Le jardin secret du 10ème où l’hiver prend des airs de station alpine

Il y a parfois des adresses parisiennes qu’on découvre par hasard, au détour d’une conversation entre amis et le Café Grand Quartier fait partie de celles-là. Caché derrière une porte discrète de la rue de Nancy, entre deux gares et le tumulte du boulevard de Magenta, ce refuge urbain cultive l’art du secret bien gardé.

Franchissez le porche et oubliez immédiatement le vacarme des klaxons et la course effrénée des passants pressés. Devant vous s’ouvre un jardin luxuriant, presque irréel dans ce quartier en perpétuel mouvement. C’est ici, dans cet écrin de verdure inattendu, que bat le cœur du Grand Quartier.

Le Café s’impose naturellement comme le prolongement de ce havre de paix. À l’intérieur on y découvre un vrai comptoir de quartier, des verreries qui accrochent la lumière, une atmosphère boisée et chaleureuse. Mais c’est surtout dehors, sur cette terrasse XXL entourée de végétation, que l’on comprend le pouvoir magnétique du lieu. Ici, on déjeune, on grignote, on s’attarde. On vient seul avec son ordinateur ou à plusieurs pour célébrer les retrouvailles. Le genre d’endroit qu’on voudrait garder jalousement pour soi, mais qu’on finit toujours par recommander.

La carte imaginée par Eleni Group joue la partition de la simplicité généreuse : ceviche de maigre, poulpe à la plancha, suprême de volaille rôtie, burger de canard confit. Des plats qui se partagent ou se savourent en solo, accompagnés de vins de vignerons et de cocktails bien dosés. Côté sucré, on replonge en enfance avec une mousse au chocolat ou une crème caramel au lait entier qui réconcilient avec les desserts de nos grands-mères.

Une parenthèse montagnarde en plein Paris

Mais c’est avec l’arrivée des premiers frimas que le jardin du Café révèle son visage le plus surprenant. Depuis la mi-novembre et jusqu’à mars 2026, quatre igloos transparents et chauffés s’installent sous les guirlandes lumineuses. À l’intérieur de ces bulles accueillantes, une table, des plaids moelleux, et surtout : de la raclette à volonté, servie comme en haut des pistes avec ses pommes de terre fumantes et son généreux assortiment de charcuterie.

Emmitouflés dans leur cocon vitré, les convives profitent d’une échappée belle à la parisienne, un verre de vin à la main et leur playlist préférée en bande-son. Pour ceux qui préfèrent varier les plaisirs, tartiflette et tarte aux myrtilles maison s’invitent aussi au menu, aux côtés des classiques du Café : croquetas croustillantes, gnocchis poêlés, risotto crémeux au parmesan.

Cette « Halte Givrée » n’est pas qu’un simple pop-up hivernal. C’est une invitation à se détendre, à recréer cette atmosphère si particulière des soirées au ski entre amis sans quitter la capitale. Une façon maligne de transformer la rigueur de l’hiver en prétexte à la convivialité.

L’esprit du lieu

Derrière cette atmosphère décontractée se cache une vraie réflexion sur l’hospitalité urbaine. Maxime Roberton, directeur général, a troqué les standards des grands groupes hôteliers internationaux pour la liberté créative d’un établissement indépendant. Son credo ? Faire du Grand Quartier bien plus qu’un simple lieu où dormir, mais un espace vivant, ancré dans son quartier, ouvert à tous.

Le duo de designers Joyce Urbanus et Dax Roll, fondateurs de l’agence Nicemakers, s’est imprégné de l’âme du 10ème arrondissement avant d’imaginer les lieux. Cette grande verrière qui baigne La Galerie de lumière naturelle est un clin d’œil aux ateliers d’artisans et d’artistes qui peuplaient autrefois le quartier. Chaque détail raconte une histoire, celle d’un arrondissement métissé où les cultures se mélangent et  où les entrepreneurs de demain côtoient les artisans de toujours.

Au fil de la journée, le Café change de visage. Premier café du matin siroté dans le jardin encore endormi, déjeuner ensoleillé sur la terrasse, afterwork animé sous les guirlandes, dîner en tête-à-tête… Le lieu respire, se transforme, accueille. Habitants du quartier et voyageurs du monde entier s’y croisent naturellement, attirés par cette promesse rare à Paris : être comme à la maison, sans être à la maison.

Article rédigé par Mallorie

Informations pratiques

Café Grand Quartier
15 rue de Nancy, Paris 10ème
Tél. : +33 (0)1 76 21 97 40
Ouvert 7j/7 : 12h-14h30 et 18h30-21h30

Métro : Jacques Bonsergent (ligne 5), Strasbourg Saint-Denis (lignes 4, 8, 9), République (lignes 3, 5, 8, 9, 11)

www.legrandquartier.com/cafe

www.instagram.com/cafe_grandquartier

Hôtel Prince de Conti

Hôtel Prince de Conti

Niché dans le 6ᵉ arrondissement, à quelques pas de la Seine, l’hôtel Prince de Conti s’inscrit naturellement dans l’âme de Saint-Germain-des-Prés. L’adresse, discrète et élégante, donne sur une rue calme tout en restant au cœur d’un quartier animé, où se croisent librairies historiques, cafés mythiques et galeries d’art. Ici, Paris se découvre à pied, au fil des quais, des ponts et des ruelles chargées de mémoire. 

Interview de Lambert Wilson

Interview de Lambert Wilson

Lambert Wilson : De mon père d’abord. Jeune, il jouait du saxophone dans les bals. Quand mon frère et moi avons eu sept et huit ans, il nous a offert des instruments et nous a appris à lire la musique. L’été, on jouait tous ensemble, avec un ami clarinettiste. C’était simple, joyeux, presque naturel. Plus tard, la maison a été envahie par le jazz : un big band répétait tous les lundis chez nous. Puis je suis parti à Londres à 17 ans. Là-bas, j’ai découvert une autre manière d’aborder la musique, plus libre, mêlée à la danse, au théâtre. En revenant en France, vers vingt ans, j’ai pris des cours de chant classique, par prudence d’abord : je voulais être prêt si l’on me proposait une comédie musicale. Et ce travail m’a entraîné plus loin que prévu, vers des concerts, des enregistrements, une vie parallèle de chanteur. Ce qui m’amuse, c’est qu’après quarante ans de scène, on me demande encore : « Ah bon, vous chantez ? »

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Lionel Cecilio : Elle naît pendant le premier confinement. Les théâtres ferment, je me retrouve arrêté net, avec du temps, et je commence à m’intéresser à l’histoire de ma famille au Portugal. J’appelle ma grand-mère et je découvre qu’elle a vécu sous la dictature de Salazar, la révolution, la censure, la peur, tout un pan de son existence que je ne connaissais pas. Je me suis rendu compte que je ne la connaissais qu’en tant que « mémé », pas comme femme, pas comme jeune fille, pas comme citoyenne sous un régime autoritaire. J’ai compris que ce silence, cette pudeur, ces habitudes, même le fait qu’elle mange seule dans la cuisine, étaient des héritages directs de la dictature. À partir de là, j’ai voulu écrire sur la transmission, sur ce que chaque génération porte sans le savoir.