La poupée

Avec « La Poupée », la réalisatrice Sophie Beaulieu choisit de raconter une histoire qui pourrait n’être qu’un simple point de départ insolite, mais qui sert surtout de révélateur. Le film suit Rémi, un homme qui, après une rupture, s’est replié dans une relation sans risque avec une poupée appelée Audrey. L’arrivée d’une nouvelle collègue fait vaciller cet équilibre fragile, puis le récit bascule lorsque la poupée prend vie.

Ce qui rend le film vraiment intéressant, ce n’est pas seulement son idée de départ, mais la question qu’il laisse peu à peu apparaître. Derrière cette situation se dessine une réflexion sur le désir d’un amour sans heurt, sans contradiction et sans véritable altérité. Le film semble partir d’un fantasme de maîtrise pour mieux montrer ce qu’il a de triste, de fragile et peut être de profondément impossible. Au lieu de traiter son personnage principal comme une caricature, l’histoire paraît chercher du côté de la faille intime, de la solitude et de l’incapacité à affronter le désordre d’une relation réelle.

Le choix de Vincent Macaigne semble particulièrement juste pour incarner cet homme décalé, à la fois touchant et dérangeant. Son jeu a souvent cette capacité à faire coexister le malaise, la vulnérabilité et une forme de désorientation presque comique. Face à lui, Zoé Marchal occupe une place décisive : si Audrey n’était qu’un symbole, le film risquerait de s’enfermer dans sa démonstration. Mais tout laisse penser que le personnage existe comme une présence à part entière, capable de déplacer le centre du récit. Quant à Cécile de France, sa présence apporte un contrepoint plus ancré, plus vivant, qui peut faire ressortir encore davantage le caractère artificiel du refuge choisi par Rémi.

L’un des aspects les plus stimulants du film réside justement dans ce renversement. Une histoire de femme façonnée par le désir masculin pourrait rester prisonnière de son propre dispositif. Ici, l’enjeu semble plutôt être de voir ce qui arrive lorsque cette figure pensée comme un objet cesse d’obéir à la place qu’on lui avait assignée. Le récit prend alors une dimension plus troublante : ce n’est plus seulement l’histoire d’un homme qui se protège du réel, mais celle d’une créature artificielle qui s’éveille à une forme d’autonomie. À partir de là, « La Poupée » pourrait moins raconter une possession qu’une émancipation.

Le ton du film participe aussi à sa singularité. Présenté comme une œuvre qui circule entre romance, comédie et déraillement fantastique, il paraît éviter le confort d’un seul registre. Cette instabilité peut devenir sa vraie force. L’humour n’y sert pas à effacer le malaise, mais à l’accompagner. Le fantastique, lui, ne vient pas tant provoquer la peur que rendre visible ce qui couvait déjà dans la situation de départ. C’est souvent dans ce type de glissement que naissent les films les plus intrigants : ceux qui parlent d’émotions très concrètes en empruntant des chemins volontairement de travers.

Au fond, ce que « La Poupée » semble interroger, c’est notre rapport à l’autre lorsque l’amour est rêvé comme une zone sans imprévu. Que vaut un lien dans lequel rien ne résiste ? Que reste t il du sentiment lorsque l’on retire à l’autre sa liberté, son opacité, sa capacité à contredire ? En choisissant une situation volontairement étrange, Sophie Beaulieu touche à quelque chose de très contemporain : la tentation de préférer le confort d’une présence fabriquée au risque d’une rencontre véritable. Si le film tient cette promesse, il pourrait bien être autre chose qu’une curiosité décalée : une fable douce amère sur la peur d’aimer vraiment.

Avec :

Rémi : Vincent MACAIGNE
Patricia : Cécile DE FRANCE
Audrey : Zoé MARCHAL
Domi : Adèle JOURNEAUX
Bernard : Gilbert MELKI
Rosy : Marianne BASLER
Eric : Ludovic THIEVON
Hervé : Eric GUERIN
Renan : Victor BONNEL
Louis : Souleymane SYLLA
Jerôme : Guillaume CLERICE
Sandra : Gina JIMENEZ

Réalisatrice : Sophie BEAULIEU
Production : NOVOPROD Cinéma
Producteur.rice.s : Nicolas SANFAUTE
Raphaelle DELAUCHE
Chargée de production : Rachel KHAN
1ere assistante réalisatrice : Nadège CATENACCI
Scripte : Soizic POENCES
Directeur.rice de Production : Jérôme BRIAND & Yuki KURODA
Directrice de casting : Marine ALBERT
Directeur de la photographie : Yann MARITAUD
Photographe de plateau : Renaud KONOPNICKI
Ingénieur du son : Grégory LE MAITRE dit Greg LE MAITRE
Musique : Alexis DELONG
Cheffe costumière : Charlotte RICHARD
Cheffe maquilleuse : Stéphanie CARON
Cheffe décoratrice : Céline DIANO
Coordinatrice de Post-production : Christelle DIDIER
Chef monteur : Jean-François ELIE

© Novoprod Cinéma / Atelier de Production / 31 Juin Films / Les Films du Parc / Borsalino Productions / Paprika Films

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

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At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

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I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

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Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

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C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

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Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

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Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.

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À Cala Llonga, là où la baie dessine l’un des paysages les plus doux de l’île, NŪN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’adresses qui font rayonner Ibiza autrement.

Dès l’arrivée, le décor donne le ton. Face à la mer, entre sable blond, bois naturel et teintes lumineuses, l’atmosphère est élégante sans jamais être prétentieuse. Ici, tout semble ralentir. Le temps, les conversations, le rythme de la journée.

MAJORELLE – Ibiza

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Nichée dans les ruelles de Dalt Vila, à quelques mètres seulement du cœur animé de la vieille ville, Majorelle se découvre comme une parenthèse paisible au milieu du tumulte d’Ibiza le soir. L’adresse se trouve dans une rue calme, presque à l’écart, et c’est...