Dans les pierres du Relais Histò, mille ans d’histoire murmurent encore

Au bord du Mar Piccolo dans les Pouilles, entre basilique du XIe siècle et oliviers millénaires, le Relais Histò réinvente l’art de l’hospitalité méditerranéenne. Rencontre avec un lieu habité par le temps.

Le pari fou d’un homme amoureux

On ne tombe pas sur le Relais Histò par hasard. Il faut vouloir s’écarter des circuits touristiques, quitter les routes saturées qui mènent vers Lecce ou Alberobello, et s’aventurer vers Tarente, cette ville des deux mers que l’on ignore trop souvent. C’est là, au bord du Mar Piccolo, cette étendue d’eau intérieure où l’on cultive encore huîtres et moules selon des gestes ancestraux, que Giovanni Colomba a relevé un défi insensé : faire renaître une masseria en ruine et sa basilique romane effondrée.

Nous sommes en 1994. Là où la plupart ne voient qu’un chantier titanesque, cet enfant du pays devine une promesse. Pierre après pierre, fresque après fresque, il redonne vie à un patrimoine oublié. Trente ans plus tard, le miracle a eu lieu. La basilique du XIe siècle dresse à nouveau ses trois nefs majestueuses, accueillant concerts et mariages sous ses voûtes restaurées. Les fondations ont même révélé un secret : un aqueduc romain, témoignage silencieux de l’ingéniosité antique, aujourd’hui ouvert aux visiteurs.

Quand la pierre dialogue avec la lumière

Mais Giovanni n’a pas restauré une église. Il a créé un univers. Quarante-huit chambres et suites, dont quinze suites spacieuses, se déploient autour de la basilique et du cloître. Ici, pas de surenchère décorative : le design contemporain s’efface devant la beauté brute de la pierre millénaire. Les volumes sont généreux, la lumière omniprésente. Certaines chambres dévoilent des voûtes anciennes, d’autres s’ouvrent sur des terrasses intimes tournées vers les oliveraies. La Suite Mar Piccolo, joyau de la propriété, offre cette double vue rare : les jardins d’un côté, la mer intérieure de l’autre.

Une cuisine de mémoire et de saison

Le soir, la cour pavée se métamorphose. Les tables dressées, les bougies allumées, le parfum des jasmins qui monte dans l’air tiède : le Relais devient théâtre d’une gastronomie profondément ancrée dans son terroir. Adriana, l’épouse de Giovanni, ancienne ingénieure aéronautique reconvertie dans l’hôtellerie, veille au grain avec la précision qu’elle mettait jadis à concevoir des avions. Chaque matin, Donato arrive avec son panier : légumes du potager, fruits gorgés de soleil. L’huile d’olive vient du domaine, intense et parfumée. Même la pizza devient un manifeste : pâte fine, ingrédients simples sublimés, pas de folklore inutile.

Le temple de la régénération

Cette exigence, on la retrouve au spa. Giovanni, habitué des thermes, rêvait d’un sanctuaire minéral. Il a créé un espace de 2 000 m² où la pierre converse avec l’eau et la lumière. Sauna face au jardin méditerranéen, hammam oriental noyé de vapeurs, bassins chauffés aux jets massants, piscine intérieure qui se prolonge à l’extérieur, creusée dans la roche, avec vue sur les oliviers. On y oublie le temps, on y retrouve son souffle.

La garde millénaire des oliviers

Autour, la propriété s’étend sur des hectares. Des milliers d’oliviers centenaires montent la garde, leurs troncs noueux sculptés par les siècles. Entre leurs rangées argentées, poussent melons et pastèques. Et toujours, au loin, le Mar Piccolo et ses pêcheurs qui perpétuent des gestes immuables.

L’hospitalité comme philosophie de vie

Le Relais Histò n’est pas un hôtel où l’on pose seulement ses valises. C’est un endroit où l’on accepte de ralentir, de se laisser traverser par une mémoire plus vaste que soi. Giovanni et Adriana, souvent présents, ne jouent pas les propriétaires invisibles. Ils sont là, attentifs, heureux de voir leur domaine vibrer. Leur neveu, Giovanni Colomba Junior, directeur marketing, incarne la relève : même passion, regard tourné vers l’avenir.

Les Pouilles authentiques commencent ici. Tarente et son château aragonais, son musée archéologique MARTA qui abrite l’une des plus belles collections de la Grande-Grèce. Matera et ses Sassi à une heure de route. Ostuni la blanche, Lecce la baroque. Mais on pourrait très bien ne jamais quitter le Relais. Rester sous les oliviers, écouter le silence, sentir la chaleur de la pierre au crépuscule.

C’est cela, finalement, le luxe que propose Giovanni : du temps retrouvé, une connexion perdue, la sensation troublante que les siècles habitent encore les lieux. Et qu’il suffit de tendre l’oreille pour les entendre murmurer.

Article rédigé par Mallorie

Relais Histò San Pietro sul Mar Piccolo
Contrada Sant’Andrea Circummarpiccolo, 74123 Taranto – Italie
www.relaishisto.it

instagram.com/relais_histo

Interview Barbara Schulz

Interview Barbara Schulz

Barbara Schulz a construit un parcours rare, fait de fidélité au théâtre, de justesse dans le jeu et d’audace dans ses choix artistiques. Deux fois couronnée aux Molières, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles de sa génération, capable de passer avec une élégance singulière de la comédie à l’émotion la plus profonde. Chaque rôle qu’elle touche porte l’empreinte de son intensité et de sa sincérité.

