Par Mallorie LOISEAU
Au cœur de Salvador de Bahia, le Fasano occupe un bâtiment Art déco des années 1930 qui abritait autrefois le journal A Tarde. L’architecte brésilien Isay Weinfeld y a imaginé un hôtel de 70 chambres, en conservant plusieurs éléments d’origine. Une adresse qui donne autant envie de s’intéresser à son architecture qu’à la ville qui l’entoure.
Salvador est une ville qui ne ressemble à aucune autre au Brésil. Ancienne capitale du pays, elle possède un patrimoine architectural remarquable, une culture profondément marquée par ses racines africaines et une vie musicale qui accompagne le quotidien. Ses façades colorées, ses églises baroques et ses rues animées attirent les voyageurs, mais il serait dommage de ne s’intéresser qu’à son centre historique.
Sur la Praça Castro Alves, un imposant bâtiment des années 1930 témoigne d’une autre époque de Salvador. Pendant plusieurs décennies, il a accueilli les bureaux du journal A Tarde, l’un des titres historiques de Bahia. Depuis décembre 2018, cette ancienne adresse de presse abrite le Fasano Salvador.



Une seconde vie pour un bâtiment Art déco
Le projet a été confié à Isay Weinfeld, architecte brésilien reconnu pour ses réalisations contemporaines et son sens des proportions. Son intervention a consisté à transformer cet ancien immeuble de bureaux en hôtel tout en respectant son caractère patrimonial.
L’exercice n’avait rien d’anodin. Un bâtiment conçu pour accueillir une rédaction et des activités administratives ne répond évidemment pas aux mêmes exigences qu’un établissement hôtelier de luxe. Le résultat conserve pourtant une partie de son identité d’origine.
Dans le hall, les marbres historiques, notamment le marbre de Carrare et le Verde Alpi, ont été préservés. Deux anciens lustres en argent de Bahia participent également à la décoration. Ces éléments racontent le passé du lieu sans transformer l’hôtel en musée. Ils cohabitent avec un mobilier contemporain aux lignes sobres, dans une atmosphère fidèle à l’esthétique du groupe Fasano. Même l’ancienne enseigne du journal a été conservée, comme un rappel discret de l’histoire du bâtiment.



Des chambres entre héritage et modernité
Le Fasano Salvador compte 70 chambres leur décoration privilégie les bois sombres, les nuances de bleu et des matières comme le lin et la dentelle, autant de références qui évoquent le savoir-faire local sans tomber dans une reconstitution folklorique. La chambre 106 présente un intérêt particulier. Elle a conservé plusieurs éléments d’origine, notamment son parquet, ses boiseries en jacaranda et ses ornements en plâtre. C’est l’un des exemples les plus parlants de la manière dont le projet architectural a intégré l’existant.
Ailleurs, les aménagements contemporains apportent une lecture plus actuelle du bâtiment. Cette alliance entre ancien et nouveau donne à l’hôtel une personnalité très différente de celle d’un établissement construit récemment. On sent que le lieu possède une histoire qui dépasse largement sa nouvelle fonction.



Une piscine au-dessus de la baie de Tous les Saints
Au sommet de l’immeuble, changement de décor. La piscine du rooftop, habillée de granit bleu de Bahia, domine la baie de Tous les Saints. Depuis cette terrasse, le regard porte sur l’eau et les reliefs de la côte. Le contraste avec l’animation de la ville est saisissant.
C’est aussi l’un des grands intérêts de l’emplacement : le Fasano se trouve au cœur de Salvador, à proximité de plusieurs sites historiques et culturels, tout en proposant des espaces où l’on peut s’isoler quelques heures.


Gero Salvador, l’Italie avec un accent bahianais
Impossible de séjourner au Fasano sans s’intéresser à sa table. Au restaurant Gero Salvador, le chef Bahia Brito, fidèle au groupe depuis plus de trente ans, fait dialoguer les grands classiques italiens avec les recettes de sa région.
À la carte, les pâtes fraîches côtoient les spécialités locales, à commencer par la moqueca, ce généreux ragoût de poisson ou de crevettes au lait de coco et à l’huile de dendê. On retrouve également le bobó de camarão, une préparation de crevettes et de manioc typiquement bahianaise, alors que les amateurs de cuisine italienne pourront se laisser tenter par les spaghettini aux crevettes et au citron de Sicile.
Pour terminer, la cocada de forno, dessert traditionnel à la noix de coco, apporte une dernière touche brésilienne au repas. Une carte qui a le mérite de ne pas choisir entre les deux cultures, et qui donne aussi envie de découvrir les spécialités de Salvador au-delà des murs de l’hôtel.
Salvador mérite qu’on lui consacre du temps
Le Fasano constitue un point de départ intéressant pour explorer Salvador. Le Pelourinho, avec des maisons colorées et un patrimoine colonial, figure naturellement parmi les étapes incontournables. Mais la ville mérite aussi que l’on traine dans ses quartiers, que l’on découvre ses marchés et que l’on prenne le temps de comprendre sa culture culinaire et musicale.
Le Fasano Salvador permet de séjourner dans un bâtiment emblématique de la ville, plutôt que dans un hôtel qui pourrait se trouver n’importe où. Le luxe est bien présent, mais l’adresse doit une grande partie de son caractère à l’histoire de ses murs.
Hotel Fasano Salvador
Praça Castro Alves, Salvador, Bahia, Brésil
Site officiel : https://www.fasano.com.br
Instagram : @fasano



















