Quand le luxe épouse la mémoire du cinéma

À l’angle exact où les Champs Élysées croisent l’avenue George V, se dresse un hôtel qui ne ressemble à aucun autre. L’Hôtel Barrière Fouquet’s Paris n’est pas seulement digne d’un palace : c’est un décor vivant, un souffle de pellicule suspendu dans le temps, un lieu où chaque reflet de miroir semble murmurer une réplique d’acteur.

L’histoire d’un mythe parisien

Tout commence en 1899, lorsque la Brasserie Fouquet’s ouvre ses portes. Rapidement, les artistes, les écrivains, les producteurs et les comédiens en font leur quartier général. Dans les années d’après guerre, les banquettes rouges accueillent Jean Gabin, Jeanne Moreau, Belmondo, Romy Schneider, et tant d’autres. Le Fouquet’s devient le rendez vous de la légende et du hasard, de ceux qui préfèrent dîner sous les projecteurs que s’éclipser dans l’ombre. Depuis les années 1970, le dîner des César prolonge cette filiation : chaque hiver, le cinéma français s’y retrouve pour célébrer ses triomphes et ses regrets.

Le geste architectural

Quand le Groupe Barrière décide d’y adjoindre un hôtel, il fallait préserver la magie. L’architecte Édouard François choisit d’unifier plusieurs immeubles anciens en respectant la silhouette haussmannienne, sans la figer. Le résultat est une façade sage, dorée par la lumière du soir, derrière laquelle se cache un univers feutré, pensé par Jacques Garcia. Son style, à la fois fastueux et intime, marie velours grenat, dorures tamisées et boiseries patinées. Après la rénovation de 2017, l’ensemble a gagné en clarté, en douceur, en souffle contemporain.

Chambres et suites

Les chambres s’ouvrent comme des alcôves. On y entre comme dans un cocon d’étoffes et de silence. Les matières jouent la confidence : cuir grainé, satin pâle, rideaux lourds et têtes de lit capitonnées. Les suites, elles, prennent des airs de loges d’artiste : grandes portes, miroirs à facettes, terrasses suspendues sur l’Arc de Triomphe. La Suite Harcourt, hommage à l’incontournable studio photo, permet même aux hôtes de vivre l’expérience d’un véritable portrait de star, dans un décor de clair obscur digne d’un film de Marcel Carné.

La brasserie et les tables

Sur le trottoir des Champs Élysées, la Brasserie Fouquet’s conserve son aura originelle. Les nappes immaculées, les serveurs en veston noir, les cadres de portraits Harcourt : rien n’a disparu, tout a été soigné. Le chef Pierre Gagnaire a réinventé la carte avec élégance, gardant les plats emblématiques, sole meunière, millefeuille, entrecôte grillée, tout en y glissant des éclats d’inventivité.

À l’arrière, le restaurant Joy offre une respiration plus végétale. Le jardin secret qui s’y cache donne l’impression d’être à mille lieues du tumulte. C’est un refuge inattendu, un espace suspendu entre les feuilles, où le parfum des fleurs se mêle à celui du café du matin.

Les bars et la vie nocturne

Le Joy Bar prolonge cette atmosphère d’intimité feutrée. On y vient pour un cocktail au crépuscule, quand la ville allume ses enseignes. Un peu plus haut, le Marta se cache derrière une porte dérobée : bar confidentiel l’hiver, il s’ouvre l’été sur un toit terrasse d’où l’on voit l’avenue couler comme un fleuve de phares. À l’intérieur, la musique se mêle au murmure des conversations, comme si les nuits parisiennes avaient trouvé là leur point d’équilibre entre élégance et abandon.

Le spa et la quiétude

Sous les pavés dorés, un autre monde existe. Le Spa Decorté Fouquet’s Paris, (qui cache un ice room extraordinaire), abrite une piscine de quinze mètres, un hammam, un sauna et des cabines où l’on oublie le temps. Les soins, précis et enveloppants, réconcilient la lenteur et la perfection. C’est un lieu de silence et de lumière, un sanctuaire discret où la fatigue se dissout dans l’eau tiède.

L’esprit d’un lieu

L’Hôtel Barrière Fouquet’s Paris appartient à cette catégorie d’adresses qui ne trichent pas. Derrière le prestige, il y a un vrai sens de l’hospitalité. Le personnel parle bas, sourit sans emphase, et veille sur les hôtes comme sur des personnages d’un film qu’on ne voudrait pas brusquer. On s’y sent acteur d’un récit invisible, invité à une première sans caméra.

