j’adore. C’est Un petit bout de femme solaire qui n’a jamais pris la grosse tête, c’est très appréciable !

JC : Où te vois-tu dans 10 ans ?

JF : Sincèrement, aucune idée. Je vis le moment présent sans trop me projeter sur l’avenir ! J’ai toujours fonctionné comme ça ! Étant petite, on me demandait souvent ce que je voulais faire plus tard, je ne savais jamais quoi répondre et aujourd’hui, je fais un métier qui n’existait même pas à cette époque…

J’ai voulu déménager et changer de pays un milliard de fois, et finalement j’aime trop Paris . Je ne voulais pas d’enfants et finalement j’en ai deux. Je fais juste confiance en la vie… On verra bien.

JC : Quel est ton rêve ?

JF : Oula … j’en ai toute une liste 🙂

 Finir le livre que j’écris depuis des années

 Apprendre à faire du skate et de la guitare.

 Perdre encore quelques kilos de ma dernière grossesse

 Avoir un appartement plus grand, avec une vue de dingue, et surtout avoir une salle spéciale pour caser tous les jouets des enfants qui traînent partout !  et une autre pour mon dressing aussi

 Réaliser le rêve de ma mère : l’Emmener au Pérou

 Aller au Népal et méditer avec des moines bouddhistes.

 Et peut-être passer mon permis un jour , avant mes enfants ce serait bien …

JC : Avec quelle marque souhaiterais-tu collaborer si tu pouvais choisir ?

JF : Je collabore déjà avec des marques splendides : Clinique, Biotherm, Lancaster, … et je me sens déjà très chanceuse d’être leur ambassadrice. Si je devais ajouter de nouvelles marques, j’aimerais viser un peu plus l’univers de la mode comme Élie Saab, Fendi, ou Louis Vuitton. Je suis toujours émerveillée par leurs défilés depuis toujours.

JC : Quel est le top 5 des influenceurs que tu follow ?

JF : Ce ne sont pas tous des influenceurs mais j’aime vraiment suivre ces personnes :

Hailey Bieber, Pour son style que je trouve sublime  !

Léna Mahfouf, pour son authenticité. Elle est drôle, bosseuse. Et surtout hyper naturel !

Jlo, pour son côté bombasse et working woman à 50 ans . Ça rassure sur la vieillesse !

Spiritualitepointcom, tout ce qui est publié sur ce compte me reconnecte à l’univers , ça me fait du bien de lire toutes ces phrases.

Et @eddypapeoo of course , mon homme, je suis fan de toute sa créativité,  il a toujours des idées de dingue pour faire des vidéo, prendre des photos…

JC : Tu es une ex rédactrice de Crush magazine, comment trouves-tu l’évolution de notre média ?

JF : Vous vous êtes vraiment bien modernisé. J’ai pu apercevoir l’un des précédents numéros, les photos sont canons, les interviews hyper intéressantes, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai accepté et je suis flattée d’y paraître 🙂 Bravo !

JC : Quel pays n’as-tu pas fait ?

JF : Ah il y en a encore plein, j’en ai fait que 32. J’aimerais beaucoup visiter Le Pérou, La Nouvelle Zélande, le Kenya, les Philippines et l’Inde.

JC : Tu es en couple, tu as deux très beaux enfants, est ce qu’un mariage serait envisageable ?

JF : La demande a déjà eu lieu , au coucher du soleil sur des chevaux à Monument Valley, c’était incroyablement magique ! Et j’ai dit OUI. Oui, pas pour le mariage, mais oui, pour accepter de le choisir LUI pour passer le reste de mes jours. De base, je ne suis pas du tout  « mariage » , pour moi il n’y a pas besoin de s’unir par le mariage pour s’aimer et être heureux, et j’ai vu tellement de divorce autour de moi que ça ne m’a jamais vraiment donné envie de franchir le pas  ! Mais qui sait, On se réveillera peut être mariés un jour…  🙂

JC : Tu as plus de 500 milles followers sur Instagram, quel conseil donner aux nouveaux influenceurs qui veulent se lancer et avoir une grosse communauté rapidement ?

JF : Si je connaissais la recette magique pour avoir une énorme communauté rapidement, j’aurais déjà dépassé le million, lol !

A part participer à un événement médiatique important, créer un post qui fasse le buzz, ou acheter médiocrement des followers,  c’est difficile de faire grandir sa communauté d’un coup ! Même moi, J’ai des périodes où je stagne, où je perds même des abonnés, et d’autres où ça grimpe … l’algorithme d’Instagram demeure un mystère !!! Je pense qu’il faut surtout être patient.

