La Comédie Musicale « Pocahontas »

À la Gaîté Rive Gauche, le spectacle consacré à l’histoire de Pocahontas transforme le théâtre en vaste territoire de voyage. Dès l’entrée dans la salle, on sent la volonté de faire oublier les murs pour ouvrir un espace d’imaginaire où se croisent forêts, rivières et horizons lointains. La mise en scène avance comme un récit conté au coin du feu : simple dans sa trame, mais riche en images et en mouvements, pensée pour que les enfants suivent l’aventure sans effort tandis que les adultes y retrouvent une part de rêve.

Le travail visuel occupe une place centrale. Les décors mêlent éléments réels et univers projetés, créant des profondeurs changeantes qui accompagnent chaque étape de l’histoire. Les accessoires surgissent comme des prolongements naturels des personnages, jamais décoratifs pour rien, toujours au service de l’action. Les costumes, colorés et très lisibles, dessinent immédiatement les caractères : la douceur de l’héroïne, la rudesse des colons, la sagesse des anciens. Tout cela compose une palette chaleureuse qui donne au plateau l’allure d’un livre d’images vivant.

La direction d’acteurs privilégie l’énergie collective. Les tableaux s’enchaînent sans temps mort, portés par des chorégraphies accessibles et joyeuses. La musique, nourrie de percussions et de sonorités évoquant la nature, installe une atmosphère de découverte. On sent la volonté de parler à plusieurs générations à la fois : humour pour les plus jeunes, émotions plus nuancées pour les plus grands, et un message de rencontre qui traverse l’ensemble.

Au cœur du spectacle, la voix de Cerise Calixte apporte une lumière particulière. Son timbre clair et expressif donne à Pocahontas une présence à la fois forte et délicate. Elle passe de la douceur à l’élan avec une grande aisance, et ses chansons deviennent des moments suspendus où la salle retient son souffle. Autour d’elle, la troupe répond avec générosité, créant un véritable esprit d’ensemble.

L’accueil du public au théâtre témoigne de cette réussite. Les rires des enfants, les applaudissements spontanés, les regards émerveillés à la sortie montrent que le pari de l’émerveillement est tenu. Beaucoup ressortent avec l’impression d’avoir traversé un pays imaginaire plutôt que d’avoir simplement assisté à une représentation. Cette version scénique de Pocahontas s’impose ainsi comme une parenthèse lumineuse, un rendez-vous familial où la technique, l’artisanat des costumes et la chaleur des voix se rejoignent pour raconter, encore une fois, la force des rencontres inattendues.

Interview de Jean-Louis Wagner, auteur, comédien 

Interview de Jean-Louis Wagner, auteur, comédien 

Jean Louis Wagner : Ma passion est née très tôt, presque comme une évidence. Depuis tout petit, mon imaginaire était très fort, presque vital. Dans l’enfance, rêver était une nécessité. L’écriture et le théâtre ont été des moyens naturels pour donner forme à cet imaginaire, pour raconter le monde et tenter de le comprendre.

Hôtel Prince de Conti

Hôtel Prince de Conti

Niché dans le 6ᵉ arrondissement, à quelques pas de la Seine, l’hôtel Prince de Conti s’inscrit naturellement dans l’âme de Saint-Germain-des-Prés. L’adresse, discrète et élégante, donne sur une rue calme tout en restant au cœur d’un quartier animé, où se croisent librairies historiques, cafés mythiques et galeries d’art. Ici, Paris se découvre à pied, au fil des quais, des ponts et des ruelles chargées de mémoire. 

Interview de Lambert Wilson

Interview de Lambert Wilson

Lambert Wilson : De mon père d’abord. Jeune, il jouait du saxophone dans les bals. Quand mon frère et moi avons eu sept et huit ans, il nous a offert des instruments et nous a appris à lire la musique. L’été, on jouait tous ensemble, avec un ami clarinettiste. C’était simple, joyeux, presque naturel. Plus tard, la maison a été envahie par le jazz : un big band répétait tous les lundis chez nous. Puis je suis parti à Londres à 17 ans. Là-bas, j’ai découvert une autre manière d’aborder la musique, plus libre, mêlée à la danse, au théâtre. En revenant en France, vers vingt ans, j’ai pris des cours de chant classique, par prudence d’abord : je voulais être prêt si l’on me proposait une comédie musicale. Et ce travail m’a entraîné plus loin que prévu, vers des concerts, des enregistrements, une vie parallèle de chanteur. Ce qui m’amuse, c’est qu’après quarante ans de scène, on me demande encore : « Ah bon, vous chantez ? »

Le jardin secret du 10ème où l’hiver prend des airs de station alpine

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Il y a parfois des adresses parisiennes qu'on découvre par hasard, au détour d'une conversation entre amis et le Café Grand Quartier fait partie de celles-là. Caché derrière une porte discrète de la rue de Nancy, entre deux gares et le tumulte du boulevard de Magenta, ce refuge urbain cultive l'art du secret bien gardé.

Le Greenwich Hotel : une escapade intimiste au cœur de Tribec, NYC

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Dans le dédale des rues pavées de Tribeca, le Greenwich Hotel cultive l'art de la discrétion. Pas de lobby clinquant ni de portier en livrée dorée. Juste cette sensation rare, dès le seuil franchi, d'entrer dans un lieu qui a une âme. Un refuge urbain où le luxe se conjugue avec une authenticité presque désuète, loin des codes aseptisés de l'hôtellerie internationale. Ici, l'hospitalité retrouve son sens premier.

Le Cristal rencontre Manhattan : l’audacieuse métamorphose de Baccarat

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Certains mariages qui semblent improbables sur le papier. Prendre une manufacture française fondée sous Louis XV en 1764, réputée pour avoir ciselé des verres destinés aux têtes couronnées du monde entier, et la transposer dans l'effervescence verticale de Midtown Manhattan ? L'idée aurait pu paraître saugrenue, et pourtant.

Interview de Lionel Cecilio

Interview de Lionel Cecilio

Lionel Cecilio : Elle naît pendant le premier confinement. Les théâtres ferment, je me retrouve arrêté net, avec du temps, et je commence à m’intéresser à l’histoire de ma famille au Portugal. J’appelle ma grand-mère et je découvre qu’elle a vécu sous la dictature de Salazar, la révolution, la censure, la peur, tout un pan de son existence que je ne connaissais pas. Je me suis rendu compte que je ne la connaissais qu’en tant que « mémé », pas comme femme, pas comme jeune fille, pas comme citoyenne sous un régime autoritaire. J’ai compris que ce silence, cette pudeur, ces habitudes, même le fait qu’elle mange seule dans la cuisine, étaient des héritages directs de la dictature. À partir de là, j’ai voulu écrire sur la transmission, sur ce que chaque génération porte sans le savoir.