Candlelight : Le concert magique. 

Maison de l’Océan à Paris…Dans la pénombre apprivoisée de la salle encore muette, une mer de jolies flammes (non réelles pour des raisons évidentes de sécurité) tranquilles s’éveille. Les « bougies », alignées comme une armée de lucioles dociles, dressent leurs colonnes fragiles au milieu du silence. Chaque flamme tremble, comme si elle hésitait entre la vie et le rêve, et l’air lui même paraît respirer à leur rythme.

Alors surgit la musique. Un premier accord fend l’obscurité, et aussitôt les chandelles deviennent complices des 4 musiciens époustouflants. Les lueurs s’inclinent au souffle des notes, s’allongent presque, vacillent, reprennent leur équilibre. Ce n’est plus un concert : c’est une cérémonie secrète, où la lumière et le son dansent ensemble sans jamais se heurter.

On n’écoute pas seulement de la musique, on l’habite. Elle passe dans le sang comme un murmure ancien, elle dénoue les souvenirs qu’on croyait endormis. Les visages autour se devinent à peine, esquissés par l’éclat mouvant des flammes, chacun devient silhouette, ombre portée, confidente du moment. Le monde extérieur s’efface derrière la lueur orangée, comme si le temps avait accepté de plier les genoux.

Joe Hisaichi…la sensation ! Une mélodie romantique se déploie comme un oiseau invisible, et un air familier renaît, vêtu d’un manteau sacré. Tout est transfiguré, comme si la musique avait trouvé sa vraie demeure non dans l’éclat du jour, mais dans cette fragile architecture de lumières vacillantes.

Quand le dernier silence retombe, il n’est pas lourd : il brille encore. Les petites flammes, fidèles, prolongent la vibration des cordes dans un chuchotement de lumière. On quitte la salle comme on sort d’un songe, les yeux encore habités par le souvenir des films, l’âme un peu plus légère.

Un concert Candlelight n’est pas un spectacle : c’est un passage. Une traversée douce vers ce lieu rare où l’art, la lumière et le silence se tiennent par la main. Et j’ai la chance de poser des questions pour en savoir plus !

Tristan Baille : Comment décririez vous l’effet produit par la lumière chaleureuse des bougies sur l’écoute des morceaux ?

Candlelight : La lumière des bougies invite à une écoute plus attentive, presque méditative. Elle ralentit le rythme et rend l’expérience plus immersive, plus intimiste.

Tristan Baille : Quel impact la pénombre douce apporte t elle à la perception des interprétations musicales ?


Candlelight : La pénombre recentre les perceptions. Elle efface un peu les repères visuels habituels, ce qui renforce la présence sonore et émotionnelle de la musique.

Tristan Baille : Comment qualifieriez vous la dimension émotionnelle que procure l’éclairage tamisé aux arrangements musicaux ?

Candlelight : L’éclairage tamisé crée un cadre sensoriel unique qui transforme l’écoute, en instaurant une ambiance intimiste. Le visuel accompagne l’écoute de manière subtile, en renforçant l’intensité du moment.

Tristan Baille : Est ce que la lueur vacillante des bougies change votre rapport à la musique, peut être en intensifiant certains détails ?

Candlelight : La lueur des bougies instaure une atmosphère intimiste qui encourage une écoute plus attentive, tout en sublimant le lieu et en renforçant le lien avec la musique. Elle mobilise les sens et fait de Candlelight une expérience profondément multisensorielle.

Tristan Baille : En quoi le choix de lieux comme la Maison de l’Océan ou l’église Saint Éphrem contribue t il à la singularité de ce genre de représentation ?

Candlelight : Le choix d’un lieu comme la Maison de l’Océan participe pleinement à l’identité de Candlelight. C’est un espace chargé d’histoire, à l’architecture remarquable, qui offrent une acoustique idéale. Cette singularité renforce l’atmosphère du concert et ajoute une dimension visuelle et patrimoniale à l’expérience.

Tristan Baille : Pourquoi privilégier des cadres intimistes pour ces concerts plutôt que des salles traditionnelles ?

Candlelight : Les lieux choisis créent une atmosphère propice à une écoute plus sensorielle. La proximité avec les musiciens, l’éclairage à la bougie et l’acoustique transforment l’écoute en expérience immersive. Candlelight s’inscrit dans une volonté de renouveler le rapport à la musique classique, en la rendant plus accessible et moins codifiée.

Tristan Baille : Qu’est ce qui motive la sélection de thèmes très variés, de Coldplay à Chopin, dans une même série de concerts ?

Candlelight : Le choix de mêler des œuvres classiques et des morceaux plus contemporains répond à une volonté d’ouverture. L’idée est de dépasser les frontières de genre pour proposer une expérience musicale accessible à tous. Cette programmation variée permet de créer des passerelles entre les époques et les publics.

Tristan Baille : Quel est l’intérêt de mêler créations classiques (ex. Vivaldi, Einaudi) et hommages à des artistes contemporains comme Adele, Taylor Swift ou Hans Zimmer ?
Candlelight : Avec des initiatives comme Candlelight, Fever réinterprète la musique classique, notamment en incluant des thématiques modernes et populaires (par exemple, Coldplay, Taylor Swift, Ed Sheeran) jouées par des instruments classiques, pour créer un pont entre les générations et toucher un large public.

Tristan Baille : Quel genre de fréquentation ces concerts attirent ils ? Plutôt des mélomanes avertis ou un public plus généraliste ?

Candlelight : Notre large répertoire attire un public varié, des amateurs de musique classique aux fans de musique moderne, rendant l’expérience musicale inclusive et intergénérationnelle.

