« Les Misérables » au Théâtre du Châtelet

Les Misérables : Universel.

Cette comédie musicale dure 3 heures et fut originellement produite sur scène à Londres et à Broadway par Cameron Mackintosh. 

Un Livret d’après le roman de Victor Hugo. Adapté par Trevor Nunn et John Caird. 

La musique, sublime, est de Claude-Michel Schonberg.

La mise en scène de Ladislas Chollat est judicieuse, s’adaptant à tous les éléments visuels et sonores. Les artistes venant jusque dans la salle. 

La direction musicale est d’Alexandra Cravero (en alternance avec Charlotte Gauthier). L’orchestre est présent, caché dans l’ombre et pourtant si important. Magique. Envoûtant. Puissant.

Les décors, variés, coulissants, sont d’Emmanuelle Roy. Ils apportent une ambiance mélancolique et tragique.

Les costumes de Jean-Daniel Vuillermoz s’avèrent parfaits. Réalistes.

Les lumières d’Alban Sauvé, spectrales, créent parfois une atmosphère de crainte, parfois de joie.

Les vidéos de CUTBACK, rappellent d’ailleurs certains croquis de Hugo lui même dans cette époque trouble.

Au niveau du casting, du monde sur scène. 

Benoit Rameau : Jean Valjean

Sébastien Duchange : Javert

Claire Perot : Fantine 

David Alexis : Monsieur Thenardier

Christine Bonnard : Madame Thenardier

Juliette Artigala : Cosette

Jacques Preiss : Marius

Océane Demontis : Eponine

Stanley Kassa : Enjolras 

Maxime de Toledo : L’évêque de Digne

Les rôles (enfants) de Gavroche, Cosette et Eponine sont interprétés par les membres de la maîtrise des hauts de Seine.

C’est une comédie musicale mondialement célèbre, où chaque personnage a sa chanson. Applaudie par 130 millions de personnes, avec son histoire, sa légende, ses symboles.

Cette nouvelle production reprend les chansons mythiques (le grand jour, mon histoire, à la volonté du peuple, j’avais rêvé), avec un livret néanmoins retravaillé par Alain Boublil.

Les personnages sont mis en valeur par la mise en scène. Des scènes de sentiments naissants aux émeutes parisiennes. Les décors s’enchaînent comme par magie. C’est une fresque gigantesque qui dévoile toutes les questions importantes d’une époque. Les différences sociales. La misère. L’humanisme dans le cœur. 

La générosité. Le courage.

Notamment avec la rédemption de Jean Valjean. Le peuple français se battant pour des causes justes.

Les numéros musicaux sont extraordinaires. L’ouverture et le prologue créent une émotion particulière qui ne nous quitte plus. 

L’acte 1, avec la mort de Fantine, nous prend aux tripes. Gavroche. Le café. Le cœur au bonheur. La volonté du peuple semble naître dans les visages des spectateurs. Et cet acte 2…des barricades, des attaques, du sang. C’est la faute à Voltaire mais il faut se battre comme un homme. Les mendiants à la fête puis un final en apothéose. 

C’est davantage un opéra pour moi. Moderne. Puissant, j’insiste. Poignant. 

Alain Boublil renoue avec les origines de ce chef d’œuvre que les français connaissent bien. Un drame opulent, généreux, plein d’emphase. Avec une sincérité incroyable des interprètes. Jean Valjean, qui veut se racheter, incarne ces hommes qui veulent échapper à leur destinée de façon bouleversante. On entend son appel au secours. 

Une comédie musicale sur un texte illustre n’est pas évident.

Il faut transformer des pages et des pages en des succès chantés en 3 minutes, dont on retient facilement les airs. La chorégraphie, le théâtre et le chant s’embrassant autour d’un roman magique. Les vidéos projetées ne dérangent pas, elles participent à la poésie de l’ensemble. Ces moment sombres réveillent bien des blessures. Les costumes plongent le public dans cette misère d’une époque, où même les vêtements sont abîmés comme les âmes.

Pour créer un opéra rock français, la musique parfois mystique est un fil conducteur qui lie habilement les scènes entre elles. Mais sans les dénaturer. En gardant l’essence du texte, les difficultés sociales rencontrées par les personnages. La tension dramatique, romantique, reste intacte du début à la fin pour cette comédie musicale plus jouée que West Side Story !

Les mots et la musique sont deux miroirs l’un en face de l’autre, prouvant l’injustice de la société du 19 eme qui ne laisse pas des inconnus s’exprimer. Mais ils veulent être libres. Dans une vie fragile qui peut basculer d’un instant à l’autre. 

Je sors du Théâtre du Châtelet avec bien des souvenirs et des rêves. Comment ont ils réussi à résumer ce symbole de la littérature française en quelques heures ? La musique. Les mots. Les héros et héroïnes en quête du bonheur, affrontant les difficultés sociales. Fantine. Eponine. Leurs vies brisées. Leur bonté loin des Thenardier immondes et drôles malgré tout. 

Cet spectacle est magnifique. Bouleversant. Universel.

Merci.

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.