Les makhilas Ainciart Bergara

Au cœur du village de Larressore, dans les collines verdoyantes du Pays basque, un atelier perpétue un savoir-faire séculaire avec une précision rare. Depuis la fin du XVIIIᵉ siècle, la famille Ainciart Bergara y façonne à la main un objet à la fois discret et profondément symbolique : le makhila, bâton traditionnel basque. 

Aujourd’hui, c’est Liza Bergara, représentante de la septième génération, qui incarne la relève d’un artisanat d’excellence, entre respect des traditions et regard tourné vers l’avenir.

Entre outil, symbole et œuvre d’art…Le makhila, « bâton » en basque, est bien plus qu’un simple accessoire de marche. C’est un objet de cérémonie, de transmission, souvent offert en signe de reconnaissance ou d’attachement. Il incarne l’identité basque dans ce qu’elle a de plus noble : la sobriété, la droiture, la force et la fidélité au territoire. Fabriqué sur mesure, il est toujours unique, façonné pour correspondre à celui qui le portera.

Bois de néflier patiemment séché pendant plusieurs années, gravures ornementales sur la virole, tressage du cuir à la main, système de pointe et de pommeau soigneusement assemblé… Chaque makhila nécessite des semaines de travail et plus de vingt opérations manuelles. L’objet final, à la fois rustique et raffiné, résume à lui seul un art de vivre et un respect du geste.

Depuis plus de deux siècles, l’atelier Ainciart Bergara perpétue la fabrication artisanale du makhila dans le même village, au pied des montagnes. Sept générations se succèdent ici, transmettant de main en main les secrets de fabrication, les outils d’origine, les gestes précis. Le nom de la maison associe celui des deux lignées fondatrices, unies dans les années 1920 : les Ainciart, puis les Bergara.

Chaque makhila sorti de l’atelier porte cette histoire. Gravé du nom de son propriétaire et orné de symboles parfois très personnels, il devient une pièce intime, presque initiatique. Certaines familles commandent leur makhila des années à l’avance, d’autres le reçoivent pour un anniversaire, un départ, un acte de passage. Le délai d’attente peut dépasser 18 mois.

Depuis 2019, c’est Liza Bergara, fille de Nicole Bergara, qui dirige l’atelier. Après des études en école de commerce, elle rejoint l’entreprise familiale pour en assurer la gestion et développer sa visibilité. Mais très vite, c’est l’amour du geste et de la matière qui la rattrape. Elle se forme à la gravure ornementale à l’École Boulle à Paris, puis revient à Larressore pour apprendre aux côtés du maître d’art Xavier Retegui.

En intégrant le prestigieux dispositif Maîtres d’art – Élèves, elle s’inscrit dans une démarche de transmission structurée, garantissant la survie d’un savoir-faire rare. Elle devient ainsi graveuse à part entière, et chaque jour, elle appose sur les makhilas la finesse d’un trait, la profondeur d’un symbole, la mémoire d’une langue.

Sous sa direction, l’atelier connaît un renouveau discret : site modernisé, accueil plus large du public, communication soignée, tout en conservant l’exigence d’un artisanat entièrement manuel. Liza incarne ainsi la synthèse parfaite entre tradition vivante et professionnalisme contemporain.

C’est donc un patrimoine reconnu, une mission de sauvegarde. L’atelier Ainciart Bergara a reçu le label “Entreprise du Patrimoine Vivant”, distinction française attribuée aux maisons perpétuant des savoir-faire d’excellence. La fabrication du makhila est aussi inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France, et pourrait prétendre à une reconnaissance internationale tant ses méthodes restent rares et précieuses.

Plus qu’un simple objet, chaque makhila devient une œuvre d’art portative. La noblesse de son bois, la chaleur du cuir, la brillance du métal : tout y est pensé pour traverser les générations. Certains sont exposés, d’autres simplement portés, mais tous racontent une histoire.

Avec Liza Bergara, le makhila basque continue d’avancer, un pas après l’autre. Fidèle à sa vocation initiale, accompagner, guider, protéger, il demeure un objet de lien et de mémoire. Liza n’a pas cherché à révolutionner le geste : elle l’a respecté, appris, transmis. Et c’est peut-être cela, aujourd’hui, le plus grand acte de modernité.

Dans le silence du bois travaillé, dans la régularité des coups de lime, dans la gravure lente et appliquée, il y a encore une manière de dire le monde. Une manière qui, à Larressore, n’a jamais cessé d’exister.

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.