Ma version de l’histoire ! Du bonheur !

Pour l’auteur et comédien Sébastien Azzopardi, le plus important, c’est que le texte, une fois digéré par les acteurs, après avoir travaillé en amont, puisse recevoir cette énergie, cette humeur. Car c’est une comédie où évoluent de vraies personnes. Et c’est ce qui touche les gens.

J’ai été tellement surpris par cette pièce. Je pensais au départ que le mari était un banal menteur prêt à tout pour tromper sa femme. Je me trompais. Celle-ci cache bien son jeu. Mais bien entendu, c’est aux spectateurs de se faire leur opinion. Il est vrai que c’est une femme complexe. On a tous des secrets, avec nos colères, nos déceptions, nos bonheurs, nos compromis. Vis à vis de l’autre et de nous mêmes. Vis à vis des valeurs que nous défendons. Donc oui, ces personnages ne sont pas lisses, selon Sébastien Azzopardi.

Miren Pradier me dit qu’à la fin, il n’y a pas de méchant et de gentil. Il est vrai que c’est ce que j’ai ressenti. C’est ce qui est beau, d’ailleurs. Ça veut dire que c’est ça, aimer. C’est effectivement une pièce sur l’empathie. Si on accepte l’idée que l’autre, frère, sœur, compagne, ne voit pas les choses de la même manière. Ressent les choses différemment. C’est un pas énorme vers le pardon.
Lui, il a l’impression qu’il a toujours un train de retard par rapport à elle. Et qu’il doit rattraper, prouver quelque chose. C’est elle au départ qui fait de grandes études. Qui a une grande carrière.
Il y a certes une grande différence de niveau social. Quand ils se rencontrent, il est barman. Il va, sans doute, face à cette réussite, monter un restaurant. L’aurait il fait sans elle ? se demande Mr Azzopardi.

En réalité, Valentine, interprétée par Miren Pradier, en fait tout autant, des compromis. C’est ce qu’elle lui reproche. Et ce n’est pas facile à vivre pour elle .
Miren Pradier offre un personnage subtil, entre des émotions légères, un ton divertissant et une certaine gravité. Ce rôle lui va comme un gant. Il émane d’elle une joie d’être sur scène que les spectateurs ressentent. Elle adore la comédie, dit elle. Ça lui permet de surfer sur les questions de la vie. Tout en les prenant du bon coté. Son jeu spontané vient sans doute d’années d’expériences dans la ligue de l’improvisation. Cela permet, selon elle, d’être immédiatement accrochée à ce qu’il se passe là, maintenant, sur la scène du théâtre Michel.

Sébastien Azzopardi s’adapte aussi, perpétuellement, au jeu de ce personnage ambitieux. Il révèle que la pièce n’est finalement pas vraiment la même chaque soir. Miren Pradier est d’accord. Ils ont le même texte mais en fonction de leurs humeurs personnelles, les nuances surgissent. Ce qui leur permet d’être dans la vérité de l’instant. Comme le fils du couple qui arrive, fièrement, pour présenter sa « copine » avec la naïveté que l’on a réellement à cet âge. Avec un excellent rythme et des répliques énergiques.

Ce qui est original dans cette pièce, c’est que Sébastien Azzopardi offre vraiment cette sensation de laisser aux spectateurs le choix de se faire leur propre opinion. Car ceux-ci sont le psy à qui les personnages s’adressent. Une excellente idée.
C’est une comédie mais elle pose des questions importantes, et le public va certainement, comme moi, débattre en rentrant à la maison. Comment faire un bon choix ? me demande Sébastien Azzopardi. Surtout un choix difficile.
Comment trouver en soi des ressources pour ne pas se tromper ?
Sans regarder en arrière. Sans avoir de regrets. Sans se sentir coupable. Sans se donner nécessairement le beau rôle.

L’idée de ce spectacle est qu’il y a quelque chose de magique dans un couple. Qui vit le quotidien depuis des années. Chacun ne racontera jamais une histoire de la même manière.
« C’est un système de narration vraiment intéressant » confesse Sébastien Azzopardi.
Un vrai outil de travail. Et Alexandre Nicot et Deborah Leclercq sont un vrai soutien et tremplin au couple. Ils sont au cœur des décalages. Le fruit de conflits. La preuve qu’il y a bien des malentendus qui se dissimulent dans le passé.
Deborah Leclercq joue parfaitement le détonateur de cette joute verbale dans le couple. Son jeu est un équilibre entre la provocation et la sensibilité d’une femme qui ne cherchait pas le conflit. Et sa voix est de la poésie pure.

Je sors de cette pièce avec le sourire.
« C’est vrai que ce couple se dit des choses graves » dit Miren Pradier pendant l’interview.
« Mais le fond de la pièce, c’est la réconciliation » ajoute Sébastien Azzopardi. Il y avait beaucoup de couples dans la salle le soir de la St Valentin, il y avait ceux qui étaient seuls et rêvaient d’une histoire d’amour. Malgré les peurs. Malgré l’inconnu.

Miren Pradier ajoute alors « C’est comme ça qu’on avance ».
Par Tristan Baille
Interview de Jean-Louis Wagner, auteur, comédien 

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Jean Louis Wagner : Ma passion est née très tôt, presque comme une évidence. Depuis tout petit, mon imaginaire était très fort, presque vital. Dans l’enfance, rêver était une nécessité. L’écriture et le théâtre ont été des moyens naturels pour donner forme à cet imaginaire, pour raconter le monde et tenter de le comprendre.

Hôtel Prince de Conti

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Niché dans le 6ᵉ arrondissement, à quelques pas de la Seine, l’hôtel Prince de Conti s’inscrit naturellement dans l’âme de Saint-Germain-des-Prés. L’adresse, discrète et élégante, donne sur une rue calme tout en restant au cœur d’un quartier animé, où se croisent librairies historiques, cafés mythiques et galeries d’art. Ici, Paris se découvre à pied, au fil des quais, des ponts et des ruelles chargées de mémoire. 

Interview de Lambert Wilson

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Lambert Wilson : De mon père d’abord. Jeune, il jouait du saxophone dans les bals. Quand mon frère et moi avons eu sept et huit ans, il nous a offert des instruments et nous a appris à lire la musique. L’été, on jouait tous ensemble, avec un ami clarinettiste. C’était simple, joyeux, presque naturel. Plus tard, la maison a été envahie par le jazz : un big band répétait tous les lundis chez nous. Puis je suis parti à Londres à 17 ans. Là-bas, j’ai découvert une autre manière d’aborder la musique, plus libre, mêlée à la danse, au théâtre. En revenant en France, vers vingt ans, j’ai pris des cours de chant classique, par prudence d’abord : je voulais être prêt si l’on me proposait une comédie musicale. Et ce travail m’a entraîné plus loin que prévu, vers des concerts, des enregistrements, une vie parallèle de chanteur. Ce qui m’amuse, c’est qu’après quarante ans de scène, on me demande encore : « Ah bon, vous chantez ? »

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