Les Trésoms : L’alchimie de deux eaux

Sur les hauteurs d’Annecy, un chef tisse un dialogue gourmand entre deux eaux

Il existe des lieux où le temps suspend son vol. Des adresses confidentielles où l’on vient chercher non pas l’effervescence, mais cette rareté devenue luxe suprême : la contemplation. Perché sur les hauteurs du lac d’Annecy, l’hôtel Les Trésoms cultive depuis plus d’un siècle cet art de la discrétion élégante. Ici, on préfère voir plutôt qu’être vu.

Une renaissance Art Déco

Depuis que Véronique et Pascal Droux ont repris cette institution annécienne en 1998, Les Trésoms n’a cessé de se réinventer tout en respectant son âme. La rénovation de 2019 à 2022 a magnifié La Rotonde, ce restaurant panoramique emblématique des années 1930. Sarah Lavoine et Patrick Jouin ont orchestré cette renaissance avec une sensibilité rare, mariant les pièces uniques d’artisans locaux aux créations iconiques.

Les tables en chêne gainées de cuir appellent au toucher. Les couverts Zermatt de Puiforcat dialoguent avec les couteaux des Alpes en genévrier. Et là, dans deux arches, comme des clins d’œil malicieux à la modernité, deux œuvres de Jeff Koons : un Balloon Dog magenta et un Balloon Swan jaune, créent une délicieuse collision entre l’art contemporain et le savoir-faire à la française de Bernardaud.

L’alchimie d’Éric Prowalski

Mais la véritable révolution des Trésoms tient dans les mains d’un homme. Éric Prowalski, chef des cuisines depuis 2011, a connu une véritable métamorphose culinaire. Ancien sportif de haut niveau, formé auprès de Jean-Marie Amat, Philippe Etchebest et dans les cuisines triplement étoilées de Taillevent, il a longtemps cherché sa voix. Jusqu’à cette introspection profonde qui l’a ramené à ses racines.

Aujourd’hui, chaque assiette qu’il compose raconte une histoire de géographie intime. Celle d’un enfant du bassin d’Arcachon, fils d’un père basque et d’une mère arcachonnaise, devenu Savoyard d’adoption. « J’ai la chance d’une double culture », confie-t-il. Cette dualité n’est pas une contrainte, c’est son territoire d’expression. L’eau, qu’elle soit océanique ou lacustre, devient le fil conducteur de sa cuisine.

D’un côté, l’horizontalité infinie d’Arcachon, la puissance des vagues, l’iode qui saisit. De l’autre, la douceur du lac d’Annecy, ce miroir lové dans ses montagnes, aux reflets changeants comme autant de promesses. La féra locale trouve un écho inattendu dans les huîtres du Sud-Ouest. Le brochet du lac se pare d’algues et de salicornes pour révéler une dimension insoupçonnée.

Cette cuisine de l’âme, épurée, féminine et colorée, lui a valu une étoile au Guide Michelin en 2021 et le trophée Gault & Millau de la Cuisine de la Mer. Mais au-delà des récompenses, c’est une véritable identité qui s’est affirmée.

L’engagement d’une maison

Les Trésoms ne se contente pas d’offrir une expérience gastronomique. Labellisé Clef Verte, l’établissement a installé dès 2004 des capteurs solaires couvrant 70 % de ses besoins énergétiques. Un digesteur transforme 100 kilos de déchets en 1 kilo. Le rucher accueille 800 000 abeilles dont les marraines et parrains sont des entreprises locales. Une charte RSE engage collaborateurs et fournisseurs dans cette démarche vertueuse.

L’hôtel soutient également Stéphane Tourreau, vice-champion du monde d’apnée, dont la discipline fait écho à cette philosophie du lâcher-prise et de la connexion à l’essentiel. Au MontSpa, on peut d’ailleurs s’initier à la relaxation sous-marine, expérience sensorielle unique entre hammam mauresque, sauna scandinave et rituels Thalgo.

Un art de vivre

Avec ses 52 chambres rénovées, ses deux villas thématiques dotées de piscines privatives « Comme un Jardin » et « Comme un Voyage », Les Trésoms cultive l’art de recevoir à la française. Ici, le luxe n’est jamais fastueux. Il se devine dans l’attention aux détails, dans la vue à 180 degrés sur le lac, dans ce sentier qui rejoint en quelques minutes l’effervescence de la vieille ville d’Annecy tout en préservant la quiétude d’un parc arboré.

C’est cette alchimie des contraires qui fait tout le charme de la maison : ville et campagne, forêt mystérieuse et lac turquoise, tradition et modernité. Un lieu en retrait où le temps retrouve son véritable rythme, celui des saisons, des produits qui arrivent à maturité, des émotions qui s’épanouissent lentement.

Et quand la lune se lève sur le lac d’Annecy, illuminant la Rotonde de ses reflets argentés, on comprend que certaines adresses ne se découvrent pas par hasard. Elles se méritent, comme ces havres secrets où l’on revient toujours, saison après saison, pour retrouver cette part d’essentiel qui nous échappe ailleurs.

Article rédigé par Mallorie

Les Trésoms Lake and Spa Resort
15, boulevard de la Corniche – 74000 Annecy
https://www.lestresoms.com

www.instagram.com/lestresoms

Cesari Hotel 9Collection

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Le Cesari Hôtel 9Collection est de ces adresses qui s’imposent d’abord par leur atmosphère. Avant même de penser à Rome, à ses places, à ses fontaines, à ses merveilles, on entre ici dans un univers à part, un lieu qui possède son identité propre, sa respiration, sa manière singulière d’accueillir. Tout, dès les premiers instants, donne le sentiment d’un hôtel qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui sait très exactement ce qu’il est : une adresse élégante, chaleureuse, profondément agréable, où l’on comprend immédiatement que le séjour sera placé sous le signe du goût et du confort.

Quinzerie Hôtel : l’adresse parisienne qui cultive l’art de vivre du 15ᵉ

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À Paris, les hôtels qui racontent une véritable histoire deviennent rares. Niché dans le très vivant quartier Saint-Charles, dans le 15ᵉ arrondissement, le Quinzerie Hôtel incarne justement cette nouvelle génération d’adresses qui préfèrent l’authenticité à l’apparat, et l’art de vivre parisien à l’agitation touristique. Ouvert en 2022, cet hôtel de quartier revendique une élégance contemporaine et une atmosphère presque confidentielle, pensée pour celles et ceux qui aiment découvrir la capitale autrement.

Au Théâtre Lepic, « Dessiner encore ».

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Le spectacle avance avec une pudeur rare, dans cet endroit fragile où la parole cherche moins à raconter qu’à survivre à ce qu’elle raconte. Il y a, dès les premiers instants, quelque chose de retenu, de presque tremblé, qui donne à cette proposition sa vibration particulière. Rien n’est forcé. Rien n’est appuyé. Tout semble naître d’une nécessité intime.

Made in France

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« Made in France », au Théâtre de la Renaissance, c’est d’abord une énergie. Quelque chose de tendu, de vivant, de collectif, qui circule du début à la fin et qui donne au spectacle sa vibration très particulière.

La poupée

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Avec « La Poupée », la réalisatrice Sophie Beaulieu choisit de raconter une histoire qui pourrait n’être qu’un simple point de départ insolite, mais qui sert surtout de révélateur. Le film suit Rémi, un homme qui, après une rupture, s’est replié dans une relation sans risque avec une poupée appelée Audrey. L’arrivée d’une nouvelle collègue fait vaciller cet équilibre fragile, puis le récit bascule lorsque la poupée prend vie.