Tristan Baille : Quel souvenir les spectateurs évoquent ils souvent à propos de ces soirées éclairées à la flamme ?

Candlelight : Beaucoup parlent d’un “moment suspendu”. Ce qui revient souvent, c’est la sensation d’avoir vécu une expérience apaisante. Certains évoquent la beauté du lieu, sublimée à la lueur des bougies, d’autres, l’émotion d’un morceau redécouvert.

Äkta à Genève, le bistrot qui façonne aussi ses assiettes

Äkta à Genève, le bistrot qui façonne aussi ses assiettes

À Plainpalais, Lisa Otterström et Grégoire Lieutet ont ouvert une adresse à leur image, libre, chaleureuse et profondément attachée au “fait maison”. Du pain au levain à la céramique, leur goût pour l’artisanat donne une personnalité singulière à cette table où l’on vient autant pour manger que pour se retrouver.

SACRÉE – MARGAUX

SACRÉE – MARGAUX

Margaux est messagère de l’invisible. Elle canalise les messages de vos guides, vos proches disparus, vos animaux, ou simplement ce qui cherche à se présenter à vous à ce moment précis de votre vie. Elle est le pont, entre ce que vous vivez et ce que vous ne savez pas encore entendre.

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

Interview Marlene Emilie Lyngstad / Cute / New directors

At the San Sebastián International Film Festival, I met filmmaker Marlène Emilie Lyngstad at the Hotel María Cristina to discuss « Cute », her debut feature. Exploring transgressive desires and a relationship that resists straightforward moral categorisation, the film deliberately places the viewer in an uncomfortable position : it asks audiences neither to endorse its characters’ behaviour nor to condemn them outright, but to take the time to examine what lies behind their impulses, their loneliness and their need to be loved.

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

Geister / Rencontre avec Fatih Akin

I feel a sense of gentleness mingled with something far more painful, as though Fatih Akin had wanted to rediscover, beneath all the violence, all the wounds and all the shadowy places his cinema has so often explored, a more unguarded, almost purer form of feeling, something that still belongs to that age when we can love before we have learned to protect ourselves, when we believe everything is beginning at the very moment life may brutally decide that everything must stop.

Faris and Farasha are twenty when they meet, a single glance is enough, then Farasha dies that very night, yet their story does not end there, because she manages to reach Faris in his dreams for forty nights, and I love this idea deeply because it turns the supernatural into something profoundly intimate: not the spectacular wish to bring back the dead, but the much simpler, far more universal longing for a little more time with someone we have just lost.

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Interview Naemi Ada about « Body of Glass », at the San Sebastián International Film Festival

Tristan Baille : In « Body of Glass », artistic creation is at times connected with violence, destruction and human contradictions. Was this something that was already on your mind when you were writing the film ?

Naemi Ada : Yes, I thought about it a lot while writing, about the way art can sometimes emerge from violence, destruction or contradiction. We are human beings, and we are made up of very different things, sometimes even opposing things. Nothing is completely pure or perfectly coherent. There can be something strange in the way we live, communicate and behave towards one another, and art is also part of that complexity. For me, making a film is perhaps a way of entering into those contradictions rather than trying to resolve them.

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

VALÉRIE HADIDA, L’ÂME AU BOUT DES DOIGTS

C’est une belle découverte pour moi. Au 28, place des Vosges, sous les arcades de l’une des places les plus emblématiques de Paris, je découvre à la Jakobson Gallery un écrin qui semble avoir été imaginé pour les sculptures de Valérie Hadida. Entre la géométrie souveraine de la pierre, la lumière changeante des galeries couvertes et les silhouettes de l’artiste, une évidence s’impose presque immédiatement. Je n’ai pas l’impression de voir des œuvres simplement exposées : elles semblent avoir trouvé une demeure.

PALO SANTO – IBIZA

PALO SANTO – IBIZA

Il y a des endroits qui portent en eux quelque chose d’indéfinissable. Une énergie, une âme. Las Dalias, à San Carlos, est de ceux-là. Ce qui a commencé en 1954 comme une simple bodega de village est devenu au fil des décennies l’un des lieux les plus mythiques d’Ibiza. Le marché hippie du week-end, connu dans le monde entier, attire créateurs, voyageurs et insulaires depuis des générations. En semaine, le marché nocturne prend le relais, avec ses cent stands de mode, bijoux et artisanat baignés de lumières féeriques et de musique envoûtante. Et chaque mercredi soir, c’est le célébrissime Namaste, qui s’empare du jardin dès 19h, avant de migrer vers le club Akasha pour prolonger la nuit. Une célébration qui rassemble depuis plus de 25 ans autour de la danse, de la musique, de l’amour et de la paix. Ici, tous les âges, tous les styles, toutes les tribus se croisent et se mélangent. C’est ça, Las Dalias. Un lieu de vie à part entière, ouvert, coloré, libre. Exactement l’endroit où l’on s’attend à trouver un restaurant comme Palo Santo.

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri Genève, le sushi bar culte prend l’accent Suisse

Matsuri a choisi les Eaux-Vives pour poser ses premières assiettes en Suisse. Une arrivée qui marque un nouveau chapitre pour cette enseigne née à Paris en 1986, connue pour son kaïten, ce tapis roulant autour duquel s’organise le repas. À Genève, le concept a été entièrement repensé avec Pesca Rouge, poissonnerie et table carougeoise fondée par Anaïs et David Comerro, qui apporte au projet son expertise du produit et son ancrage local.