Construire et gagner sa communauté avec le temps, rester actif et proche de ceux qui nous suivent le plus possible.

JC : Tu fonctionnes très bien comme l’influenceuse globetrotteuse et maman, mais aussi spécialisé dans la mode et la beauté… Si tu ne devais garder qu’un seul pôle se serait lequel ?

JF : Je me sens une femme complète avec toutes ces facettes ! Difficile d’en choisir une seule . Je suis tout simplement une maman amoureuse du monde qui est passionnée de mode et adore prendre soin d’elle ! Si j’enlève un élément, il manque une partie de moi …

JC : Quel a été le plus beau jour de ta vie ?

JF : Mise à part la naissance de mes 2 enfants ? Je sais c’est cliché, mais c’est la rencontre d’un amour tellement puissant que je comprends toutes les femmes qui disent ça !

Je dirais que c’est le jour où j’ai appris à me reconnecter à moi-même, à l’univers, à lâcher prise et à faire confiance en la vie. Je n’étais pas du tout réceptive à tout ça avant, je n’étais pas vraiment croyante, et je vivais sans réellement comprendre qui j’étais. Et ça m’allait très bien ainsi, mais avec du recul je peux dire que je vivais aveuglément. Puis un jour, je me suis retrouvée dans une retraite sportive et spirituelle à Marrakech (la summerbodyandsoul) où j’ai dû parler à mon enfant intérieur et méditer au son des bols tibétains, et j’ai vraiment eu un déclic ! Au retour de cette retraite, j’ai rencontré une personne qui m’a fait mon human design. Et j’ai enfin compris qui j’étais, puis j’ai lu tout un tas de livre sur le développement personnel, des histoires avec la rencontre de guides spirituels, comme « Kilomètre zéro », ou « il suffit d’une rencontre pour changer de vie » , et plus je lisais, plus j’avais l’impression que tout devenait clair et limpide en moi ! Je comprenais enfin ma place dans l’univers. Je sais, ça peut paraître perché vu comme ça, mais je n’avais jamais ressenti un tel apaisement. Donc oui, cette découverte est un des meilleurs moments de ma vie !

JC : Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de vanter les mérites d’un produit par le biais d’un partenariat rémunéré alors que tu le détestais ?

JF : Non, jamais. J’ai la chance de pouvoir choisir personnellement les marques avec lesquelles je souhaite collaborer. Donc je choisis toujours des marques qui me correspondent et qui me plaisent !

JC : Quelle question souhaiterais-tu que je te pose :

JF : Si tu devais dire une chose à nos lecteurs ?

Une phrase qui m’aide beaucoup au quotidien , « Tout dans cette vie à un but, il n’y a ni erreur ni coïncidences ». La pire des expériences que vous vivez aura certainement du sens à un moment de votre existence . Elle vous permettra d’en tirer une leçon et d’évoluer. Vous êtes là où vous devez être. Faites confiance en la vie .

JC : En deux mots comment s’est passé notre shooting ?

JF : Oula, difficilement (sourire)

Pour rappeler le contexte, la veille je me tordais de douleur, j’étais vaseuse, je ne savais pas si c’était une gastro ou une intoxication, mais c’était horriblement douloureux. Mais je t’avais promis d’être là , car c’était le seul jour où toute ton équipe pouvait être présente ! Et j’ai tenu parole !

Le jour J, effectivement, je n’avais qu’une envie c’était de me fondre dans les draps douillet du Quinzerie hôtel et hurler ma douleur dans un oreiller,  mais j’ai pris sur moi, et on a superbement réussi je trouve. Et je dois dire que l’équipe a été hyper cool donc ça m’a aidé.

JC : Un grand merci Julia et bravo pour ton parcours, à la rédaction nous t’embrassons tous très fort !

JF : Merci à toi Jérem, c’était un plaisir !

 Crédits de la production

Influenceuse : Julia Flabat

Photographe : Nicolas Larriere

Directeur de  production : Jérémy Coquement

Coordinatrice : Margaux Rampazzo

Maquilleuse : Angéline Aron

Vidéaste : Kevin Lydie

Assistant de production : Angelo

Production : JCD Agency

Média : Crush Magazine

Vestiaire : Zadig & Voltaire

Lieu : Quinzerie hôtel

Bougie : Bopazz

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.