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

HÄMBRE : L’âme méditerranéenne sublimée à Ibiza 

Installé au cœur de Santa Eulalia, à Ibiza, Hämbre s’impose comme une parenthèse enchantée où l’esprit méditerranéen rencontre une esthétique vintage et délicatement romantique. Dans ce refuge inspiré par la mer et les saisons, chaque détail raconte une histoire : la lumière tamisée, les textures patinées, une ambiance sonore pensée avec soin… et bien sûr, une cuisine sincère, raffinée, profondément ancrée dans son terroir.
Que l’on s’installe à l’intérieur, dans cet écrin chaleureux, ou sur la terrasse animée, Hämbre invite à savourer un instant hors du temps.

Tailor Trucks 

Tailor Trucks 

Lorsque j’arrive devant la boutique Tailor Trucks de l’avenue de Wagram, la façade a déjà quelque chose d’apaisant, presque intime : un décor qui semble inviter à ralentir et à entrer dans un lieu où l’élégance se travaille à l’échelle du détail. À l’intérieur, les étoffes se succèdent comme une bibliothèque tactile, les carnets d’échantillons respirent le savoir faire, et le parfum discret du cuir et du bois donne au showroom l’atmosphère d’un atelier parisien revisité. C’est là que je suis accueilli par Johann Allaf, l’un des créateurs de Tailor Trucks (Lylian Allaf étant l’autre magicien), sourire franc et regard attentif, comme si chaque client méritait déjà toute son attention.

Interview de Laurent Bentata

Interview de Laurent Bentata

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un retard. Il y avait surtout une envie, très forte, de la part du public. Et il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des spectacles à gros budget : Le Roi Lion, par exemple, doit pouvoir se défendre. Nous avons commencé avec Cabaret. Très vite, nous avons compris qu’il existait un vrai potentiel. Cela prend du temps, bien sûr. Il faut créer des spectacles, organiser une rencontre régulière avec le public, proposer des productions marquantes, iconiques. Nous avons choisi ce qui se fait de mieux à Broadway ou dans le West End, pour permettre au public français de s’adapter à un genre un peu différent de notre tradition musicale. Ce n’est pas un choc, mais une nouvelle pratique. Je savais que ce serait un marathon, et il fallait être patient.

Interview Léa Lopez

Interview Léa Lopez

Entrer à la Comédie Française, c’est franchir un seuil où l’histoire du théâtre français semble veiller dans chaque couloir, dans chaque dorure, dans chaque souffle. Cet après midi là, alors que la lumière descend doucement sur les arcades du Palais Royal, je traverse les salons feutrés de l’institution avec la sensation très nette d’être observé : le buste de Molière, planté dans son éternelle vigilance, paraît me surveiller du coin de l’œil, comme pour s’assurer que je ne me laisse pas aller à la rêverie. C’est dans cette atmosphère à la fois solennelle et étrangement familière que je m’apprête à rencontrer Léa Lopez, qui brille actuellement dans L’École de danse de Goldoni, portée par une énergie sincère et une présence déjà affirmée.

Le Banville (réseau Émeraude)

Le Banville (réseau Émeraude)

Les hôtels du réseau Émeraude forment une constellation discrète dans le ciel parisien : des adresses qui ne cherchent pas à briller par le clinquant, mais par une présence subtile, presque instinctive. On y entre comme on ouvre un livre dont les pages auraient été patinées par des voyageurs anonymes, chacun laissant un murmure, un parfum, une trace de lumière derrière lui.

« L’école de danse » à la Comédie-Française

« L’école de danse » à la Comédie-Française

Dans l’air délicatement poudré de la salle Richelieu flotte une lumière qui ne tombe jamais tout à fait : elle glisse, elle effleure, elle s’attarde comme un soupir sur les moulures dorées. Et au centre de ce théâtre chargé d’histoire, c’est un décor réaliste qui attire le regard, aux pieds des passants, derrière des fenêtres du plus bel effet romantique. Un vaste studio imaginaire où les planches craquent comme une respiration, où les pas se cherchent, où les corps apprennent à parler avant les mots. Ainsi se déploie L’École de danse à la Comédie-Française, ressuscitée avec une douceur ironique par Clément Hervieu-Léger, dont la mise en scène ressemble à un battement de cœur, précis, pudique, et pourtant vibrant d’une tendresse secrète. La pièce de Goldoni, longtemps reléguée sur les étagères du répertoire, renaît dans une clarté nouvelle. Rien d’ostentatoire : juste la grâce discrète d’un texte qui, sous ses airs souriants, raconte la jeunesse qui se faufile entre les règles, l’élan qui défie les conventions, l’art qui se fraie un passage dans le carcan des habitudes. On y voit des danseuses qui rêvent d’échapper à leurs tutelles, des maîtres qui s’accrochent à leurs certitudes, des jeunes gens qui voudraient vivre autrement que ce qu’on a décidé pour eux. Tout cela bouge, pulse, hésite, s’emporte, comme si le plateau lui même se souvenait qu’il fut, avant d’être un temple du verbe, une cour de récréation des possibles.

Manon Colombies, Groupe Festina

Manon Colombies, Groupe Festina

Dans le paysage horloger, où la tradition pèse souvent plus lourd que l’innovation, Manon Colombies avance avec une assurance tranquille. Directrice Générale du Groupe Festina, elle s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la profession, alliant une sensibilité venue de la mode à une compréhension fine des mécaniques horlogères.