La nuit, quand les Champs Élysées se vident et que les taxis disparaissent sous la pluie, l’Hôtel Barrière Fouquet’s Paris demeure allumé, comme un théâtre après la dernière scène. Derrière les vitres, un serveur range les verres, une femme seule regarde la ville s’endormir depuis son balcon. Au loin, l’Arc de Triomphe se découpe dans la brume. Et l’on comprend alors que cet hôtel n’est pas un lieu de passage mais une parenthèse dans la vie du monde, un écrin où Paris se rêve encore, comme au temps du noir et blanc.

Hôtel Barrière Fouquet’s Paris

46 av Georges 5

75008 Paris

Photos : Patrick Messina

Maison Mayane, le bistrot français qui a tout compris

Maison Mayane, le bistrot français qui a tout compris

Porte Maillot, place ronde, heure de pointe. On ne s'attendrait pas forcément à trouver là une nouvelle adresse qui donne envie d’y rester. Et pourtant, Maison Mayane vient d'ouvrir ses portes au 2 place Porte Maillot, quatrième table du groupe l'Atelier Entrecôte & Volaille, après deux adresses parisiennes bien installées dans le paysage, rue Réaumur et boulevard Beaumarchais, et un succès confirmé à Reims. Le nom sonne bien, il fait maison, il a ce petit quelque chose de familier qui prévient la suite.

Jules Verne au Grand Hôtel des Rêves : Paris embarque pour un voyage extraordinaire

Jules Verne au Grand Hôtel des Rêves : Paris embarque pour un voyage extraordinaire

Il existe des spectacles que l’on regarde assis dans un fauteuil, à distance respectable de la scène. Et puis il y a ceux qui vous attrapent par la main, vous font franchir une porte, traverser un couloir, descendre dans les profondeurs, lever les yeux vers les étoiles et oublier, pendant près d’une heure, que vous êtes encore à Paris. “Jules Verne, Le Voyage Extraordinaire”, présenté au Grand Hôtel des Rêves, appartient clairement à cette seconde catégorie.

Annonce programme Comédie Française

Annonce programme Comédie Française

La saison 2026-2027 de la Comédie-Française s’annonce comme une grande traversée du théâtre : un voyage entre les siècles, les langues, les héritages et les voix d’aujourd’hui. Elle affirme avec éclat l’idée d’un répertoire vivant, non comme un musée immobile, mais comme une matière ardente, toujours capable de nous parler, de nous troubler, de nous rassembler.

Interview de Stevie Doc

Interview de Stevie Doc

Tristan Baille : You have had an incredible rise: your studies, television, then the West End with Mamma Mia !… How do you look back on that journey today ?

Stevie Doc : It’s quite crazy when I think about it… I was still training at ArtsEd in London when the Mamma Mia! adventure came along. Of course, I had worked for it, I had trained, I had studied, but going from a musical theatre school to a television show, and then to a leading role in the West End, was a huge shock.

Ces bars d’hôtel qui suspendent le temps

Ces bars d’hôtel qui suspendent le temps

ORA, Tempora, Balzac, Le Charles… Quatre adresses, quatre façons de réapprendre à s’attarder le temps d’une soirée.

Des bars, oui, au sens technique du terme, mais surtout des états d’âme érigés en adresses. Quatre d’entre eux s’imposent cet été comme autant d’échappées belles où l’on arrive sans vraiment savoir pourquoi et d’où l’on repart avec l’intime conviction que quelque chose vient de changer, de façon imperceptible.

ORA, pop-up estival, Versailles Waldorf Astoria Trianon Palace

Chez Julien, l’adresse du Marais qu’on ne veut plus quitter

Chez Julien, l’adresse du Marais qu’on ne veut plus quitter

À deux pas de la Seine, une ancienne boulangerie classée monument historique abrite l'une des tables les plus attachantes du Marais. Chez Julien tient le coin depuis des années, et ce printemps, il semble avoir décidé de passer la vitesse supérieure.

Le restaurant s'est glissé dans le décor du 4ᵉ arrondissement comme si le quartier l'avait toujours attendu. Vue sur le pont Louis-Philippe, l'église Saint-Gervais en toile de fond, et la Seine à deux pas : difficile de trouver un cadre plus parisien.

L’Atelier du Chocolat à Bayonne

L’Atelier du Chocolat à Bayonne

À Bayonne, le chocolat n’est pas seulement une gourmandise : c’est une histoire, une odeur, une tradition qui semble flotter dans les rues. Parmi les maisons qui font vivre cet héritage, L’Atelier du Chocolat (35 boutiques en France) occupe une place particulière. Installé dans une ville où le cacao fait partie du patrimoine, il invite les visiteurs à découvrir un univers à la fois artisanal, chaleureux et créatif.